Addict Report Chronique Musique

Hellfest Tome 2, chapitre 2

Ecrit par Jism

Soyons honnêtes, le second jour du Hellfest n’était pas celui qui était le plus attendu pour ma pomme. Du coup, vu que je n’en attendais rien ou très peu, celui-ci s’est révélé conforme à mes attentes. Ce samedi pas de grande claque, une journée globalement inférieure au reste et une gestion des choix déplorable me concernant. Vous ne le savez probablement pas mais le festival de Clisson est un cauchemar pour les psychotiques. Une des caractéristiques de la psychose est ce qu’on nomme l’ambivalence ou la difficulté de faire des choix et de s’y arrêter. Clisson, ce n’est que ça, des choix, des choix et rien d’autre.

Quand en plus, comme moi, on est un peu con et qu’on a des problèmes mnésiques, on loupe des concerts, ou alors on assiste aux dix dernières minutes et on regrette amèrement d’en avoir privilégié certains. Exemple ? Je suis allé au concert d’Archgoat, aimable formation Finlandaise. Comme on dit, ça envoie du lourd, avec une musique basée sur le jeu hallucinant du batteur. Mais leur Black/Death est si froid et impersonnel qu’on reste à la porte sans avoir envie de l’ouvrir. Ajoutez à cela le statisme des deux acolytes et vous comprendrez que je me sois barré rejoindre les Toy Dolls dont je me suis souvenu que le concert était en même temps que celui d’Archgoat. Donc pour aller du Temple à la Warzone, il m’a fallu prendre par le Mainstage où œuvrait Satriani à qui on avait toujours pas remis de cordes de basse sur sa guitare et surtout devait avoir un luthier farceur faisant en sorte qu’il ne puisse être audible qu’en jouant à côté des micros de sa guitare. Cet intermède passé, j’arrive dans une warzone bondée à mort et entend les dernières notes de ces punks anars, dignes héritiers des Clash qui, visiblement, en ont encore sous la semelle. Ça déconne grave sur la scène, rend hommage à ZZ Top en faisant tourner leur guitare de façon synchrone, ça suinte les prolos anglais, c’est drôle, enlevé et c’est autant la fête sur scène que dans le public, chauffé à blanc. Bref, les Toy Dolls feront partie de mes regrets éternels.

Puisque je suis parti, continuons dans le négatif : entre Moonsorrow et Primordial, il m’a fallu attendre avec Terrorizer ou Hermano. Je vais d’abord voir l’un et fait le même constat qu’à Archgoat : abandon au bout de deux morceaux, identiques et monolithiques, sans véritables nuances. Je m’en vais voir Hermano qui semble plus être ma tasse de thé mais là encore, abandon au bout de trois chansons : leur rock épicé à la sauce chili avec quelques fumets hard me reste un peu sur l’estomac.

Mais n’allez pas croire qu’il n’y a que du négatif dans cette seconde journée, loin de là : le concert des français Hangman’s Chair a été très bon, avec pas mal de monde à avoir répondu présent relativement tôt (le groupe passait à 11 h 40). Leur Doom/Stone est efficace et le groupe assure, bien présent sur scène. Idem pour Entombed AD, leur Death agrémenté de relents à la Killing Joke vous fait secouer les guiboles et la tête et si vous ajoutez à cela un chanteur réellement présent, faisant participer le public et au final plutôt heureux d’être là, vous avez tous les ingrédients pour passer un très bon moment.

Hangman’s Chair

Maintenant passons à l’excellence :
Tout d’abord Moonsorrow dont le style (Pagan Metal) est loin d’être ce qui me renverse le plus. Et pourtant… supporté par un nouvel album excellent dans son style, le concert ne pouvait être, à minima, que bon. Il le fut au delà de mes espérances. Présence sur scène royale, science du headbang collectif au delà de ce qu’on peut imaginer, puissance des compositions entre Pagan et Black aux accents progressifs avec une maîtrise du crescendo renversante, le concert fut superbe. A peine gâché par un clavier parfois trop présent, une légère propension du groupe à vouloir se prendre pour U2 (dans cette volonté de faire des hymnes) et un chanteur, réincarnation plus que probable d’un lama (à moins qu’il ne soit d’une perversité extrême faisant en sorte que la scène soit la plus casse-gueule possible pour le groupe qui leur succédera).

Moonsorrow

Moonsorrow

Ensuite les californiens de Fu Manchu ont offert un show à cent à l’heure, simple mais sans temps mort. Pas fourbe pour un sou, leur Doom/Stone ne casse peut-être pas des briques mais en matière d’efficacité, il se pose sans conteste comme un des plus remuants. Refrains entêtants, rythmique solide, soli de guitare approximatifs mais retombant toujours sur ses pattes (proche dans l’esprit d’un Jay Mascis), il n’en faut pas moins pour que le public prenne son pied et réponde présent en sautant partout et slammant comme de gros malades. Grosse ambiance de fête, idéale pour apprécier le feu d’artifice ensuite.

primordial

Primordial

Et maintenant, le meilleur pour la fin : Primordial. Le leitmotiv de la soirée sera le suivant : Are you with us ???? Mais ouiiiiiiiiiiii bordel qu’on est avec vous ; pour leur quatrième venue au Hellfest, les Irlandais foutent littéralement le feu au festival. Leur musique est d’une puissance rare, véloce, accessible et subtile malgré une légère tendance à user du rouleau-compresseur. Mais ce n’est rien face à A.A. Nemtheanga qui fait le show à lui tout seul : mélange détonant de théâtralisme et viscéralité, l’Irlandais, de par sa stature, son maquillage et sa présence scénique, impressionne par son charisme. Toujours en interaction avec son public, l’haranguant régulièrement (Are you with us??) et instaurant un dialogue non dénué d’humour (Are you Afraid ??? No??!! You should), Nemtheanga permet à Primordial d’élever considérablement le niveau du concert et le placer au dessus de tous ceux de ce samedi en demi-teinte. Grand groupe et grand concert.

primordial 2

Primordial

Après ce samedi passé à jouer à cache-cache avec les quelques gouttes présentes sur le site, en slalomant entre deux scènes couvertes, dimanche s’annonce radieux et devrait être la journée la plus chargée, la plus folle et la plus prometteuse de ce week-end. A demain donc.

Retrouvez les reports des jours 1 et 3.

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