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FIDLAR redouble

Ecrit par Beachboy

FIDLAR_Too_Album Cover

 

Depuis la rentrée, Addict Culture vous a parlé en termes élogieux des meilleurs élèves, les chouchous de la classe et les futurs gagnants des palmarès de fin d’année. C’est très bien, mais aujourd’hui, on va pointer les cancres, les sales morveux vautrés contre le radiateur au fond de la classe qui n’écoutent rien et n’en font qu’à leur tête.

Avec FIDLAR, on en tient là des forts sympathiques, pas les derniers pour les blagues potaches et les graffitis rigolos dans les chiottes.

Bon, côté bonnes manières et orthographe, ce n’est pas gagné, leur deuxième album s’appelle Too, pas Two, Too. Et en matière de toutous, ils s’y connaissent puisque FIDLAR signifie Fuck It Dog, Life’s A Risk.

Commençons par les présentations officielles, FIDLAR est un groupe de Los Angeles, composé de Zac Carper chanteur aboyeur et guitariste, Brandon Schwartzel le bassiste, et les frères Kuehn, Elvis guitariste et Max à la batterie. Pour l’anecdote, papa Kuehn, Greg de son prénom faisait partie de T.S.O.L., groupe punk au début des années 80.

FIDLAR vit le jour en 2009, mais leur premier disque éponyme ne sortit qu’en 2013. 2 ans plus tard, c’est donc au tour de Too de venir nous chatouiller les oreilles.

On a beau être un sale gosse, on grandit quand même, car si l’énergie brute et l’insolence alcoolisée des débuts sont toujours là, FIDLAR se détache parfois de l’étiquette garage punk qui lui colle aux baskets. Ok, on n’est pas encore prêt à s’assagir et à manger 5 fruits et légumes par jour, il suffit de mater quelques titres pour s’en convaincre : 40oz On Repeat, The Punks Are Finally Taking Acid ou Overdose entre autres joyeusetés.

 

C’est néanmoins un vrai virage que FIDLAR est entrain de prendre. Leur musique se teinte de power pop, la volonté de soigner la mélodie et d’élargir son auditoire est claire et nette et les paroles de Zac Carper se font plus introspectives et personnelles. On chante toujours la drogue et la mauvaise bière mais ce n’est plus aussi drôle qu’au début.

Le groupe a fait également appel à Jay Joyce (producteur entre autres de Cage The Elephant ou The Wallflowers) pour donner de l’ampleur et de la densité à leur disque.

Du tubesque Why Generation à la ballade fauchée Overdose au final dantesque, FIDLAR prend même une sacrée envergure, comme le confirme le splendide Stupid Decision, comme si Blur reprenait Nirvana et inversement. Bad Medicine passe les Buzzcocks à la moulinette à coups de riffs tranchants, sur des paroles terribles (So I’ll take the bottle, You take that spoon, I’ll shoot at the bar  You’ll shoot in your room). Bad Habits confirme pour finir que l’abus d’alcool et autres substances commencent à faire flipper tout ce petit monde, même si ce n’est pas facile de décrocher.

Malgré cette ambiance de gueules de bois, Too est incroyablement frais et réjouissant, FIDLAR est toujours à la limite d’en faire un poil trop mais s’en sort toujours avec malice et talent.

Too est disponible depuis le 04 septembre chez Wichita / [PIAS] Cooperative.

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