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Dungen refleurit

dungen

 

On est con parfois, mais heureusement on se rattrape. Rassurez-vous, chers lecteurs, le con dont je parle, c’est moi. Tous les ans, c’est la même chose, la rentrée musicale déboule, on est tout excité, alléché par quelques noms ronflants et des petits nouveaux dont on on nous dit le plus grand bien, genre le meilleur groupe du monde depuis… je vous laisse le soin de compléter.

Comme de bien entendu, t’as une dizaines de groupes géniaux qui sortent à la quinzaine, tu t’affoles, tu te précipites, tu as des doutes, tu vérifies que c’est le bon disque, oui, oui, c’est le bon disque et tu pleures. Tu te précipites alors sur les valeurs sûres, les groupes géniaux de ta jeunesse et tu pleures aussi, tu envisages la retraite pour eux et pour toi, tu menaces tes enfants de leur faire écouter, s’ils ne veulent pas faire leurs devoirs, bref, tu craques. Comme je suis un gentil garçon, je ne donnerai aucun exemple, même pas Mercury Rev

Bref, tu as fait le tour et tu commences à piocher dans ceux que tu a mis gentiment de côté. C’est là, où le Beachboy, il est un peu con, il a failli passer à côté de Allas Sak, le nouvel album de Dungen.

Autant le dire tout de suite, Dungen est un très bon groupe, suédois certes, mais très bon et cela faisait maintenant 5 ans qu’on attendait la suite de leurs aventures, depuis la sortie de Skit I Allt en 2010.

Dungen, c’est avant tout le groupe de Gustav Ejstes, multi-instrumentiste au nom imprononçable. Histoire de continuer à sa torturer les doigts et le clavier, citons également les musiciens qui l’entourent : le guitariste Reine Fiske (qui officie également chez les très bons The Amazing), le bassiste Mattias Gustavsson et le batteur Johan Holmegard.

Le groupe est originaire de Stockholm et a déjà sorti 7 albums dans les années 2000, dont le magnifique Ta Det Lugnt, qui les fit connaître en 2004 et connut un certain succès. Enfin, succès, je me comprends, je n’ai jamais eu le plaisir d’entendre un impetueux DJ sur une grande radio commerciale lancer Det Du Tänker Idag Ar Du I Morgon ou bien Glömd Konst Kommer Stundom ånyo Till Heders.

Dungen présente en effet 2 particularités qui peuvent rebuter le potentiel acquéreur de leurs productions : ils chantent en suédois et se sont spécialisés dans les pochettes moches. J’avoue avoir moi-même renoncé à me procurer leur pourtant très bon Stadsvandringar devant la mine déconfite du vendeur d’une grande enseigne nationale, malgré mes heures d’entrainement à essayer de prononcer correctement le nom du dit album.

Allas Sak ne déroge pas à la règle avec une pochette sûrement inspirée de la réception de la chaine nationale suédoise au fin fond d’une cabane en bois, en plein milieu d’une tempête de neige dans les années 50. Pour les titres des chansons, on est également bien servi, de Franks Kaktus à En Dag På Sjön sans oublier le magnifique Ljus In I Min Panna.

Redevenons sérieux et présentons déjà toutes nos excuses à nos sympathiques lecteurs suédois, sûrement impatients de mon analyse pertinente des textes de Gustav Esjstes, à laquelle je vais me soustraire, je me demande bien pourquoi, pour insister plutôt sur la qualité musicale du groupe.

Dungen nous plonge dans les années 70, avec leur rock psychédélique à la limite du progressif qu’on pourrait comparer, pour faire simple, à Tame Impala, sauf que ces derniers leur ont en fait tout volé et ce, avec beaucoup moins de talent.

Allas Sak ne révolutionne pas leur style, mais marque un net regain de forme après un 4 et un Skit It All un poil décevants après le fantastique Tio Bitar. On retrouve ces flûtes enchantées et ces pianos aériens au milieu d’une structure psyché-rock classique qui donne un style ancrée dans le passé (Pink Floyd, Os Mutantes, The Electric Prunes...) mais avec un son résolument moderne.

La voix discrète mais pleine de charme de Gustav et une rythmique plus douce donne une atmosphère moelleuse à l’ensemble, on s’y glisse avec délectation, que ce soit sur les morceaux les plus catchy (Sista Festen ou En dag Pas Sjon) ou plus contemplatifs comme les très beaux Sova ou En Gang Om Aret. L’ajout de nouveaux instruments comme le saxophone ou la harpe rajoute à cette impression de luxuriance qui prédomine le disque,intense et subtil.

 Allas Sak veut dire, approximativement, je ne suis pas super doué en Suédois, vous l’aurez compris, la chose à tout le monde, quelque chose dans ce genre-là et en effet, l’album doit plaire aux vieux fans du rock psychédéliques des années 70, car Dungen sait éviter le piège du plagiat éhonté comme aux petits jeunes fans de l’impala domestique. Il serait donc temps que tout le monde se plonge dans l’univers de cet excellent groupe.

L’album est disponible depuis le 25 septembre chez Mexican Summer et Smalltown Supersound

 

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