
Imarhan
Essam
City Slang
16 janvier 2026
Pour célébrer leurs 20 ans de carrière et les 10 ans de leur tout premier album éponyme, Imarhan nous fait l’immense cadeau d’un nouvel opus, le magnifique Essam (“éclair” en langue tamasheq ), dans lequel le guitariste et chanteur Iyad Moussa Ben Abderahmane (Sadam), le bassiste Tahar Khaldi, les guitaristes Hicham Bouhasse et Abdelkader Ourzig, ainsi que le percussionniste Haiballah Akhamouk se réinventent tout en gardant l’essence même de l’Assouf, ce blues touareg popularisé par leur compatriotes de Tinariwen.
Avec des disques comme Temet (2018) et Aboogi (2022), Imarhan avait déjà démontré leur capacité à trouver le parfait équilibre entre traditions et modernités, ouvrant ainsi leur univers à des artistes comme Gruff Rhys ou Howe Gelb. Ici, ils poussent les curseurs encore plus loin intégrant synthés modulaires et lignes électroniques sur les 10 titres d’un album enregistré dans leur propre studio de Tamanrasset en compagnie des producteurs français Maxime Kosinetz et Emile Papandreou et toujours ouvert aux quatre vents pour accueillir tous les ami(e)s souhaitant apporter leur contribution, de la voix, d’un claquement de mains ou avec quelques instruments traditionnels.
C’est ainsi que des instruments comme l’imzad et le tinde viennent illuminer un splendide morceau comme Assagassawar, parfaite conclusion d’un album émouvant et hypnotique au son de guitares si caractéristique et ses chœurs et claps de mains qui vous mettent des frissons, ce qui arrive dès les première secondes du tout aussi beau morceau d’ouverture Ahitmanin, mélancolique à souhait.
L’étonnant Derhan N’Oulhine marque le premier signe de rupture avec leur son traditionnel, folk et blues se mélangent sur quelques discrètes notes électroniques, avec la voix de Sadam toute en retenue, laissant des chœurs élever le morceau vers ses sommets. Tellalt se fait quant à lui groovy malgré un ton doux-amer, symbolique des inquiétudes grandissantes sur l’avenir des touaregs en particulier et du monde en général.
Tamiditin belle ballade folk ou Tinfoussen prolongent discrètement la douleur alors que l’espoir revient au son du Azaman Amoutay, étonnant blues ambient ou l’ultra énergique Tin Arayth. Essam, c’est tout ça, ombres et lumières, puissance et délicatesse, permettant aux 5 musiciens d’Imarhan de nous offrir encore un sommet de Tichoumaren.



