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Rencontre avec Guillaume Stankiewicz, sans cesse et sans bruit

Bonjour Guillaume,
Je n’ai pas fait les choses dans l’ordre pour te découvrir. J’ai découvert pour commencer la pochette de cet EP, Sans cesse et sans bruit au travers d’un post facebook.
Le dessin m’a immédiatement séduite.
Evidemment il me fallait en savoir plus sur ce qui se cachait derrière les parures…
Et puis la première fois que je t’ai entendu chanter c’est à l’occasion de cette magnifique compilation de la Souterraine où tu interprètes une superbe reprise du mythique titre de Cloclo : Magnolia for ever.

A lire comme ça on pourrait se dire que c’est une énième reprise d’un titre culte devenu un peu (beaucoup) kitsch. Et puis… on t’écoute.
On découvre alors une poésie que l’on avait oubliée, on réalise que l’on pourrait tout aussi bien écouter une chanson de Guillaume Stankiewicz. C’est une véritable seconde vie que tu offres au titre.

Le jour de la sortie de la compilation de la Souterraine j’ai reçu ton EP de Sans cesse et sans bruit, après une vingtaine d’écoutes en boucle de Magnolia for ever (mon côté obsessionnel sûrement) j’étais donc déjà totalement plongée dans ton univers. La poésie inonde ce disque mais aussi la délicatesse, la simplicité et la musicalité !

 

Artwork : Yannis Frier
Artwork : Yannis Frier

Alors évidemment j’ai plein de questions pour toi mais pour commencer…

Lilie Del Sol : La musique tu es tombé dedans depuis quand ? Et comment ?

Guillaume Stankiewicz : Je suis tombé dedans à l’adolescence comme beaucoup. Je me souviens assez précisément, un ami à moi s’était acheté une guitare électrique. Je n’avais jamais eu d’aspirations artistiques auparavant, mais là je me suis dis « pourquoi pas moi ? ». Et je me suis retrouvé à jouer dans un groupe et à y chanter aussi, je crois parce que personne d’autre ne voulait le faire. Contrairement à beaucoup j’ai continué depuis, la plupart du temps dans mon coin.

L : Comment définirais-tu ta musique ?

G. S. : Je dirais que ma musique a une base, un socle folk. Au fond la musique ça reste pour moi un type seul avec sa guitare qui écrit et chante ses chansons. C’est assez restrictif et sans doute un peu romantique, mais même si j’écoute aujourd’hui plein de choses différentes, ce sont des artistes comme Neil Young, Will Oldham ou Townes Van Zandt qui m’ont formé.
Après je chante en français et j’écoute aujourd’hui plein de choses différentes donc je ne sais pas si ce soubassement folk se ressent. On peut aussi bien dire pop ou chanson ce serait vrai aussi…
En tout cas je dirais que ma musique est une musique qui se chante. Quel que soit l’instrument utilisé, je compose le plus souvent au départ en chantant. Sans doute parce je chante mieux que je ne joue de la guitare ou du clavier.

L : Comment écris-tu ? Y a-t-il un contexte particulier qui se prête à l’écriture ?

G. S. : Si je savais… L’inspiration c’est un truc assez volatile qui ne prévient pas. Pendant longtemps je crois que j’écrivais surtout la nuit. Mais travailler la nuit c’est devenu assez incompatible avec ma vie d’aujourd’hui.
Ce qui est certain c’est qu’il faut être seul et dans un état qui n’est pas « ordinaire », euphorique, mélancolique ou les deux en même temps.
Quand l’inspiration est là, on le sait. Il faut laisser ce qu’on est en train de faire, tirer le fil et sortir ce qu’il y a à sortir. Ce n’est pas pratique parfois.
De ce moment d’inspiration je tire en général un truc très brut. Ensuite il faut un long, parfois très long et laborieux travail pour qu’une chanson trouve sa forme définitive.

L : Ton but, dans l’écriture, est de passer un message ou de faire de la « littérature » ? (sourire)

G. S. : Modestement, faire de la littérature sans doute. Mais je n’écrirais peut-être pas si je n’avais pas besoin de textes pour mes chansons.
Du moment que j’écris des chansons le moins que je puisse faire c’est de proposer des textes qui tiennent la route. Il me semble que c’est une exigence minimale vis-à-vis de l’auditeur plutôt qu’une ambition.
Du coup j’ai un rapport en partie utilitaire à la littérature et à la poésie, mes lectures me servent en partie à mieux écrire.

L : Te sens-tu proche de certains artistes de la scène musicale française ? Et si oui, qui ?

G. S. : Comme beaucoup de gens j’ai été très marqué par Dominique A, à tel point que j’ai du travailler à m’en détacher pour ne pas tomber dans le mimétisme. Sinon je suis admiratif de ce que font Arlt ou Belin.
L’album Fugue de Mehdi Zannad est un des disques que j’ai le plus écouté ces dernières années. C’est un album qui fera date à mon avis.
Pour ce qui est des sorties les plus récentes, il y aurait beaucoup à dire tant il s’en passe, autour de la Souterraine notamment. J’aime beaucoup ce que fait O par exemple. J’ai aussi hâte d’écouter le premier EP de Jaune.

L : Dans quelle « catégorie » classerais-tu ta musique ? Si je parle de pop cela te gêne ?

G. S. : Non pas du tout. La pop au sens des grands génies pop comme McCartney ou Wilson représente pour moi un idéal de musique à la fois immédiate et très riche.
J’aime beaucoup cette idée, je dirais même cette éthique d’une certaine pop – très présente chez McCartney par exemple – qui consiste à proposer un maximum d’idées musicales à l’auditeur. Pour qu’il en ait pour son argent en somme.
Après comme je te l’ai dit on pourrait aussi bien dire folk, ça ne me gênerait pas plus. « Chanson », j’ai un peu plus de mal, c’est le plus souvent un truc assez paresseux : on y range sans plus d’attention tous ceux qui chantent en français ce qui est quand même un critère un peu minimal.

Crédit photo : Julien Bourgeois
Crédit photo : Julien Bourgeois

Lilie : L’EP sort le 8 avril prochain. Une série de concerts est-elle prévue ? Dis-nous où nous pourrons te découvrir sur scène !

G. S. : Je jouerai le 4 avril aux 3 Baudets, le 15 dans l’émission la Souterraine et le 17 avril à la Fabrique Balades Sonores. On est aussi en train de préparer un truc avec Benjamin de la Souterraine. A suivre…

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