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« Smilla et l’amour de la neige »

Smilla et l'amour de la neige / ©Aaron Burden / Unsplash
©Aaron Burden / Unsplash
Ecrit par Typhaine
En cette période de préparatifs des fêtes de fin d’année nous vous proposons, comme l’année dernière, de retrouver nos conseils de cadeaux de Noël ! Et parce que la littérature n’a pas d’âge il sera question ici d’ouvrages de tout temps !
Retrouvez l’ensemble de nos conseils ici

 

Best-seller international adapté à l’écran par Billie August en 1997, Smilla et l’amour de la neige n’en demeure pas moins atypique. Le roman de Peter Hoeg est en effet de ces livres quelque peu ovnis (Ouvrage à Voilure Naturellement Instable), qui envoûtent et déroutent en laissant leurs mots errer entre littérature et poésie et leur intrigue flirter avec différents genres (polar, SF, récit d’initiation…).

Lorsque le petit Esajas meurt en chutant du toit de son immeuble, Smilla Jaspersen, qui connaissait cet enfant aussi bien que la neige au travers de laquelle elle lit le monde, perçoit très vite quelque chose de plus sinistre derrière cet apparent accident. Entière, dure et tenace, Smilla a du sang inuit dans les veines et voue une haine sourde à l’administration danoise ; elle va donc entamer une contre-enquête dans un milieu où le silence se révélera plus dangereux que celui régnant sur la banquise où elle a appris à marcher et chasser. Une traque entre ténèbres et flocons qui la ramènera aux origines d’une origine, le fantasme d’un nouveau point zéro.

« Je ne suis pas parfaite. La neige et la glace me fascinent plus que l’amour. Je m’intéresse davantage aux mathématiques qu’à mon prochain. Mais j’ai une ancre qui m’empêche de dériver. Sens de l’orientation, intuition féminine, appelez cela comme vous vous voudrez. Les fondations qui me portent m’empêchent de sombrer. Ma vie n’est peut-être pas un modèle d’organisation. Il n’empêche que j’ai toujours un doigt dans l’Espace absolu. »

Farouche portrait de femme, quête buissonnière de justice, élégie pour le désert blanc et ses citoyens moins libres que sauvages, Smilla et l’amour de la neige se lit comme on explore des couches de glace sous ses pas :  il faut en sonder plusieurs avant de pouvoir découvrir et appréhender le cœur véritable du récit, plus ancien, profond et universel.

Cent mots peuvent être insuffisants pour nommer la neige, mais aucun n’est encore assez puissant pour évoquer le sursis d’humanité qu’il reste à préserver au cœur de cette immaculée.

Smilla et l’amour de la neige, de Peter Hoeg
Traduit du danois par Alain Gnaedig et Martine Selvadjian,  éditions Points, octobre 1996
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