Portée par l’impressionnante locomotive irlandaise Fontaines D.C., la 34ème édition de La Route Du Rock a connu un succès phénoménal, attirant plus de 30 000 festivaliers, sous la canicule et parfois dans la poussière. Bien sur, l’équipe Addict-Culture était là, prête à s’enfiler bières sur bières pour assurer le meilleur marathon musical de l’année.

12 Août 2026 – 1er Jour – La Nouvelle Vague
Comme à l’accoutumée, c’est à la Nouvelle Vague que les festivités commencent juste au bon moment, nous laissant profiter de l’éclipse juste avant d’accueillir le danois Elias Rønnenfelt sur scène. En effet, alors qu’il vient tout juste de sortir l’excellent For The Love Of God And The Herafter, avec son groupe Iceage, c’est en solo qu’il s’est présenté, accompagné d’un batteur et d’un bassiste.
Moins sauvage qu’avec son groupe, accompagné de sa guitare acoustique, le ténébreux chanteur nous a néanmoins livré un set intense et énergique, distillant ses petits bijoux pop ou folk issus de Speak Daggers et Heavy Glory, ses 2 albums solos. Charisme indéniable, voix parfaite, Elias Rønnenfelt a frappé fort d’entrée.
Place, déjà, à l’Irlande, à commencer par les très attendus Just Mustard, de Dundalk, qui ont vraiment changé de dimension avec leur 3ème album, We Were Just Here, sorti fin de l’année dernière. Même si le set s’ouvre magnifiquement sur le splendide Seed extrait de Heart Under, c’est dans leur dernier disque qu’ils vont aller piocher leur setlist, avec entre autres, de magnifiques versions de Pollyanna ou Out Of Heaven.
Just Mustard, pour caler à l’actualité, c’est la rencontre entre la lune et le soleil, d’un côté, la voix douce et enfantine de Katie Ball, parfois accompagné au micro par le guitariste David Noonan, de l’autre, un son énorme et lourd, à la croisée des chemins entre shoegaze et post-punk. Elle, accrochée à son micro, eux survoltés et volcaniques, le mariage est juste parfait, concert magnifique voir hypnotique (cette version de We were Just Here !)
On reste en Irlande avec les bouillants Gurriers, dont le chanteur Dan Hoff ne mettra que quelques instants à fendre la foule pour secouer une Nouvelle Vague qui n’en demandait pas. Ca secoue, ça électrise, Gurriers met de suite le feu, lançant quelques superbes mouvements de foule. les 5 dublinois se rapprochent ainsi d’un Shame des grands soirs, leur Nobody’s Coming To Save You à paraitre fin septembre chez PIAS devraient les emmener très, très haut !
13 Août 2026 – 2ème Jour – La Plage de Bonsecours et Le Fort de St Père
Histoire de se mettre en jambes et de se rafraichir dans l’eau, avant daller avaler la poussière du Fort de St Père, on pose la serviette pour profiter du DJ SET de Mark Knekelhuis et les hypnotiques et étranges mélopées électroniques Helen Island, alias Léopold Collin, qui nous offrit une mise en jambe plus que parfaite.
On file vite néanmoins prendre la navette (ah les navettes… !) car il était hors de question de rater la moindre seconde de la prestation des géniales Horsegirl. Lunettes noires sur le nez, Nora Cheng et Penelope Lowenstein se partage le micro et la scène, pendant que Gigi Reece, tatouée et souriant assure comme une bête derrière sa batterie.
Elles semblent légèrement intimidées au tout début avec un Where’d You Go ? joué tout en retenue, mais elles se libèrent très vite enchainant quelques uns des meilleurs titres de leur impeccable Phonetics On And On, de rock City 0 I Can’t Stand To See You. Une version délicieuse de 2468 finira de nous convaincre que décidément Horsegirl est un sacré trio !
Éventail à la mains, d’immense lunettes de soleil, la grande Cate Le Bon investit ensuite la Scène Du Fort, pour un set impeccable et carré, entourée de 5 musiciens tout aussi parfaits qu’elle. Ouvrant sur Jerome et finissant sur I Know What’s Nice, la galloise pioche principalement dans son tout dernier album, Michelangelo Dying, le son est juste parfait, tout est parfaitement en place.

On aurait aimé un peu plus de folie ou entendre quelques morceaux plus anciens mais c’est faire la fine bouche, Cate Le Bon assure le show avec son talent de chanteuse et compositrice reconnu par tous.
Something For The Weekend à peine entamé, qu’on retombe sous le charme de Neil Hannon et de The Divine Comedy.

Comme il le fera gentiment remarquer, c’est son 3ème passage à la Route Du Rock, la 1ère, en 1996, il vieillit mais, chambreur à souhait, nous aussi. Grande classe, humour anglais, The Divine Comedy s’appuie à la fois sur son magnifique dernier album, Rainy Sunday Afternoon, tout en allant piocher dans sa pléthorique discographie, pour nous sortir quelques merveilles dont il a le secret.
Becoming More Like Alfie, Absent Friends, jusqu’à un somptueux Tonight We Fly, tout y passe, pour le bonheur des fans de la premier heure. Neil en fait des tonnes mais toujours avec distinction et légèreté, proposant la meilleur présentation de son groupe, en leur servant cocktails et bières, même le roadie à la serpillère aura le droit à une ovation bien méritée.
Changement de style et d’ambiance avec le duo norvégien Smerz.
Sur scène, Henriette Motzfeldt (la blonde) et Catharina Stoltenberg (la brune) sont accompagnées d’un guitariste et d’un batteur.
Les premières impressions sont mitigées, on a plus l’impression d’assister à une performance typé défilé de mode qu’un concert, petits sacs à mains, cheveux au vent grâce à un ventilo surpuissant, tabouret…et morceaux qui semblent aller un peu dans tous les sens sans arriver nulle part.
Puis, petit à petit, on rentre dans le truc, leurs chansons pop nous accrochent l’oreille, les artifices s’estompent peu à peu pour laisser une belle impression. Le concert ovni de la soirée ou presque.
Bien plus immédiat et évident sera le concert de Darkside (Nicolás Jaar, Dave Harrington et Tlacael Esparza) déjà présent en 2014. On en prend plein les oreilles et les yeux, avec un lightshow phénoménal, le trio alterne moments de calme et explosifs, comme un croisement improbable entre Pink Floyd et Chemical Brothers. Ils nous offrent un moment à la fois dansants et introspectifs, nous glissant dans la nuit malouine sous un déluge de sons et de lumières.
Tout cela était parfait mais manquait un peu de folie, heureusement la suite du programme allait nous satisfaire à commencer par les fabuleux DITZ démarrant pieds au plancher avec un Taxi Man de folie et Callum Francis se jetant de suite dans la foule.

Ca saute dans tous les sens, la poussière s’élève dans les cieux avant de retomber dans nos oreilles et narines, mais peu-importe tant leur concert est intense et monstrueux, nous scotchant sur des God On Speed Dial ou Ded Würst de folie. Même les moments plus calmes, enfin c’est vite dit, tels The Body As The Structure ne calment pas un public aux anges et passablement excités.
Avant de conclure sur sur un No thanks, I’m Full survitaminé, DITZ se met définitivement la foule dans la poche en reprenant le Fuck The Pain Away, de Peaches qui sera amenée à leur succéder sur scène.
C’est en effet à la reine canadienne de la provocation de clôturer la soirée au fort, ce qu’elle fera avec son humour et ses délires habituels. Entourée de quelques danseurs aux tenues extravagantes que les siennes, elle embarque le public dans un show provocateur et survolté, en en faisant des tonnes, portée par la foule jusqu’à la sono, sur une bande-son electroclash ébouriffante.
Peaches, c’est un spectacle à elle toute seule, militante, engagée, drôle et fantasque, ça en a eberlué plus d’uns, ça en embarqué d’autres au bout de la nuit et de la folie !
14 Août 2026 – 3ème Jour – La Plage De Bonsecours et Le Fort de Saint Père
La plage de Bonsecours, dans un cadre exceptionnel, nous a par le passé procuré quelques moments de bonheur. Ce sera encore le cas en cette chaude journée avec la merveilleuse performance de Bibi Club, duo de Montréal composé d’Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque. Leur tout premier album sorti en 2019 s’appelait Le Soleil et La Mer, leur présence en ces lieux allait donc de soi, même si c’est plutôt du côté de leur excellent dernier album, Amaro, paru en février dernier chez Secret City, qu’ils ont mis en valeur.
Pop-songs psychés et délicieuses comme Washing Machine ou George Sand, belle complicité entre les 2, alternant moments de calme et de tension, leur prestation fut parfaite de bout en bout, ouvrant la journée de la plus belle des façons.
C’est donc le cœur léger et le sourire aux lèvres que l’on reprit la route du Fort (ah ces navettes…) pour une soirée qui s’ouvrait avec la londonienne Alice Costelloe du duo Big Deal, venue ici présenter son 1er album solo, Move On With The Year.
Si son disque est vraiment excellent, on s’inquiétait quelque peu de ce que pouvaient donner ses délicates ballades pop dans le contexte d’un festival. Toute timide, elle semblait partager la même inquiétude, face à des chansons lentes et tristes comme Too Late Now ou My Whole Life. Elle fut vite rassurée par la réaction positive d’un public attentif et enthousiaste, ayant à son actif quelques morceaux plus dansants et rythmés comme I Never Dance et How I Can. Surtout Alice Costelloe a une voix qui ferait fondre les cœurs les plus endurcis, surtout quand elle est accompagnée de musiciens tout aussi doués.
Après cette superbe entame, les très hot Dry Cleaning faisaient leur retour à La Route Du Rock après un premier passage remarqué en 2023. L’étrange pochette de Secret Love en fond de scène, les londoniens se sont relevés toujours aussi étonnants et passionnants, avec leur post-punk énergique et le spoken word monocorde de Florence Shaw. C’est le feu et la glace qui se percutent et qui s’assemblent, avec d’un côté l’énergie débordante de Tom Dowse, véritable bête de scène, la fougue heavy metal du bassiste Lewis Maynard et la placidité de Florence Shaw.

Ca démarre fort avec un énergique Strong Feeling, l’irrésistible Gary Ashby fait monter le plaisir qui ne cessera jamais de nous parcourir jusqu’à un exceptionnel Hit My Head All Day en conclusion. Le quatuor ici rejoint par un guitariste/claviériste supplémentaire enchaine les grands moments, allant chercher dans leur tout 1er EP, un magnifique Magid Of Meghan, renversant tout sur son passage avec le tube Scratchard Lanyard et confirmant, de Cruise Ship Designer à The Cute Things, toute la beauté de Secret Love.
Moins connu, Moin n’en était pas moins attendu par nombre de festivaliers. Il faut dire qu’avec ses 3 intrigants albums dont l’excellent You Never End sorti en 2024 et un casting XXL, le groupe s’est taillé une très belle réputation. Le trio se compose en effet de Joe Andrews et Tom Halstead qui jouaient auparavant en tant que Raime (indispensable Quarter Turns Over A Living Line en 2012) et la batteuse Valentina Magaletti, à la fabuleuse discographie solo ou au sein de groupes comme Fanfarlo et Vanishing Twin et aux collaborations multiples et variées de Jandek à Gruff Rhys, de Nicolas Jaar à Bat For Lashes.
Son sourire permanent et chaleureux contrastaient fortement à la noirceur et la densité des morceaux amples et tortueux du trio, ici accompagné d’un guitariste complémentaire. Pour certains, l’attraction fut immédiate, sous le charme de ce mélange de post-rock et musique expérimentale, complexe et cependant accessible, pour d’autres, l’émotion monta peu à peu, dès lors qu’ils se laissèrent embarquer sur cet étrange vaisseau qu’est Moin.

Un Yes! I Am a Long Way From Home extrait de Young Team paru en 1997, suivi par Hi Chaos extrait de leur dernier album de 2025, The Bad Fire, Mogwaï rappelle de suite que le groupe écossais n’est pas un perdreau de l’année et qu’après plus de 30 ans de carrière, il a de beaux restes. C’est d’ailleurs leur 4ème passage à La Route Du Rock et leur prestation fut l’une de leurs plus belles.
On s’étonne d’abord de les voir jouer sous le soleil, créant une proximité inhabituelle avec le public, avec un Stuart Braithwate particulièrement souriant et chaleureux, on s’en prend surtout plein les oreilles tant le son est juste impressionnant de perfection et l’alchimie au sein du groupe étant juste parfaite. Le groupe de Glasgow parcourt l’intégralité de sa discographie, livrant des moments épiques de New Paths To Helicon, Pt. 1 à How To Be A Werewolf et on a beau l’avoir entendu des milliers de fois, Mogwai Fear Satan nous fait toujours sursauter de plaisir intense. Grand, grand concert !
Un autre qui est comme chez lui à St Malo, c’est monsieur Baxter Dury, pour son sixième passage ! (en comptabilisant les éditions hivernales). Entouré d’un trio de musiciens parfaits et capables de canaliser l’énergie débordante du bonhomme, il en fait toujours des tonnes, parcourant la scène de long en large, maltraitant sa veste et sa chemise, qu’il garda néanmoins jusqu’au bout.

On le trouva même plus sobre, concentré sur son chant, haranguant la foule pour nous amener à danser sur les titres d’Albarone, son récent disque d’électro pop paru l’année dernière. Et en effet, des morceaux comme Alpha Dog, Kubla Khan ou l’excellentissime morceau titre n’ont rien à envier en terme d’énergie à ses classiques comme Cocaine Man ou Aylesbury boy bien reliftés pour le coup. Un malaise dans le public ralentit malheureusement le concert, Baxter Dury s’assurant que tout allait bien avant de reprendre, mais au final, il nous offrit une très belle prestation.
Un bon bain de poussière, ça vous dit ? On a ce qu’il vous faut : Sprints s’empare de la scène des remparts et va envoyer du lourd (Heavy pour commencer !) tout le long d’un set volcanique où les premiers rangs ne semblent plus toucher terre.

Il faut dire, qu’avec Karla Chubb, les irlandais comptent une sacrée bête de scène et une impressionnante chanteuse. Comme ses camarades (Sam McCann, Jack Callanet et Zac Stephenson) ne sont pas manchots non plus, c’est un joyeux bordel incandescent qui s’offre à nous, circle pit, wall of death et autres mouvements de foule plus ou moins contrôlés. C’est parfois un peu trop foutraque et décousu mais Sprints ravit ses fans en exécutant Pieces ou Descartes issus de leur très bon deuxième album, All That is Over, atteignant le pic de leur set sur une infernale reprise du Deceptacon de Le Tigre.
Légèrement inconscients et couvert de poussière, on décide de pousser jusqu’au bout de la nuit en jetant nos dernières forces sur l’excellent concert de Marie Davidson, elle par contre en grande forme, enchainant au pas de course les allers et retours sur la scène du fort, tout en lançant ses machines.
De Demolition à Renegade Breakdown, la canadienne transforme la Route Du Rock en gigantesque piste de danse, Sexy Clown et Work It finissent de nous achever de bonheur.
Un passage à l’aftershow devant la prestation hallucinée et hallucinante de The Femcels finit par nous convaincre que dormir, c’est bien aussi !
15 Août 2026 – 4ème Jour – La plage Du Bonsecours et Le Fort de Saint Père
Forcément, le réveil est compliqué et douloureux pour ce dernier jour. On pense même avoir quelques hallucinations en se rendant tel un petit vieux après 2 marathons jusqu’à la plage de Bonsecours : partout des t-shirts flashys, du rose, du mauve, de la Romance dans tous les coins, avant de comprendre que samedi, c’est Fontaines D.C.. Quelques mètres à peine parcourus, on sait déjà que la soirée sera tout à fait spéciale et qu’on prendra un méchant coup de vieux !












On y reviendra bien sur mais avant tout çà, allons faire pour la dernière fois à la plage, surtout que nous serons en très belle compagnie puisque c’est à Lael Naele que revient le plaisir de jouer devant festivaliers un poil fatigués et touristes en mode bronzette. Tout sourire et très classe avec sa jolie robe, elle se fait accompagner par le non moins élégant et tout aussi talentueux Guy Blakeslee. Ce fut magique de bout en bout, de sa belle voix si particulière avec ses chansons toutes simples qui accrochent le cœur et l’oreille.
Un dernier regard vers l’horizon et on file récupérer une navette (ah les navettes), instant galère mais permettant de faire de belles rencontres, on arrive pile poil pour le début de la soirée et la prestation de Snuggle, jeune duo danois composé d’Andrea Thuesen Johansen et Vilhelm Tiburtz Strange, remplaçant de dernière minute suite à la défection pour maladie de CIEL, qu’on attendait beaucoup. Accompagné d’un batteur pour la soirée, Snuggle délivre une dream-pop assez classique, pas désagréable mais qui manquera d’un petit quelque chose pour nous emballer plus que cela.
Le Fort St Père est rempli comme un œuf (13 000 personnes !), on est serré comme des sardines ou plutôt on est serré comme Aldous Harding (j’ai mis quelques minutes à la comprendre...) comme on pouvait le lire sur quelques autocollants malicieux et fort à propos. C’était en effet l’heure de l’étrange et passionnante artiste néo-zélandaise accompagné de musiciens au top à commencer par le grand H Hawkline, discrètement placé en fond de scène mais tellement présent ou bien Mali Llewelyn dont la harpe a littéralement mené Aldous Harding à s’étendre sur la scène pour en déguster la moindre note.
Sur un set principalement composé de chansons extraites de son dernier album, le très beau Train On The Island, à commencer par le morceau éponyme, elle nous offrit un moment unique, aussi déroutant que passionnant. C’est en effet une extra-terrestre sur scène, gestuelle particulière, elle joue de son visage comme de son corps entre large sourire et long silence pénétrant. Par dessus tout, elle a une voix unique, protéiforme, donnant des frissons sur des splendides versions de Venus In The Zinnia ou Imagining My Man avant de conclure sur un parfait Designer.
La soirée continuait de plus belle avec Ulrika Spacek, dont Expo, le dernier album sorti en février ne finit plus de quitter nos platines. Depuis plus de 10 ans, le groupe de Rhys Edwards (Astrel K) atteint des sommets de rock psychédélique par une musique aussi ambitieuse qu’immédiate. Ce fut encore le cas sur la scène des Remparts de Square Room Of None à Picto jusqu’à un bouleversant The Sheer Drop, conclusion parfaite d’un set dont le seul défaut fut d’être trop court.
De retour en pleine forme cette année avec le très bon Philadelphia’s Been Good To Me, Kurt Vile prenait la suite avec ses Violators. Cheveux longs et grand sourire, le chanteur de Philadelphie avait l’air d’être plus qu’heureux d’être là, histoire de démontrer qu’il reste encore quelques américains pour jouer du rock. Et c’est ce qu’il fit avec classe et désinvolture, guitares en mains, électriques ou acoustiques, un premier morceau instrumental (Red Room Dub) avant de chanter de sa voix si reconnaissables quelques merveilles comme Zoom 97 ou 99 BPM. Concert très classe, ses compères assurent comme des bêtes et le temps file à toute vitesse jusqu’à un Wakin On A Pretty Day aux petits oignons.
On aime beaucoup le Something Worth Waiting For, le deuxième album de Friko, mais ceux qu’on attend c’est Fontaines DC, alors à notre grande honte, on sacrifie le set du groupe du talentueux Niko Kapetan, quelques retours entendus ici ou là et une chouette version de Ceremony entendue de très loin nous font regretter notre choix, mais que voulez-vous, nous avions rendez-vous avec la bande d’un Grian Chatten pas très bavard mais au magnétisme certain.
Fontaines D.C., c’est devenu une monstrueuse machine à tubes, alignée comme un seul homme, trouvant le parfait équilibre entre les bombes post-punk du début et les mélodies plus sophistiquées de Romance. On passe ainsi d’un monstrueux Boys In The Better Land (comment se mettre un public déjà bien chaud dans la poche en 2 secondes) à Here’s The Thing, de Big (tu m’étonnes !) à Bug, de Televised Mind, seul morceau, fabuleux par ailleurs, d’A Hero’s Death au magnifique Before You I Just Forget.
Le quintet dublinois semble avoir atteint une espèce de plénitude, retrouvant une certaine simplicité, looks plus sages, énergie de gamins débutant et rêves de géants. Leur concert, le seul en France, se transforme ainsi en une célébration de leurs racines, glissant un morceau Boz Scaggs en ouverture, concluant sur le Some Velvet Morning de Nancy Sinatra et Lee Hazlewood et surtout invitant Kurt Vile à partager ses talents de guitariste sur Roman Holiday. c’est aussi le moment d’entendre deux inédits, le groupe annonçant un nouvel album, Dopamine Chamber à paraitre en octobre prochain, l’intrigant Marianne et Six Shot Morning, premier titre en rappel avant de définitivement achever un public aux anges (et connaissant toutes les paroles !) avec les monstrueux I Love You et Starbuster (des malins, ces Fontaines D.C.!). Concert hors normes d’un groupe qui semble dépasser toutes les limites tout en gardant les pieds sur terre, la suite s’annonce passionnante.
Après tout ça, quel meilleur moyen de garder tout le monde en joie, avec l’incontournable chenille, forcément immense cette année vue la foule et parfaite mise en train pour jeter nos dernières forces devant l’impeccable show de chest., groupe parisien dont le 1er album, Happy Broken, à venir devrait nous mettre une belle claque comme souvent dès lors que c’est chez Howlin’ Banana Records que ça se passe.
Impressionnés mais aussi heureux comme des gosses d’être dans un lieu qu’ils ont plus fréquenté de l’autre côté de la scène, ils attaquent comme des morts de fin avec l’infernal Cor, nous rappelant immédiatement que la poussière est toujours aussi encline à s’insinuer partout où elle passe et vu comme ça gigote de partout, elle s’en donne à cœur joie !

Las, toutes les bonnes choses ont une fin et il est temps de rentrer par ces merveilleuses navettes (Big up pour le chauffeurs qui ont accueilli cette bande de festivaliers poussiéreux et parfois râleurs avec humour et sourire !), des souvenirs plein les oreilles, de la poussière plein le nez mais avec l’envie déjà de renouveler ces magnifiques rencontres, vivement 2027 !
La Route Du Rock – 12 au 15 août 2026 – St Malo
Toutes les photos sont de Titouan Massé, Brice De La Marche, Mathieu Foucher, Nicolas Joubard, Stéphane Perraux, Anthony Hochet, Fabrice et l’oreille classée et Nicolas Roger merci à eux pour leur confiance et leur talent !
Un grand merci à l’équipe du Festival La Route du Rock et à Marion chez Éphélide !
Image bandeau : Le public pendant le concert de chest par Titouan Massé































































































































