Brèves de PlatineMusique

Brèves de Platine #14

Retour en bref sur une sélection d’albums sortis ces dernières semaines.

TOY – Clear Shot

toy-clear-shotPour les retardataires, Toy officie depuis six ans déjà et s’était fait doublement remarqué en 2011 en première partie de la tournée de The Horrors et avec un premier single Left Myself Behind hyper efficace. Un premier album éponyme en 2012 suivi de Joint the Dots en 2013, Toy restait un peu en retrait depuis, malgré le très réussi projet Sexwitch avec Natasha Khan de Bat For Lashes l’année dernière. Le groupe revient cette année avec Clear Shot qui vient de sortir le 28 octobre avec le lancement d’une nouvelle tournée. Si leur rock est toujours psychédélique, on peut remarquer que ce nouvel opus est plus joyeux, plus sensuel et plus pop. Les membres du groupe s’affichent enfin sur la pochette du disque et semblent sortir d’un long rêve enfumé comme en témoigne le morceau d’ouverture A clear shot qui à 3’ décolle vraiment en un rythme entraînant sur lequel s’enchaîne parfaitement Another Dimension, douce ballade pop et sucrée, comme les quatre morceaux suivants. Il faudra attendre Dream Orchestor pour avoir droit à une belle montée en puissance qui n’est pas sans rappeler celles du groupe dEUS sur The Ideal Crash. Puis deux autres morceaux plus tard, c’est déjà la fin avec Cinema qui clôture le tout avec une nouvelle montée de guitares comme j’aime.

Un bel album homogène et équilibré, les claviers sont davantage mis en avant, peut-être dû au départ de Alejandra Diez remplacée par un nouveau membre dans le groupe. Il n’y a toutefois pas les folies furieuses de précédents morceaux comme Dead and Gone, Kopter, Join The Dots ou encore Fall Out Of Love qui se développaient entre sept et dix minutes. Ici c’est plus ramassé, les morceaux plus courts, plus accessibles pourrait-on dire, peut-être une volonté du groupe d’ouvrir à un public plus large.

Toy sera le 8 décembre à Paris au Nouveau Casino. On y sera.

Johann

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 Wildhart Shine

Shine de Wildhart

Ce sont les trois suédois Ylva Holmdahl (voix/percu), Kiwi Berg (synthés) et Josefin Runsteen (drums), qui sont à l’origine du groupe un peu barré Wildhart. Electro élégante aux accents jazzy et dream pop, Shine est un audacieux mélange dansant, rythmé par des interludes planants tout droit sortis de l’espace. L’univers surréaliste est malgré tout plutôt sombre, le groupe décrivant ainsi son projet:

« It is a melancholic story of us all being broken flowers reaching out to the sun. It is an album about dreams. » 

Les quelques notes dissonantes chantées par la superbe voix haut-perchée de Ylva viennent titiller l’oreille, rendant certains morceaux carrément addictifs. C’est le cas de Heal et sa fin totalement foutraque, de Fantasy, ballade éthérée ou du délirant Stuck in a Second, au très beau clip onirique réalisé par Johan Stolpe. Broken Flowers et Alley se veulent plus tempérés, avec des beats lents et des synthés enveloppants. Si sur la longueur l’album peut paraître un peu répétitif, Shine vaut néanmoins le détour pour les perles citées plus haut.

 Sorti le 11 novembre 2016 chez Gaphals.

Camille Locatelli

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Jim James – Eternally Even

jim-james-eternally-even-davcom

Il semble bien loin le temps où Jim James fit son apparition avec My Morning Jacket, groupe dont il est le leader,  qui le fera connaître et qu’on pouvait, à l’origine, qualifier de groupe country rock psychédélique avant de glisser lentement mais sûrement vers d’autres sonorités.

Eternally Even est son deuxième album solo après le très bon Regions Of Light And Sound, en 2013, et il s’avère très intéressant à plus d’un titre.

Tout d’abord, Jim James lorgne ici sans ambiguïté sur la soul music, ce qui n’est pas vraiment déconcertant mais apporte une chaleur à l’ensemble. Ensuite, les guitares sont plus ou moins mises au placard au profit de boucles de claviers qui renforcent le côté chaleureux de l’histoire. Enfin, le ton est parfois grave, engagé politiquement et assez songeur, apportant un souffle mélancolique mais sans apitoiement. Il fait mouche là où on ne l’attendait peut-être pas.

La bonne surprise de cette fin d’année.

Jim James, Eternally Even, depuis le 04 novembre chez Capitol/ATO.

Davcom

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Warhaus – We Fucked A Flame Into Being

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L’autre surprise, même si sa sortie est antérieure à celle de l’album de Jim James, est celle du premier disque solo de Maarten Devoldere sous le nom de Warhaus.

Le Belge, co-fondateur du groupe Balthazar, sort ici du format exclusif pop-rock et joue ici au crooner avec beaucoup de bonheur, évoquant Leonard Cohen, Nick Cave, voire Serge Gainsbourg si l’on s’en réfère aux sonorités sixties qui s’en dégagent (Memory).

L’influence est aussi littéraire, en témoigne le titre de l’album, tiré du roman l’Amant De Lady Chatterley. L’ambiance est noire comme un bon polar et les paroles sont assez sexuellement explicites.

L’essai est transformé, on en redemande.

Warhaus, We Fucked A Flame Into Being, chez PIAS depuis le 02 septembre 16.

 Davcom

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TOTORRO – Come To Mexico

TotorroQue ceux qui aiment les guitares qui s’expriment dans des dextérités funambulesques lèvent le doigt. A vous, je suggère l’écoute (et forcément l’achat) de ce deuxième album des Rennais de Totorro. La suite ensoleillée du déjà fameux Home Alone. Il y a de l’énergie positive dans leur math-rock enchanteur. Des secousses rapides quasi orgastiques qui cette fois-ci font escale aux pays des sombreros et du mezcal.

L’humeur est donc toujours instrumentale, vibrante et rock mais se teinte, en outre, d’une bonne dose de vitamine D, même si le groupe évite le folklore des mariachis, nonobstant la présence de Clément Lemennicier sur le titre qui donne son nom à l’opus et clôture cette seconde œuvre long format (trompettiste rencontré par ailleurs chez les excellents confrères de Bumpkin Island.)

A noter l’omniprésence de titres aux appellations pour le moins fun (Brocolissimo qui ouvre le bal ou encore Trop Fort Jéjé, Beverly Pills et j’en passe…) Délire potache qui démontre une certaine trempe chez les performants Xavier Rosé, Bertrand James, Jonathan Siche et Christophe Le Flohic, à ne pas se prendre totalement au sérieux. Gage d’intérêt qui ne gâche en rien la qualité de leur musique, bien au contraire !

Si j’ai réussi à vous convaincre, Come To Mexico vous tend les bras: album paru le 21 Octobre 2016 et en support physique + merchandising chez Recreation Center.

Écoute intégrale disponible sur leur page Bandcamp

Ivlo Dark

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