Addict CultureAddict Culture
Font ResizerAa
  • Accueil
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Nos Playlists
    • Interviews
    • Addict Report
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • À l’est du nouveau
    • Littérature Jeunesse
    • Brèves de lecture
    • Lampes de poche
    • Rencontres
    • BD
    • Poésie
    • Documents
      • Biographies
    • Les prix littéraires
  • Jeux de Société
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • Écrans
  • La vie d’Addict-Culture
    • Newsletter
    • Contact
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Devenir rédacteur ?
    • Pourquoi Addict-Culture ?
Font ResizerAa
Addict CultureAddict Culture
Recherche
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Brèves de Platine
    • Nos Playlists
    • Addict Report
    • Interviews
    • Jour de reprise
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • Littérature Jeunesse
    • BD
    • Documents
    • Rencontres
    • Les prix littéraires
    • Poésie
    • Revues
  • Jeux de Société
  • Écrans
    • Séries
    • Cinéma
    • Interviews
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • La vie d’Addict-Culture
  • Informations
    • Pourquoi Addict-Culture ?
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Contact
    • Devenir rédacteur ?
    • Newsletter
    • Politique de confidentialité – RGPD
Littérature Francophone

« Les fous sont des joueurs de flûte », d’Emma Marsantes, la longue épreuve d’une femme fragmentée

Cécile D
Par
Cécile D
Publié le 5 février 2024
8 min de lecture
Emma Marsantes
Photo de Ani Adigyozalyan sur Unsplash

Mon été 2022 fût troublé par une de ces lectures qui laissent des traces, le premier texte d’Emma Marsantes dont j’avais rendu compte ici même en septembre. Le destin douloureux du personnage central, Mia, se prolonge en cette rentrée de janvier 2024 dans un second opus, Les fous sont des joueurs de flûte aux mêmes éditions Verdier. Après une enfance déjà plus que chargée, père autoritaire, mère absente et suicidaire, viol du frère on aurait pu croire que le destin de Mia pourrait enfin, à l’âge adulte, s’apaiser. Il n’en n’est rien. Tout au long de ma ma lecture de ce texte à l’écriture à la fois sensible mais également dérangeante, le mot épreuve n’a pas cessé de traverser mon espace mental. L’épreuve, au sens éditorial, est un texte imprimé qui présente un état provisoire du travail de l’auteur et qui sera soumis à corrections, remaniements, avant le tirage définitif. Ce second volet de l’histoire de Mia c’est cela ; un état provisoire d’une femme fragmentée qui devra encore et encore se défaire, se modifier pour parvenir jusqu’à elle-même; une longue épreuve physique et psychologique au travers de laquelle elle devra se déprendre d’un mari fantôme et d’un amant fou et violent, afin d’atteindre enfin quelque chose qui lui ressemble, afin enfin de simplement devenir elle-même.

Les fous qui vont traverser la vie de Mia sont, comme le suggère le titre, de forts habiles musiciens, de ces flûtistes qui charment, ensorcellent et envoûtent, de ceux qui masquent sous des atours séduisants la plus profonde noirceur et la plus abjecte violence. Premier mouvement, classique, le mariage. Un début de roman qui s’attache avec beaucoup de justesse à nous montrer combien toute mobilité sociale est un combat, une haute lutte. Ici une mobilité à l’envers, non pas le trajet difficile d’un transfuge de classe à l’assaut des hautes sphères, mais au contraire le décrochage, la désintoxication d’une femme qui comprend que son milieu de naissance, ses codes et ses exigences l’enferment, l’étouffent. Comment en effet ne pas succomber aux sirènes des standards bourgeois quand on a grandit dans un milieu catholique traditionnel, quand votre père (la seule famille qui vous reste) manifeste une attente extrême à ce que vous colliez à la cible de la-mère-de-famille-qui-ne-travaille-pas-et-elève-ses-enfants. Alors Mia y va, Mia épouse, Mia s’adjoint l’homme qui va plaire à son père. Mais très vite derrière ce mari « parfait » se cache un homme qui n’aime pas les femmes, un homme qui n’aime pas Mia, un homme qui ne veut d’une femme que pour la faire mourir d’ennui et de silence.

« Écorce plus invalide que les temps disparus, lierrée, muette, occise, j’ai commencé le long détricotage de mes résolutions, de mes aspirations essentielles. Je ne danse pas. Je n’enseigne pas. Je n’écris plus. Mère civilement éteinte. Asphyxie sociale. Je me tiens prête pour tout un chacun, plat à gratin, crêpière et flans aux œufs, bonne fée, future Carabosse. »
─ Emma Marsantes, Les fous sont des joueurs de flûte

Alors Mia force, rejette, s’extrait, sort la tête; elle se veut vivante. Tout peut désormais arriver. Oui mais le pire également. Et le pire vient souvent avec sa part de meilleur, cette mélodie suave et sournoise qui fait oublier le reste. Le second mouvement s’ouvre donc dans le plaisir, la jouissance. Jouissance physique que Mia n’a pas connue avec Lucas et qui explique sans doute en partie comment l’homme qu’elle rencontre, un sexagénaire fanfaron et bien sous tous rapports, va petit à petit tisser autour d’elle une emprise totale, une toile serrée, perverse et totalement délétère. Emma Marsantes excelle à nous faire ressentir cette emprise, cette nasse qui se referme progressivement. Elle déroule une écriture mosaïque faite de bribes, de mots qui s’empilent, s’ajoutent. Des mots qui nous écrasent, qui matérialisent les uns au-dessus des autres ce poids immense dont Mia ne peut se débarrasser. Une écriture d’une grande énergie qui projette sur la page des tâches de couleur comme le ferait un peintre, qui autorise qu’un rose si doux puisse cohabiter avec un rouge sang, qu’un vert si tendre s’efface devant un anthracite angoissant.

Les pages qui relatent ces longs mois d’emprise, sont effectivement aussi et dans un autre sens, une épreuve. On peine à croire qu’il soit aussi difficile pour les femmes de quitter de tels hommes et pourtant, toutes les histoires attestent peu ou ,prou du même scenario: les crises violentes, les coups, la limite presqu’atteinte et puis une phase que les psychologues et les défenseurs ds femmes appellent « lune de miel » où le pervers recule, laisse sa victime reprendre son souffle juste pour mieux la soumettre un peu plus tard. Et comment quand on n’a été une petite fille déconsidérée, malaimée, comment ne pas tomber dans ce piège? Comment ne pas penser qu’on ne vaut pas mieux, que ces reproches et ces insultes sont mérités, normaux? Comment ne pas renouer avec cette culpabilité qui suit Mia depuis toujours, ne pas penser qu’on mérite peut-être de disparaître, de mourir comme elle finit par l’envisager, mourir comme sa mère finalement, une fin annoncée, non?

« Hurler, menacer, injurier, vos gammes. Ne pas vous répondre. Arguments spécieux. Réflexions hasardeuses. Vous éructez les reproches.

Vous crachez.

Au propre.

Une de vos habitudes.

Sur mon bras nu, coulante, votre bave.

Force 6, vous pouvez faire mieux. Les crans, très rapidement, se dépassent. Menaces et volonté de blesser. Clapets. Difficile de revenir en arrière.»
─ Emma Marsantes, Les fous sont des joueurs de flûte

Femme chimère
faite de morceaux disparates,
Mia existe pourtant,
elle est vivante.

Non car si l’histoire de Mia permet d’éclairer son trajet de vie, son parcours est néanmoins inédit, comme toute vie. Elle s’y autorise très tôt un seul mais essentiel degré de liberté; aimer ses enfants, aimer à la folie et sans condition ceux qui vont tenter de lui faire signe, de la ramener au réel, de la faire sortir du piège qu’on lui a tendu et dont les fils remontent si loin qu’elle ne peut en discerner les extrémités. Avec ce second livre, Emma Marsantes nous offre dans un écrin de velours noir un texte puissant, un texte qui démonte, à la force d’un style hypnotique, un mécanisme terrible et destructeur. Femme chimère faite de morceaux disparates et brisés, Mia existe pourtant, elle est vivante.


Emma Marsantes

Les fous sont des joueurs de flûte de Emma Marsantes

Verdier, 11 janvier 2024


Etiquettes2024Emma Marsantesemprisefemmeshiver2024Les fous sont des joueurs de flûteVerdier
Partager cet article
Facebook Pinterest Whatsapp Whatsapp Email Copier le lien Imprimer
Aucun commentaire Aucun commentaire

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le son du jour

Orwell - Sans Relâche
Orwell – Sans Relâche
Beachboy
Par
Beachboy
19 mai 2026

Annonce

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

facebook
Facebook
youtube
Youtube
instagram
Instagram
spotify
Spotify
deezer
Deezer

Mort à la Poésie - Le podcast

Épisode 119 : Marie HL
Barz
Par
Barz
18 janvier 2025

Addict-Culture a besoin de vous !

Sur le même thème

Littérature Francophone

Antoine Choplin : quand une rencontre change un destin

20 janvier 2017
Amitav Ghosh
DocumentsLittérature Etrangère

Amitav Ghosh réécrit l’histoire de notre modernité en donnant voix à ceux qui furent réduits au silence

14 février 2024
Arab Strap
Chroniques Musique

Indéboulonnable Arab Strap !

21 mai 2024
yan lespoux
Littérature FrancophoneRencontres

Yan Lespoux, Presqu’îles : des nouvelles du Médoc

21 janvier 2021

Informations

  • Pourquoi Addict-Culture ?
  • Soutenez Addict-Culture !
  • La Team
  • Devenir rédacteur
  • Contact
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité – RGPD

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Instagram

💜 BAM 💜 : En 2005, sortait Analogue de A-ha. Un pe 💜 BAM 💜 : En 2005, sortait Analogue de A-ha. Un petit détail pour vous, le début d'une terrible addiction pour Jism dont il ne s'est toujours pas remis. Témoignage et éclaircissement à suivre dans cette trrrrrrès longue chronique ! 
👉 @officialaha @rhino_records  @leekorn53
.
.
#aha #analogue #rhinorecords  #musique  #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/a-ha-analogue-rhinorecords-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Orwell - Sans Relâche 👉 @orw 🎧 Le son du jour 🎧 : Orwell - Sans Relâche
👉  @orwell.aka.jerome @hotpumarecords_
.
.
#orwell #sansrelache #hotpumarecords #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/orwell-sans-relache/
💜 BAM 💜: La néo-zélandaise Aldous Harding continue 💜 BAM 💜: La néo-zélandaise Aldous Harding continue de surprendre et émerveiller sur son cinquième album, "Train on the Island", co-produit avec le grand John Parish et dispo chez 4AD ! 

👉 @aldousharding @4ad @beggarsfrance @sebgobi70 
.
.
#aldousharding  #trainontheisland #4ad #beggars #music #musicaddict #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/aldous-harding-train-on-the-island-4ad-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Telehealth - Yassify Me 👉 @t 🎧 Le son du jour 🎧 : Telehealth - Yassify Me 
👉 @telehealth_org @subpop @modulormusic
 .
.
#Telehealth #YassifyMe #subpop #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/telehealth-yassify-me/
⚡🎲✨ BAM ⚡🎲✨ : Petit format ne veut pas dire petit ⚡🎲✨ BAM ⚡🎲✨ : Petit format ne veut pas dire petit jeu, et Matagot semble bien décidé à le prouver une fois de plus. La preuve par trois dans cet article avec : 
“Bakamon” de Erwann Ricord et Auguste Lecoeur, “Kyoto No Koneko” de Kevin Gauvin et Jérémie Fleury et “Small Fjords” de Franz-Benno Delonge et Beth Sobel.

👉 @matagot.france @grailgames @erwann_ricord #augustelecoeur  @kevin.gauvin @treflerouge @cesco_addict

#bakamon #kyotonokoneko #smallfjords #matagot #jeuxdesociete #boardgames #games #play #jeux #kids #jeuenfant

📎https://addict-culture.com/jeux-compacts-matagot-bakamon-kyoto-no-koneko-small-fjords/
✨📚🌈 Littérature Jeunesse ✨📚🌈: Et si les livres jeu ✨📚🌈 Littérature Jeunesse ✨📚🌈: Et si les livres jeunesse étaient les premiers terrains d’aventure intérieure ? Quatre albums de L’école des loisirs qui invitent à affronter ses peurs, questionner le groupe et laisser libre cours à l’imaginaire : 
“Dans le ventre de Cornebidouille” de P.  Bertrand et M. Bonniol, “Les chiens pirates et la course au trésor” de C. Mélois et R. Spiessert, “Il était une fois dans les bois” de A. Browne et “Il paraît que” d’Olivier Tallec
 👉 @ecoledesloisirs @pierre.bertrand.conteur #magalibonniol @clemelois @rudyspiessert @anthony_browne_books  @olivier_tallec @cesco_addict 
.
.
#cornebidouille #pierrebertrand #ecoledesloisirs #lecoledesloisirs #clementinemelois #rudyspiessert #leschienspirates #iletaitunefoisdanslesbois #anthonybrowne #ilparaitque #oliviertallec #litteraturejeunesse #livreenfant  #bookstagram 

📎 https://addict-culture.com/litterature-jeunesse-ecole-des-loisirs-cornebidouille-chiens-pirates-anthony-browne-olivier-tallec-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Hiding Places - Dead Dove (Yo 🎧 Le son du jour 🎧 : Hiding Places - Dead Dove (Your Love Was Never A Waste Of Time)
👉  @hidingplacesband @keeledscales @modulormusic
.
.
#hidingplaces #deaddove #hidingplacesband #modulor #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/hiding-places-dead-dove-your-love-was-never-a-waste-of-time/
💜 BAM 💜: 40 ans avant de sortir un 1er album, The 💜 BAM 💜: 40 ans avant de sortir un 1er album, The Loft continue de surprendre en enchainant un deuxième disque, l'excellent "Badges", à écouter chez Tapete Records/Bigwax ! 
👉 @the_loft_uk  @tapeterecords @marion_seury
.
.
 #theloft #badges #tapeterecords #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/the-loft-badges-tapete-records-bigwax-2026/
❤️ BAM ❤️: Même si vous n'êtes pas passionnés de p ❤️ BAM ❤️: Même si vous n'êtes pas passionnés de paléontologie, la bande dessinée Mary Anning devrait vous séduire si vous aimez les odyssées de passionné.e.s et la psychologie humaine. Car, finalement, ce récit en dit sans doute davantage sur la nature humaine que sur son époque. 

👉 @steinkiseditions @chulie_bvt @le_vrai_kapik @cesco_addict
.

#maryanning #kapik #steinkis #steinkiseditions #juliebouvot #manga #bookstagram #bd #bandedessinee #book #bdstagram

📎https://addict-culture.com/bd-mary-anning-kapik-julie-bouvot-steinkis-2026/
Suivez-nous sur Instagram

Facebook

Tous droits réservés -Mentions légales et Politique de confidentialité. - Addict-Culture 2023

Ne ratez plus nos publications !
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir toutes les infos d'Addict-Culture !
loader

musique
litterature
tout addict

J'accepte la politique de confidentialité*
Environ 1 publication par mois. pas de spam, désinscription à tout moment
Welcome Back!

Sign in to your account

Username or Email Address
Password

Lost your password?