De nos jours, les enfants ne jouent plus au Monopoly ou à La bonne paye. Et tant mieux. La production de jeux de société est sans doute parfois quantitativement excessive, si bien qu’un jeu sorti il y a deux ans est (trop souvent) condamné à l’oubli mais, qualitativement, il existe des jeux pour enfants tout à fait surprenants. Voici donc quatre joyaux que nous vous recommandons chaudement.
Saï Saï de Vincent Miramon – Panoplie – 2025

Recommandé à partir de 5 ans, Saï Saï est un jeu dont la mécanique est aussi simple que redoutable. Chaque joueur place un plateau oblique sur la boite de jeu, et y dépose les pions correspondant à ses brebis. Ceux-ci sont de couleurs différentes.
Chacun son tour, les joueurs vont lancer deux dés au milieu de la boîte et, selon les couleurs qui apparaissent dessus, elles pourront faire avancer les brebis correspondantes de leur troupeau. Simpliste ? Oui, mais au-delà d’un matériel très qualitatif, Saï Saï s’appuie sur deux bonnes idées.
La première, c’est que toutes les joueurs participent en même temps. Ainsi, si l’un d’entre eux lance les dés, le résultat s’applique à la totalité des joueurs et chacun devra faire avancer ses propres brebis. On est donc loin des jeux d’antan où il fallait attendre longuement que ses coéquipiers jouent pour être (enfin) dans l’action.
La seconde, c’est que l’on peut faire preuve de malice en avançant ses brebis. En effet, en choisissant des brebis à l’arrière du troupeau, il est possible de pousser celles qui les précèdent. Cela rappellera probablement à certaines les courses cyclistes improvisées avec des jetons de fortune dans une chambre d’enfant.
Et si le jeu devient trop simple, des variantes permettant d’intégrer la maman brebis et le petit agneau (possédant chacun des pouvoirs singuliers) ajoutent de la simplicité tandis que différents plateaux sont fournis pour une rejouabilité maximale. Saï Saï, c’est donc un jeu développé par l’excellent éditeur Panoplie, qui s’explique en quelques minutes et qui devrait s’imposer comme l’un des favoris de vos enfants.
Archéo de Thomas Favrelière et Adrien Pédron – Gigamic – 2025
Archéo faisait partie des trois nominés concourant à l’As d’Or pour obtenir le titre de jeu de l’année. C’est finalement L’île des Mookies qui aura été élu, mais Archéo n’est pas dénué de qualités pour autant.
Avec son format et son matériel (comme toujours excellent chez Gigamic), Archéo pourra rappeler certains jeux d’antan, mais il s’appuie sur des mécaniques et un matériel modernes. Tout d’abord, il s’agit d’un jeu coopératif et tous les joueurs devront donc s’aider pour arriver à leurs fins, en l’occurrence remporter dix étoiles sans avoir cassé toutes leurs pelles au préalable.
En effet, le jeu prend place sur un site de fouilles archéologiques, et les joueurs pourront reconstituer des fossiles de dinosaures qui leur rapporteront des points, mais également tomber sur des pierres qui endommageront leurs pelles. Et sans pelle, on ne peut plus creuser.
Pour creuser sur les quatre niveaux proposés, les joueurs seront munies d’une pelle ventouse qui, positionnée sur une tuile, permettra de récupérer ladite tuile et de découvrir le trésor (ou les pierres, donc) qu’elle cachait. Lorsque des tuiles situées au deuxième étage sont accessibles, les joueurs peuvent les attraper et ainsi de suite jusqu’au quatrième étage.
Passons sur les différents effets et bonus pour insister sur ce qui fait le sel de ce jeu, en l’occurrence la possibilité pour les enfants d’y jouer de manière autonome dès 5 ans. Certes, quelques parties avec les adultes seront nécessaires au préalable, et la présence des parents sera peut-être requise pour installer le plateau, mais la fluidité du jeu permettra aux enfants d’y jouer seuls, pour le plus grand bonheur de toutes et tous !

Délicieuse Lave de Sophia Wagner – Schmidt Spiele – 2025

Qui n’a jamais essayé de jouer (en se faisant plumer) au pousse pièces dans une fête foraine ? Peu de monde, assurément. Avec Délicieuse Lave, Schmidt Spiele reprend cette mécanique de manière plus accessible mais (presque) aussi addictive.
Il est cette fois question de jetons de lave qui se positionnent sous le plateau et qui, lorsqu’ils sont insérés, en poussent d’autres vers la sortie de manière absolument imprévisible. A chaque tour, le joueur devra donc lancer le dé pour savoir combien de jetons il introduit et placer votre dragon à l’une des sorties afin qu’il savoure les éclats de lave les plus précieux (et évite les gris qui constitueront un malus à la fin de la partie).
C’est chaotique et il faut prendre des risques, et tout le monde risque de hurler autour de la table. Néanmoins, la réussite de Délicieuse Lave ne réside pas que dans son superbe matériel puisque le jeu n’est pas tout à fait hasardeux. Il s’agira donc de bien choisir le moment où l’on prend des risques pour triompher de ses adversaires.
La planche des pirates de Benoît Turpin et Florian Sirieix – The Flying Games – 2022
Contrairement aux jeux précédents, La planche des pirates est légèrement plus vieux puisqu’il date de 2022. Et s’il reste une valeur sûre malgré son âge presque avancé au regard de la vitesse à laquelle évolue le monde ludique, c’est en raison de qualités bien au-dessus de la moyenne.
Il existe plusieurs paramètres qui font d’un jeu de société pour enfants une réussite. Le plaisir ressenti par les adultes en constitue l’un des plus évidents. Et avec La planche des pirates, ceux-ci seront séduits au point qu’ils auraient presque envie de l’essayer avec leurs amis à l’heure où les enfants sont couchés.
La mécanique est simple. Chaque joueur choisit un pirate éléphant et l’installe sur une planche magnétique sur le dos de la boîte qui fait office de bateau. On mélange le paquet de cartes et le joueur actif les retourne une par une sur un petit plateau. Il peut s’arrêter quand il le souhaite.
Si deux cartes similaires sont retournées (il en existe de six types différents), alors son éléphant avance d’une case sur la planche. S’il parvient à s’arrêter à temps, alors ses adversaires ajoutent des caisses (des jetons, en réalité) au bout de leur planche. Plus le joueur actif a été loin dans cette logique de « stop ou encore », et plus les adversaires ajouteront de caisses sur leur planche.
Quand le jeu s’arrête-t-il ? Quand l’un des joueurs parvient à voler le trésor de la girafe (c’est-à-dire quand il réussit un grand chelem en révélant six cartes différentes) ou lorsque l’un d’entre eux tombe à l’eau en même temps que sa planche. Aussi simple qu’addictif, La planche des pirates est déjà un phénomène des garderies les plus branchées.



