Chronique Musique

Le monde étrange de Drenge

drenge
Credit James Winstanley
Ecrit par Beachboy

Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Drenge, malgré le très bon accueil reçu pour leurs albums précédents, semble toujours à la frontière du succès mais sans réussir à la franchir.

Strange Creatures, leur troisième essai devrait, on l’espère pour eux, changer la donne. Cet album, qui s’avère excellent,  s’offre quelques variantes pop qui le rendent plus accessible .

Si Drenge signifie garçons en danois, c’est bien d’Angleterre que nous viennent les 2 frères Loveless, Eoin, chanteur et guitariste et Rory à la batterie. Le duo débute en 2010 dans le Derbyshire, avant de s’installer à Sheffield.

Le bassiste Rob Graham les rejoint en 2015, d’abord sur scène puis comme membre permanent du groupe, histoire d’étoffer encore un peu plus le son du duo, très garage rock à leur début.

Un superbe premier album parait en 2013 et démontre de suite que les frères Loveless n’ont pas leur pareil pour allier boucan et mélodie. On parlera à l’époque de revival grunge, ce qui n’est pas complètement faux mais Drenge vaut bien plus que cela.

Undertow en sera la preuve éclatante deux ans plus tard et laisse apparaitre quelques ornements psychédéliques donnant plus de relief à un rock initialement très sombre.

Le groupe prend alors le temps de se remettre en question avant d’aborder Strange Creatures, nouvel album produit et mixé par Ross Orton, ancien batteur d’Add N To (X) et collaborateur des Arctic Monkeys ou MIA

Conçu, selon Eoin, comme un disque nocturne, une bande son d’un film d’horreur psychologique des années 50, Strange Creatures, et sa splendide pochette, suit le chemin tortueux des aspirations des frères Loveless.

Un versant garage rock pour commencer, des synthés de plus en plus présents pour filer vers quelques pop songs mid-tempo : Drenge couvre une sacrée palette de Killing Joke ou The Fall jusqu’aux Arctic Monkeys. Cela peut paraitre surprenant mais c’est diablement efficace.

Les quatre premiers titres sont clairement dans la continuité des albums précédents, Bonfire Of The City Boys en tête. Eoin crache ses paroles plus qu’il ne chante sur une rythmique monstrueuse. This Dance, Autonomy et Teenage Love ne sont pas en reste et annoncent peu à peu la suite.

Le morceau Strange Creatures marque la vraie première rupture du disque Il ralentit clairement le tempo avec ses synthés de plus en plus présents et la voix d’Eoin Loveless qui se pose enfin. Prom Night se voit même porter par des cuivres inattendus mais bienvenus alors que Never See The Signs nous embarque en pleine vague new-wave. Drenge s’essaye même à la ballade à la The Coral (Avalanches ou When I Look Into Your Eyes) et c’est également une franche réussite.

Drenge continue d’évoluer, voir même de progresser, sur  un disque qui mérite largement l’écoute, tant chacun y trouvera son bonheur, de l’amateur d’indie rock musclé au fan de pop psychédélique.

Strange Creatures est disponible depuis le 22 février chez BMG

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