Votre armoire est remplie de jeux de société ? Vous n’avez plus de place ? Vous faites attention à votre budget ? Autant de raisons qui vous poussent à privilégier des jeux au petit format, et nous pourrions même ajouter l’argument écologique. Heureusement, une toute petite boîte peut cacher un grand jeu. En voici la preuve par trois.
Hisse et Oh de Pierre Viau – Les Tontons Joueurs – 2026

Le coup de coeur de ce début d’année. Illustré par Tony Rochon et pensé par Pierre Viau, Hisse et Oh est un énième jeu sur l’univers des pirates, mais il fait partie de ceux qui resteront dans notre armoire. Et pas pour prendre la poussière. Pensé pour des parties courtes et dynamiques de 3 à 5 joueurs, ce jeu couronnera les fins stratèges, mais surtout les joueurs les plus fourbes.
Le principe est limpide puisque quatre cartes sont placées au centre de la table. Elles représentent chacune une île sur laquelle les capitaines vont pouvoir trouver un trésor. Sur chacune de ces îles, les joueurs vont devoir choisir leur camp et nouer des alliances car une seule expédition trouvera le trésor : celle qui joue ses cartes au-dessus ou celle qui joue ses cartes au-dessous.
On pourra donc très bien être allié (mais pas trop, car celui qui aura joué les cartes de plus forte valeur remportera un pourcentage plus intéressant du trésor) sur une île et rivaux sur une autre. L’air de rien, c’est un formidable jeu de stratégie, basé sur le bluff (« je pose une carte de forte valeur ici pour leur faire peur et ne pas avoir de rival, mais vais-je regretter d’avoir gâché si tôt une carte importante ? »).
Ajoutez à cela deux petits twists (une des 4 îles est face cachée, et seuls deux joueurs pourront connaître la répartition de ses trésors, tandis que des cartes action offrent une dimension à la fois stratégique et parfois délicieusement chaotique à l’ensemble), et vous tenez l’un des jeux favoris de ce début de l’année. Expliqué en deux minutes, accessible même pour les non-joueurs, suffisamment stratégique pour contenter les ludistes confirmés, et facile à mettre dans votre sac. Un trésor, sans mauvais jeu de mot.
Snorkeling de Ludovic Lépine – Hauméa Games – 2026
Très belle découverte que ce Snorkeling ! Pensé par Ludovic Lépine et illustré par Justine Vanhuffel, ce jeu permet, comme on le dit parfois dans le jargon ludique, de « taper le carton ». Mais de manière néanmoins stratégique.
A première vue, vous pourrez penser qu’il ne s’agit que d’une énième déclinaison du Uno, puisqu’il faut placer une carte de votre main sur le paquet qui est au milieu de la table en respectant certaines contraintes. En l’occurrence, mettre une carte supérieure d’une unité (un 3 sur un 2, un 1 sur un 0, etc…) ou une série de cartes de la même couleur.
Sauf qu’il y a un twist. Devant lui, chaque joueur possède une carte 5. Elle symbolise le niveau auquel il plonge. Quand les autres joueurs réussiront des combos, ils pourront alors placer une carte 4, puis une 3, et ainsi de suite, jusqu’à le faire remonter à la surface et déclencher la fin de la manche.
Snorkeling, c’est donc un jeu bien plus malin qu’il n’y paraît et finalement hautement stratégique puisqu’il s’agit de gérer sa main pour poser des cartes au milieu de la table, mais également pour faire remonter le niveau de plongée des adversaires. Plaisir immédiat mais immersion profonde. Comme une bonne séance de snorkeling !

Zoïko de Aliénor Simon-Guschemann et Quentin Pillot – Les ingérables – 2026

A première vue, nous pourrions penser que Zoïko surfe sur la mode des jeux thématisés autour de la nature. Mais non car la thématique est réellement en lien avec la mécanique. Et pour ne rien gâcher, des anecdotes concernant animaux et végétaux figurent sur les cartes, si bien que les quelques temps d’attente (pendant que l’adversaire réfléchit ou joue) peuvent être mis à contribution pour enrichir ses connaissances.
Au début de la partie, les deux joueurs se répartiront deux écosystèmes chacun parmi la mer, la montagne, la forêt et la rivière. Cela n’a finalement pas une grande importance puisque les cartes ont des pouvoirs similaires et le jeu est en ce sens parfaitement équilibré.
Les cartes comportent deux faces : un dos commun à toutes les cartes qui comporte quatre encarts pour poser d’autres cartes, et la face qui arbore un animal, un végétal ou des cartes « reproduction ». Ces dernières constituent le graal puisqu’elles rapportent le plus grand nombre de victoires, à condition que les joueurs aient disposé sur le même territoire le mâle et la femelle de l’espèce associée.
Parmi toutes ces cartes, chaque joueur n’en possède que cinq de sa main, et ceci constitue tout le sel du jeu. Il faudra en effet gérer sa main sans sacrifier les cartes essentielles, mais sans toutefois être bloqué. Cette dimension est assez difficile à saisir lorsque l’on découvre les règles, mais très vite, les joueurs vont être confrontés à cette réalité et développeront une stratégie fine. Vivement conseillé, en somme !


