BD

« C’est mort darling », une fable qui a du chien

Une drôle de fable colorée, baroque et enlevée. C’est mort darling (James Albon, Sarbacane) possède un réel pouvoir de séduction. Rien que le titre a du charme. S’y greffe un chassé-croisé amoureux entre Victor et Rebecca, deux artistes foldingues, qu’une boule de chien puant va mettre à mal…
Les coups de crayon appuyés, les teintes pastel et les images entremêlées les unes avec les autres pourraient donner le tournis. C’est un peu le cas en fait. Mais c’est comme ça que la fête est plus folle !
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Une fois piqués au graphisme dansant et coloré de la BD, rien de bien surprenant à ce que nous soyons conditionnés pour suivre le rythme des lubies instables et des passions flottantes de Victor Koenig, dilettante émérite et grand enfant devant l’éternel. Une personnalité foncièrement insouciante qui, au yeux de Rebecca, nouvellement arrivée en ville et s’y ennuyant à mourir, apparaît comme son sauveur.
Peu importe que ce Gatsby étourdissant ne cesse de fanfaronner, qu’il affirme créer lui-même ses propres fringues, qu’il dispose d’une cour d’une centaine d’amis et que tout cela sonne… un peu faux. Peu importe.
Ce qui compte pour Rebecca, à ce moment de sa vie, ce sont les apparences, un univers glamour à souhait et un regard enfin admiratif porté sur ses toiles et son travail. Se sentir regardée, aimée, enviée. A cela oui, elle succombe. Et tant pis si le toc n’est pas fondamentalement son truc. Tant que tout danse autour d’elle…
Seul hic au tableau : Pénélope, la meilleure amie de Victor. Aussi envahissante que superficielle, elle n’affiche qu’un but dans la vie : rendre le monde joyeux en amusant la galerie. Et Rebecca, ça la saoule. Le summum de l’agacement est atteint le jour où Pénélope offre un chien à Victor pour son anniversaire. Là, elle se retient pour ne pas craquer. Mais combien de temps va-t-elle tenir ?
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Répondant au doux nom de Princesse, le toutou a bien des atouts pour séduire Victor le blasé. Moche, tassé sur 30 centimètres, sentant la sueur et la vieille viande, la bête est suffisamment originale pour occuper toute l’attention de son maître qui, du même coup, attire à son tour tous les regards. Au grand dam de Dame Rebecca, qui se trouve de plus en plus mal accompagnée.
Alors, adieu les soirées d’artistes et les flonflons ? Ou Rebecca va-t-elle se résoudre à mener une vie de chien pour sauver ce qui peut l’être encore ? That is the question.
La réponse est à découvrir dans cette BD à l’humour typiquement britannique, un verre à cocktail à la main, une sculpture empaillée à vos pieds. Eh oui, vous verrez, à la lecture de cet album distrayant, c’est fou comme on se prend au jeu.
C’est mort darling de James Albon
Editions Sarbacane, mars 2018
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