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Florilège 2017 de la team littéraire d’Addict-Culture !

top team littéraire 2017

La fin d’année approche, et votre grand cœur vous commande de faire à vos proches le plus beau des cadeaux… Des livres ! Félicitations ! Reste maintenant à faire le bon choix… Mais comment s’y prendre ? Se jeter à l’aveuglette sur les têtes de gondoles ? Accepter de voir trois exemplaires du prix Goncourt au pied du sapin ? Piocher au hasard dans un rayon débordant ? Pour vous éviter ces fastidieuses questions, la team littéraire a décidé de réunir ses plus fins limiers et de leur poser une question simple et efficace : quel fut votre coup de cœur de l’année ? Les réponses devraient vous être utiles…

Sidérer Considérer de Marielle Macé

(éditions Verdier)

sidérer considérerCoup de cœur d’Adrien :

Le livre de Marielle Macé fut pour moi le livre le plus intelligent et le plus lucide sur la situation des migrants en France. Tout l’enjeu du livre c’est d’aller au-delà de la constatation, ou plutôt de la sidération, pour reprendre le terme utilisé dans l’essai. Avec une écriture fine et intelligente, l’auteur explique l’importance de la considération, acte simple mais pas simpliste. Il peut s’appliquer à toutes choses qui nous sidèrent. Ce n’est pas un mode d’emploi mais une parole juste donnée au bon moment. Ce livre, on le garde auprès de soi mais on l’offre aussi, tant sa lecture ravive un espoir d’humanité.

Retrouvez l’article complet consacré à Sidérer Considérer.

Fief  de David Lopez 

(éditions Seuil)

Coup de cœur de DS

Cette année, un livre a cassé les codes. Cette année, un livre m’a poussé dans les cordes. Ce livre, c’est « Fief » : un premier roman qui marque d’emblée son territoire. A force d’uppercuts dans le langage, son jeune auteur réussit l’exploit de placer les voix de la rue et celles de la littérature sur la même fréquence. Une harmonie délicate. Un travail d’orfèvre et de boxeur. De petit banlieusard et de grand écrivain. D’alchimiste, à coup sûr. Avec Fief, David Lopez fait coup double : coup de poing et coup de cœur.

Retrouvez l’article complet consacré à Fief.

Légende d’un dormeur éveillé  de Gaëlle Nohant

(éditions Héloïse d’Ormesson)

Coup de coeur de Nathdelaude

Gaëlle Nohant peint avec délicatesse l’âme d’un homme à la générosité aussi immense que son talent. Au fil des pages, on découvre qui était Robert Desnos. Au-delà du poète, il y a l’homme, épris de liberté. Il y a le surréaliste, le visionnaire, l’ami, l’amant, l’amoureux, le fou de cette vie qu’il saisit à bras le corps, et qu’il brûle, comme s’il avait le pressentiment de sa fragilité et de sa brièveté.  Une pépite, un diamant,  un roman 100000 carats !

Retrouvez l’article complet consacré à La Légende d’un dormeur éveillé.

Le Dossier M – Livre 1 de Grégoire Bouillier

(Flammarion)

Coup de cœur de Barz

En attendant très fébrilement le Livre 2 qui paraîtra le 24 janvier 2018, je pense et repense à ce livre qui a marqué cette rentrée littéraire par son audace, sa force, son style, sa capacité à transcender la vie, à faire sauter les barrières, à rendre fades et vains tous ses contemporains. Mon livre de l’année certes, mais peut-être aussi l’un des plus grands livres de ma vie. Un avant-goût si vous le souhaitez sur le supplément cybernétique : www.ledossierm.fr. J’y reviendrai sur Addict-Culture l’an prochain lorsque j’aurai lu l’ensemble.

L’Avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic

(Editions de L’Olivier)

Coup de cœur de David Ferrière

Et si on pouvait encore, en 2017, écrire un grand roman d’amour ? Promener, par un phrasé élégant, son lecteur entre des points cardinaux qui s’appelleraient l’intime, la guerre, la sensualité, l’Histoire? Dans L’Avancée de la nuit, deux âmes que tout oppose se croisent entre les murs standardisés et impersonnels d’un hôtel parisien. Lui, Paul, étudiant parti de rien, passe les nuits de son job alimentaire de gardien des lieux à épier sur caméra les allées et venues des femmes qui y vivent pour quelques heures. Elle, Amélia, étudiante qui a tout eu – son père absent dirige la chaîne d’hôtel où elle vit à l’année – enflamme de sa rousseur mystérieuse les fantasmes des hommes qui l’approchent. Après avoir lutté pour les faveurs d’une prof de fac qu’ils admirent, Paul et Amélia vont s’aimer jusqu’à ce que la belle, sans crier gare, abandonne son amant dans la nuit. L’échappée est partie sur les traces de sa mère, une poétesse yougoslave qui, à Sarajevo, avait tenté de propager la paix par des poèmes. Une fugue littéraire et mémorielle dont personne ne sortira tout à fait intact. Lecteur compris.

Les Jouisseurs de Sigolène Vinson

(éditions de l’Observatoire)

Coup de coeur de Nicolas Houguet

C’est finalement rare de rencontrer du nouveau. D’avoir le sentiment de découvrir une manière d’écrire, de s’émerveiller d’un style et d’une manière de voir le monde. Sigolène Vinson a une langue bien à elle, aride, exigeante et pourtant foisonnante de visions, de poésie, d’invitations au voyage. Il y a ici trois romans en un. Et tout ce que votre regard lui apportera. Que vous vous attachiez à Olivier et Eléonore, Ole et Léonie (leurs doubles du XIXe siècle, perdus dans leur caravane en plein désert marocain), ou la notice de l’écrivain, l’automate qu’ils ont volé… Ce livre agit comme une ivresse, une réflexion existentielle sur la création, sur le temps et les souvenirs qui se mélangent, sur les destins éclatés, sur les époques qui se répondent. Sur la littérature. Sur l’oubli aussi, et la joie de vivre à reconquérir. J’ai songé à Rimbaud et au beau cataclysme qu’il fut, à Hemingway, au sens du récit viscéral et direct des Américains. Aux correspondances et à la sorcellerie évocatoire de Baudelaire. Ce livre, comme tous ceux de son auteure, est un diamant brut.

Retrouvez l’article complet consacré à Les jouisseurs.

Les Rêveuses de Frédéric Verger

(Gallimard)

Coup de coeur de Velda

Frédéric Verger est passé à deux doigts du Goncourt en 2013 pour son formidable premier roman, Arden, qui lui a quand même valu le Goncourt du Premier roman. Il revient avec Les Rêveuses et je ne saurais trop vous conseiller de découvrir sans plus tarder l’immense talent de cet auteur d’exception. Le jeune Peter Siderman, allemand et juif, s’est engagé dans l’armée française et a pris l’identité d’Alexandre d’Anderlange. Son destin effroyable, au cœur de la forêt lorraine, tout près de la redoutable citadelle, au pays des nonnes rêveuses d’Ourthières, tel est le sujet des Rêveuses. Frédéric Verger nous propose là un roman onirique sous couvert de classicisme, un texte qui n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à nous infliger l’effroi, la douleur, la faim, la soif, les blessures les plus cruelles. Un roman véritablement unique, de ceux qui, tout en rendant hommage à la langue par un style éblouissant, savent aussi nous rappeler l’histoire qu’on a un peu vite oubliée.

Retrouvez l’article complet consacré à Les Rêveuses.

Lueurs de la pampa d’Hernan Ronsino

(Gallimard)

Coup de cœur de Barriga

Federico Souza rentre pour quelques jours à son village natal perdu en plein milieu de la pampa, Chivilcoy, qu’il avait abandonné plusieurs années auparavant. Il ne revient pas de gaieté de cœur, il est scénariste à Buenos Aires, il a quelques occupations bien plus importantes, s’il avait pu s’éviter ce voyage inutile à ses yeux il l’aurait fait. Mais quand son père, Bicho Souza, l’a appelé de bonne heure pour l’exhorter à venir car un vieil ami de la famille venait de mourir et qu’il lui léguait une vache, il n’a pu que se résigner à faire ce voyage du retour. Que faire de cet encombrant héritage ? Notre narrateur va y réfléchir et se perdre dans les réminiscences du passé, brossant une mythologie familiale faite de petites histoires et d’anecdotes liées au village et à l’histoire du pays. Un fabuleux roman à tiroir dans la ligné d’un Adolfo Bioy Casares ou Jorge Luis Borges, d’autant plus qu’un étrange manuscrit fait son apparition, révélant des secrets enfouis…

Traduit de l’espagnol (argentine) par Gersende Camenen.

Chaleur de Joseph Incardona

(Finitude)

Coup de coeur de Typhaine 

En début d’année émergeait des paisibles bords du lac Léman un récit aussi incisif que crépusculaire, qui allait faire monter la température toujours en baisse de la petite rentrée littéraire du mois de janvier. Joseph Incardona avait décidé de faire feu de tout bois pour relater le duel pathétique (tiré d’un fait réel) entre deux participants au Championnat du Monde de Sauna, au fin fond de la Finlande… Lire Chaleur c’est comme caresser du plat de la main une plaque chauffante ou laisser ses doigts courtiser une flamme vive. Le geste est timide mais résolu, l’instant suspendu : le désir viscéral de se mettre physiquement à l’épreuve l’emporte alors sur la conscience du danger potentiel. Et même si « peu d’individus vont au bout d’eux-mêmes », nombreux sont ceux qui, sans se l’avouer, ressentent ardemment cet appel de l’irrationnel… Incardona joue ici avec le dépassement de soi et ses extrémités aussi absurdes qu’éblouissantes, pour mieux nous balancer à la figure l’incandescence de notre condition humaine. Sa plume sèche a le même effet que l’eau versée sur les pierres surchauffées du sauna : elle oppresse à la surface pour mieux respirer en profondeur. Attention tout de même, c’est très bon mais c’est chaud.

Retrouvez l’article complet consacré à Chaleur.

La daronne de Hannelore Cayre

(éditions Métailié)

Coup de coeur de Gringo Pimento

En mars 2017 débarquait La Daronne dans le paysage littéraire français. Un mélange d’histoire policière, avec de la drogue et des méchants mais aussi des juristes, des policiers et au milieu, une femme. Elle qui se croyait faible finalement se révèle. Peut-être pas pour le meilleur mais en tout cas pour survivre. Hannelore Cayre nous offre un magnifique portrait de femme. Avec des histoires dans l’histoire. Car Prudence, cette héroïne très cinématographique, a vécu plusieurs vies. Livre impossible à lâcher, La Daronne est surprenant de bout en bout.

Retrouvez l’article complet consacré à  La Daronne.

Churchill, Manitoba de Anthony Poiraudeau

(éditions Inculte)

Coup de cœur de Marianne S.

Au cœur du blizzard de la rentrée littéraire de septembre, se frayant un chemin au milieu des mastodontes et autres guépards, surgit un ours polaire surprenant et très attachant : le second roman d’Anthony Poiraudeau. Dédié en premier lieu à son passion du voyage, le texte est en fait multiple et magistral : récit de voyage, ode à la rêverie, réflexion sur nos fantasmes, balade imaginaire avec Julien Gracq, récit glaçant de l’histoire des ojibwés du Canada, déclaration d’amour, et plus encore… Tout autant de raisons de s’installer confortablement, se laisser embarquer et s’accorder un moment avec des mots plein de poésie, un univers fascinant et d’une douceur naturelle, un style qui touche et un sourire qui ne quitte pas. Et tout cela en quelque 158 pages, c’est un sacré beau programme et un voyage que je vous souhaite à tous !

Retrouvez l’article complet consacré à Churchill Manitoba.

Marx et la poupée de Maryam Madjidi

(Le Nouvel Attila)

Coup de cœur de Célina

Coup de foudre total pour ce premier roman qui a su toucher bien des lecteurs en 2017. Comment en effet ne pas tomber raide dingue de Maryam, qui nous raconte son récit d’exil. Petite fille de 6 ans, elle arrive en France avec ses parents dans les années 80, fuyant l’Iran et sa folie. Armée de sa colère et de ses mots (persans et français, d’abord s’entrechoquant puis se mêlant sereinement), elle se crée son histoire et celle de sa famille et voudrait étouffer de toutes ses forces la douleur d’avoir dû tout abandonner qui éreinte ses parents. Son écriture touche au cœur. Elle provoque une belle émotion, enveloppante. Mais elle ne se « contente » pas de nous mettre les larmes aux yeux, elle nous fait aussi monter le sourire aux lèvres. Sa fantaisie et sa vivacité font mouche et c’est avec un réel plaisir que l’on suit cette petite fille qui devient femme, et écrivain, et qu’on voudrait ne plus quitter…

Retrouvez l’article complet consacré à Marx et la Poupée.

La liste d’Addict

Petit recap subjectif et passionné des livres indispensables de l’année 2017 :

  • Sidérer Considérer de Marielle Macé (Verdier)
  • Fief de David Lopez (Seuil)
  • Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant (Héloïse d’Ormesson)
  • Le Dossier M – Livre 1 de Grégoire Bouillier (Flammarion)
  • L’Avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic (L’Olivier)
  • Les Jouisseurs de Sigolène Vinson (L’Observatoire)
  • Les Rêveuses de Frédéric Verger (Gallimard)
  • Lueurs de la pampa d’Hernan Ronsino (Gallimard)
  • Chaleur de Joseph Incardona (Finitude)
  • La Daronne de Hannelore Cayre (Métailié)
  • Churchill, Manitoba de Anthony Poiraudeau (Inculte)
  • Marx et la poupée de Maryam Madjidi (Le Nouvel Attila)

Les livres de l’année, l’assurance de ne pas se tromper !

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