Musique

Hellfest In Heaven : day free

Dernier jour sur le site et la confirmation qu’il n’y a aucun sataniste ici, seulement des médecins ORL frappadingues (à tendance satanistes tout de même pour les corporations Mayhemistes et Samaelistes) et un public de patients tout droit sorti de psychiatrie (suffit de voir le Pervers-Nöel ci-dessous). Je peux donc rassurer ma cheffe qu’elle craint moins le bûcher qu’un meurtre à l’arme blanche en lui expliquant tout de même qu’un schizophrène c’est comme une guêpe : si tu la fais chier, elle attaque. Mais bon, foin de digression, même si la fatigue se fait sérieusement sentir de mon côté, je continue ma tournée des colloques où, comme je l’expliquais avant, je n’ai pu me rendre partout.

HF 22

Je commence par Grave Pleasures sur lequel je ne m’attarde pas trop. Le groupe possède pourtant un atout de charme en la personne de sa guitariste mais musicalement ce n’est pas ma tasse de thé. Disons que ça pourrait être sympa cette version métal de Simple Minds qui se prend pour le Gun Club. Ça pourrait, mais non.

Je laisse tomber assez rapidement les Finlandais et en profite pour aller voir les vétérans satanistes d’Eyehategod : entre Stoner et Post-Hardcore et le look qui va avec pour les deux guitaristes (chemises à carreaux), le groupe fout le feu au public. Grosse mais alors grosse ambiance au milieu de la fosse emplie d’épileptiques désarticulés furieux, adeptes du mouvement circulaire. Ça part donc dans tous les sens, certains sont aspirés par une force centrifuge et rejetés par d’autres le tout avec une certaine violence mais dans un esprit presque bon enfant. C’en est presque hallucinant. Et musicalement c’est encore plus impressionnant que ce qui se passe dans la fosse. Concert juste énorme. Le seul problème à répertorier sera pour le groupe suivant qui devra slalomer entre les crachats laissés par le chanteur sur la scène.

Eyehategod
Eyehategod

Après cette baffe, c’est avec la banane que je m’en vais prendre l’air et voir les frangins Cavalera en me disant tout de même que ce sera forcément décevant. Ben…même pas. Les Cavalera Conspiracy, c’est du trash qui te donne envie de te dévisser la fiole en essayant de la désaxer du bas vers le haut et réciproquement. Le groupe a l’intelligence de piocher surtout dans le répertoire de Sepultura et la Cavalera family  emporte son monde dans un show d’une belle efficacité où le groupe semble vraiment prendre son pied à jouer (notamment tout ce qui est percus et dans  lesquelles ressortent de façon admirable les influences brésiliennes). Bref, ça slamme et headbang avec bonheur dans la fosse. Et, si je peux me permettre une dernière remarque pour le fun :  un groupe dont le batteur porte un tee-shirt Black Flag ne peut pas être foncièrement mauvais.

Cavalera Conspiracy
Cavalera Conspiracy

Retour sous une des tentes pour Cannibal Corpse. Pour tout vous dire, Cannibal Corpse c’est une expérience étrange pendant laquelle le chanteur utilise un amas capillaire situé juste au-dessus de son front  pour tracer des cercles dans le ciel. De la poésie bourrine où le groupe fait table rase du silence et des ses multiples variations. En gros un set monolithique et carré, d’une violence assez malsaine. Suffisamment malsaine d’ailleurs pour croiser trois jeunes gens d’une vingtaine d’années porteurs de tee-shirt Johnny H. sortir avec l’air effrayé pendant que j’essaie de m’approcher des barrières. Bref, comme disait l’autre : Cannibal on est mal.

Je me dirige ensuite dire bonjour à Samael. Le groupe Suisse présente un métal curieusement racé, classe, et étrange dans sa configuration : le groupe possède un batteur qui n’utilise quasiment qu’une boite à rythme et des fûts derrière lesquels il ne va qu’occasionnellement. La musique est brutale, sauvage, élégante et au final très bonne. Et puis…comme Mayhem, le groupe semble adorer le malin en exhibant moult croix inversées dans leur scénographie et avoir suffisamment de bouteille pour se mettre le public dans la poche en s’exprimant dans un français parfait.

Samael
Samael

En attendant Triptykon, je passe devant Saint Vitus en me disant que non…puis au bout de quelques minutes, je me dis que oui… les vétérans Américains présentent un Doom extrêmement bien foutu, prenant, qui rappelle dans ses meilleurs moments Black Sabbath ou encore Reverend Bizarre. Les vieux ont encore la pêche et tiennent à nous le faire savoir. Pour Triptykon, en revanche, c’est autre chose : je vous vois venir avec les jeux de mots faciles et imbéciles mais… très p’tits cons j’en sais rien mais alors gros son, c’est sur. Le problème est que c’est carré, bien foutu mais même quelque jours après leur prestation, je cherche toujours le petit grain de folie qui aurait pu faire décoller la machine.

Triptykon
Triptykon

Passons maintenant au morceau de choix, à savoir Korn. Le groupe Américain n’était pas là pour sucrer les fraises mais jouer dans le plus simple appareil, sans électronique donc, leur premier album. Alors : gros son au niveau de la rythmique mais le groupe semble plombé par des difficultés techniques. La voix notamment est presque inaudible au début et le problème se résout au bout de deux morceaux. Pas de bol, au bout du troisième, la sono tombe en panne. Après quelques minutes d’attente, ça repart. On remarquera tout de même que le bassiste change de couleur de cordes plus vite que son ombre (du vert fluo à rose fluo) mais surtout que le groupe semble s’ennuyer sur scène comme c’est pas permis. Les morceaux défilent,  Korn joue de façon professionnelle mais sans passion, ni folie; si bien que le public ne s’y retrouve qu’à moitié (disons pour situer la chose correctement que Cavalera Conspiracy, plus tôt dans la journée, a été bien plus efficace en un morceau pour faire bouger son public que Korn en un set).

HF 24
Korn

Je ne pouvais quitter le Hellfest sur une telle déception. Je prends le chemin du retour puis suis attiré par la voix d’une chanteuse qui passe du clair au growl sans sourciller, bénéficiant au passage d’un physique plutôt agréable. Je m’arrête donc et reste scotché toute la durée du concert par un groupe auquel je n’adhère aucunement à la musique mais bénéficie d’une présence scénique remarquable. Arch Enemy, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, fait un métal avec de soli insupportables qui m’aurait illico fait fuir s’il n’y avait pas eu cette jeune femme au chant hallucinant, véritable pois sauteur occupant tout l’espace et ce groupe impressionnant de maîtrise. Le charisme est énorme, ajoutez à cela qu’elle s’exprime dans un français quasi parfait, que c’est une déconneuse et vous obtenez une showman de tout premier ordre dotée en sus de musiciens aguerris. Meilleur concert inattendu de la journée et grand concert de musique inaudible pour ma part voire grand concert tout court.

Je quitte le Hellfest pour de bon en jetant un œil derrière moi et vois une jeune femme s’époumoner avec un chant clair tandis que Gandalf lui sourit. Non, je n’hallucine pas, c’est simplement Nightwish qui clôt cette magnifique dixième édition du Hellfest.

 HF 30

Toujours est-il qu’au delà des conneries que j’ai pu débiter en ces lieux trois jours de suite, le Hellfest est une expérience à part, une immersion dans un monde totalement autre, mais d’une courtoisie proprement hallucinante. Un lieu cosmopolite (franchement j’y ai entendu des Espagnols, des Allemands, des Anglais, du dialecte nordique et bien d’autres mais personnes pour me réciter certains versets de la bible à l’envers en faisant un 360 ° ) bien loin des clichés ridicules que veulent lui faire endosser certains extrémistes. Un lieu où trois générations (le public va tout de même de 7 à 70 ans), 150.000 personnes, se réunissent pour faire la fête, écouter des musiques dites extrêmes, boire 2600 hectolitres de bière, fumer quelques kilos d’herbe (non vendue sur le site bien évidemment), et ce sans aucune effusion de violence, dans une ambiance bon enfant. Tout cela, en excluant la consommation d’herbe, grâce à une organisation sans failles.

Aussi, on peut le dire : toutes les conditions étaient réunies pour faire de ces trois jours un moment exceptionnel et cette dixième édition le fut à bien des égards. Et comme le disait un passager que je ramenais dans sa ville de résidence : » le problème avec le Hellfest c’est qu’une fois que c’est terminé, tu te tapes une dépression post-Hellfest tellement t’as pas envie de retourner au boulot. »

Rock On !!!
Rock On !!!

Rendez-vous donc l’année prochaine pour une onzième édition qu’on espère aussi réussie que celle-ci !

PS : un grand merci à ma cheffe pour sa persévérance et à Roger pour m’avoir permis de faire mon premier Hellfest.

 

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