Chroniques Musique

Elysian Fields, entre rêve et désillusion

Toujours aussi élégant et venimeux, le groupe Elysian Fields fête dignement 25 ans de carrière en publiant un superbe dixième album.

Jennifer Charles et Oren Bloedow réussissent le tour de force de se réinventer en gardant toutes les qualités dévoilées au fil des ans et de leurs performances. Transience Of Life, leur nouveau disque, confirme l’excellence d’un groupe qu’on connait si bien et qui pourtant garde toute sa magie mystérieuse.

Inspirés par Le Rêve dans le pavillon rouge, roman écrit au XVIIIe siècle par Cao Xueqing et considéré comme un des chefs d’œuvre de la littérature romanesque chinoise, Elysian Fields se lance dans le difficile exercice du concept album mais s’en sortent avec les honneurs.

Il faut dire que le roman en question poursuit le groupe depuis quelques années déjà. Le metteur en scène Jim Findlay avait en effet sollicité Jennifer Charles pour une performance autour du livre, en 2013, avant d’intégrer également Oren Bloedow.

C’est donc tout à fait naturellement que le duo fait sien un univers fait d’ensorcellement, de déception et de désir, entre l’amour et la mort, thèmes de prédilection d’Elysian Fields, depuis le magnifique Bleed Your Ceddar sorti en 2016. Jennifer et Oren reprennent ainsi les textes de Cao Xueqing avec l’aide de Thomas Bartlett aux synthés, également producteur et du batteur Sam Levin, pour 11 chansons sombres et profondes dans la belle lignée d’une discographie exemplaire.

Comme souvent quand on aborde Elysian Fields, c’est d’abord la voix de Jennifer Charles qui intrigue et  ensorcelle. Elle fait ici particulièrement des prouesses, ici charmeuse sur le très pop Séparation From Dear Ones, là mystérieuse voire inquiétante sur Indifference Of Heaven.

C’est ensuite la musique qui vous happe, souvent déroutante et complexe comme sur l’excellent Vain Longing. Le groupe alterne les tempos et les directions, s’inspire avec parcimonie de la musique chinoise (Spurned By The World ou Union of Enemies) pour l’intégrer avec justesse dans leur univers sombre et fascinant.

Elysian Fields se fait même rock sur le puissant A Life Of Misspent et réussit une excellente reprise du Indifference Of Heaven de Warren Zevon, seul titre de l’album, avec An Outsider Underserving Of Love, dont les textes ne sont pas issus des poèmes de Cao Xueqing.

Transience Of Life s’inscrit directement parmi les plus beaux disques d’Elysian Fields. Ici, encore une fois, aucune désillusion, mais une musique de rêve !

 


 

Transience Of Life – Elysian fields

 

Microcultures – septembre 2020

 

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Image bandeau : Michael Lavine

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