Addict CultureAddict Culture
Font ResizerAa
  • Accueil
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Nos Playlists
    • Interviews
    • Addict Report
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • À l’est du nouveau
    • Littérature Jeunesse
    • Brèves de lecture
    • Lampes de poche
    • Rencontres
    • BD
    • Poésie
    • Documents
      • Biographies
    • Les prix littéraires
  • Jeux de Société
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • Écrans
  • La vie d’Addict-Culture
    • Newsletter
    • Contact
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Devenir rédacteur ?
    • Pourquoi Addict-Culture ?
Font ResizerAa
Addict CultureAddict Culture
Recherche
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Brèves de Platine
    • Nos Playlists
    • Addict Report
    • Interviews
    • Jour de reprise
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • Littérature Jeunesse
    • BD
    • Documents
    • Rencontres
    • Les prix littéraires
    • Poésie
    • Revues
  • Jeux de Société
  • Écrans
    • Séries
    • Cinéma
    • Interviews
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • La vie d’Addict-Culture
  • Informations
    • Pourquoi Addict-Culture ?
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Contact
    • Devenir rédacteur ?
    • Newsletter
    • Politique de confidentialité – RGPD
Cinéma

« Jackie », sans la légende

Nulladies
Par
Nulladies
Publié le 26 février 2017
8 min de lecture
jackie

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#9b000a »]T[/mks_dropcap]oute la grandeur de Jackie tient sur une idée élémentaire : traiter la quintessence de l’Amérique par un réalisateur étranger, à savoir le chilien Pablo Larrain.

Sorti à quelques mois d’intervalle de son précédent et complexe Neruda, ce nouveau biopic emprunte à son prédécesseur la singularité d’une forme, tout en faisant évoluer son regard : Larrain délaisse ici la distance ironique et les transgressions narratives qui faisaient la saveur de Neruda, pour oser l’empathie et le lyrisme.

jackie affiche

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#9b000a »]R[/mks_dropcap]esserré sur une unité de temps assez dense, de l’assassinat de son mari à ses funérailles, le récit tourne autour de la question essentielle de l’image : qu’est la posture d’une first lady ? Alors que Jackie s’était acquittée de sa tâche avec ferveur – en témoigne ces formidables séquences de tournage à l’intérieur de la Maison Blanche lors d’un reportage inside contribuant à faire du lieu, soit disant, la maison du peuple – la voici contrainte à improviser ses adieux à la scène : quel est le rôle à jouer ?

Quelle est la trace à laisser ? Quelle est l’icône à contrôler ?

La question obsédait déjà Neruda : mais la satire d’un poète national que Larrain connaissait trop bien, fait place à un portrait résolument cubiste : Larrain donne accès à des vérités profondes, à la sincérité d’une douleur qui ne va cesser de se diluer, de se fragmenter sous le glacis du protocole. Jackie n’est pas brisée par le système et les conventions : elle les incarne, les intègre, voire les forge elle-même avec une conviction profonde. Elle reprend ce que disent tant d’Américains dans les films à leur gloire :

 « I’m just doing my job ».

La conversation avec un journaliste, une semaine après les événements, est le prétexte d’un récit qui va osciller entre la sincérité et le discours à la nation : le off, dans lequel se logent les plus belles séquences, souvent muettes, et le in, ou comment forger une statue pour la postérité. La musique extraordinaire de Mica Levi l’annonce dès l’écran noir qui ouvre le film : mélancolique, un chant puissant de cordes qui se désaxe de sa tonalité d’origine, comme lorsqu’on ralenti un vinyle à la main : la dissonance de l’authenticité.

Toute la force de Jackie réside dans son montage. Alors que dans Neruda, Larrain usait du procédé un peu poseur du cut, consistant à conduire un même dialogue sur plusieurs lieux différents, il l’amplifie ici sur une voie narrative traversant les lieux et les circonstances. On ne quitte jamais la protagoniste, souvent enfermée dans un gros plan qui ne cesse de lui rappeler à quel point elle est scrutée et doit veiller à garder une contenance.

C’est peu de dire que Natalie Portman excelle dans son rôle : non seulement pour le travail de composition, mais aussi parce qu’elle parvient à montrer le travail d’une actrice, la façon dont un visage se fige et se prête au jeu de la photographie sur papier glacé.

natalie portman dans Jackie

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#9b000a »]L[/mks_dropcap]a diversité des interlocuteurs (son assistante, sorte de coach qui lui apprend à jouer son rôle, son beau-frère, un prêtre, le journaliste) et ses instants de solitude se mêlent en un écheveau complexe qui délivre, par fulgurance, la vérité d’un être. « I lost track of what was real, what was performance », avoue-t-elle au cours de son entretien : Larrain reprend ces diverses pistes et les dissémine sur une palette émotionnelle et graphique de toute beauté : chaque pièce a sa propre couleur, chaque scène son atmosphère lumineuse.

La fragmentation va plus loin, sur la personne de Jackie elle-même qui défile avec toute la gamme chromatique de ses robes dans l’un des sommets du film, son errance alcoolisée dans la Maison Blanche dont elle est désormais la veuve.

Et le morcellement ultime, sur lequel elle revient souvent, est celui de la boite crânienne de son mari, qu’elle essayait de re-solidariser après le deuxième coup de feu. La plus célèbre de ses tenues, le tailleur Chanel rose portée le jour de l’assassinat, restera maculée de sang à sa sortie d’avion : pour, dit-elle, qu’ils voient ce qu’ils ont fait.

L’Histoire s’écrit aussi avec du sang.

La ferveur avec laquelle elle va organiser les obsèques de son mari, jusqu’à une forme de démesure, dit la crainte de ne pas s’inscrire suffisamment dans cette Histoire qui dévore. Toute la finesse du portrait consiste à opérer une double progression : celle d’un succès, la postérité étant la preuve du sens aigu de Jackie en terme de communication, suivie de près par un dépassement intime qui vise à reprendre sa place d’individu.

La très belle conversation avec le prêtre remet les choses à leur place : il lui révèle en substance que faire face à l’obscurité, au silence de Dieu et à l’absence de sens, peut certes conduire au suicide ; mais que la plupart du temps, on se relève le lendemain pour faire couler un café.

Qu’il ne s’agit pas tant d’accepter l’absurde de notre vie que notre capacité à accepter l’inacceptable, et à continuer, tant bien que mal, à avancer.

Que cette réalité ne fait pas pour autant de nous des êtres méprisables.

Après avoir joué avec conviction et succès son rôle de mère éplorée de la Nation, Jackie parle à nouveau à la première personne. De ces obsèques (« That was spectacle », dit le journaliste), elle avoue la vraie nature au prêtre : « That was for me ». Et de les doubler d’un geste autrement plus intime, celui de l’enterrement de ses deux enfants auprès de leur père.

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#9b000a »]J[/mks_dropcap]ackie est devenue un être complet : une légende forgée dans le sang, et qui devient un mannequin aperçu fugacement dans l’ultime scène au sortir d’un camion où l’on produit en série sa statue glamour. Une icône satisfaite de la tâche accomplie au service des artifices de l’Histoire, à l’instar de cette chanson qu’elle écoute en boucle : « One brief shining moment ».

Une femme et une mère en deuil, prête à se retirer de la scène pour enfin laisser le décor s’effondrer sous le prisme informe de ses larmes.

Jackie est en salles depuis le 1er février 2017

Etiquettes2017biopicjackieJackie KennedyMica Levinatalie portmanpablo larrain
Partager cet article
Facebook Pinterest Whatsapp Whatsapp Email Copier le lien Imprimer
Aucun commentaire Aucun commentaire

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le son du jour

Ape Amp
Ape Amp – Worse
Beachboy
Par
Beachboy
10 avril 2026

Annonce

La playlist du moment

Playlist hiver
Playlist du printemps 2026 #01
Lilie Del Sol
Par
Lilie Del Sol
10 avril 2026

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

facebook
Facebook
youtube
Youtube
instagram
Instagram
spotify
Spotify
deezer
Deezer

Mort à la Poésie - Le podcast

Épisode 119 : Marie HL
Barz
Par
Barz
18 janvier 2025

Addict-Culture a besoin de vous !

Avez-vous lu ?

L’étrange beauté de Water From Your Eyes
Brèves de Platine
Frank Rabeyrolles
Frank Rabeyrolles, un doux voyage !
Brèves de Platine
Crack Cloud
Crack Cloud – Safe Room
Le son du jour
Lana Del Rey
Lana Del Rey – White Feather Hawk Tail Deer Hunter
Le son du jour

Étiquettes

2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2023 2024 2025 Actes sud Actu actualité album album 2015 article automne automne2023 automne2024 automne2025 automne 2025 bandcamp bande dessinée Barz Diskiant BD beachboy chronique chroniqueur cinema concert critique culture David Bowie deezer del Differ-ant dominique a electro facebook festival Fire Records folk gallimard hiver interview lectures à voix haute le parisien libraire librairie lilie liliedelsol littérature livre livres Modulor music musique Nantes new music nouveautés musique nouvel album novembre novembre 2025 octobre octobre 2025 paris pias playlist podcast poem poetry pop poème Poésie presse printemps printemps2024 printemps2025 rentree rentrée 2023 rentrée2024 rentrée 2024 rentrée 2025 rentrée2025 rentrée Littéraire rock roman septembre2025 septembre 2025 single sol spotify spring2024 spring2025 summer summer2025 Tout un poème twitter winter youtube

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Sur le même thème

Matthew Kane / Unsplash
Brèves de lectureLittérature Jeunesse

« Miss Pook et les enfants de la Lune » de Bertrand Santini, un voyage effrayant et poétique

20 décembre 2017
Sebastian Pichler / Unsplash
Littérature Etrangère

« Une partie Rouge » de Maggie Nelson : journal intime judiciaire

14 novembre 2017
Cournut
Dans les oreilles exactementLittérature Francophone

« Par-delà nos corps » de Bérengère Cournut

10 avril 2020
Cinéma

Sils Maria d’Olivier Assayas : Au rien s’en vont les nuages.

2 septembre 2014

Informations

  • Pourquoi Addict-Culture ?
  • Soutenez Addict-Culture !
  • La Team
  • Devenir rédacteur
  • Contact
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité – RGPD

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Instagram

❤️ BAM ❤️: Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur t ❤️ BAM ❤️: Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur trois bandes dessinées d'auteurs aussi reconnus que Kris, Etienne Davodeau et Emmanuel Lepage dont le point commun est de vous amener vers des territoires qui, pour des raisons diverses, sont obscurs. Maladie dégénérative, exploration d'un continent méconnu et répression dans le cinéma érotique sont ainsi au programme.
👉 @futuropolis @editionsalbinmichel @etiennedavodeau  @emmanuel.lepage @krisauteurbd @cesco_addict
.

📎https://addict-culture.com/3-bds-pour-explorer-des-contrees-obscures/
🎧 Le son du jour 🎧 : Ape Amp - Worse 👉 @ape.amp @f 🎧 Le son du jour 🎧 : Ape Amp - Worse
👉 @ape.amp @flippinfreaks
.
.
#apeamp #worse #flippinfreaks  #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/ape-amp-worse/
💜 BAM 💜 : The Orielles réalisent leur meilleur alb 💜 BAM 💜 : The Orielles réalisent leur meilleur album avec "Only You left", leur quatrième disque chez Heavenly recordings / PIAS
👉 @theorielles  @heavenlyrecordings @pias_france
.
.
#theorielles #onlyyouleft #heavenlyrecordings #pias #musique #indielabel #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/the-orielles-only-you-left-heavenly-recordings-pias-2026/
❤️BAM❤️: "La solitude selon Lydia Erneman", dernie ❤️BAM❤️: "La solitude selon Lydia Erneman", dernier ouvrage de Rune Christiansen, traduit par Céline Romand-Monnier et publié dans la collection Notabilia. Un livre qui renvoie la vie humaine à son essence naturelle, légère et poétique. Un enchantement.

👉 @editionsnoirsurblanc @runechristiansenfoto
.
.
#runechristiansenfoto #lasolitudeselonlydiaerneman #notabilia #editionsnoirsurblanc
 #instabook #bookstagram 

📎https://addict-culture.com/la-solitude-selon-lydia-erneman-rune-christiansen-noir-sur-blanc-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : La Maison Tellier - la Timidi 🎧 Le son du jour 🎧 : La Maison Tellier - la Timidité Des Arbres
👉 @lamaisontellier @epheliderp
.
.
#lamaisontellier #latimiditedesarbres #ephelide  #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/la-maison-tellier-la-timidite-des-arbres/
🌿🌷🎧☀️ PLAYLIST 🌿🌷🎧☀️ : En ce premier jour de prin 🌿🌷🎧☀️ PLAYLIST 🌿🌷🎧☀️ :  En ce premier jour de printemps, nous sommes heureux de vous offrir la première partie de notre playlist du printemps 2026 !  Elle est dispo sur #spotify #deezer et #youtube ! 
Avec : @thelemontwigs @autourdeluciemusic @the_wooden_wolf @blackcountrynewroad @wignifier @lamaisontellier @widowspeaking @annacalvi @mattberninger @leoniepernet @vonfeltvonfelt @lescop_officiel @jamesblake @pennyarcade_music @foreversean @gorillaz @kevinmorby @matias_enaut @mfarrington_lesuperhomard @youwillgetwellsoon @buzzyleee @jeanfelzine ...

 @howlinbananarecords @skepwax @dominorecordsfr @warchildrecords @talitres @tapeterecords @marion_seury @becausemusic @edbanger @microcultures_records @la_centrifugeuse @william_piel  @capturedtracks

#playlisthiver #playlist #playlistxxl #music #musicaddict #musiclovers  #igmusic #newmusic 

📎 https://addict-culture.com/playlist-hiver-2026-02/
🎧 Le son du jour 🎧 : Witch Post - Worry Angel 👉 @w 🎧 Le son du jour 🎧 : Witch Post - Worry Angel
👉 @witchpostband @partisanrecords @boogiedrugstore
 .
.
#witchpost #worryangel #partisanrecords #partisan #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/witch-post-worry-angel/
💜 BAM 💜: A l'occasion de la sortie de "Hard Hearty 💜 BAM 💜: A l'occasion de la sortie de "Hard Heartyed Woman", son nouvel album chez Sacred Bones/Modulor, partons à la découverte de la très talentueuse artiste canadienne Ora Cogan !
👉 @oracogan  @sacredbones @modulormusic
.
.
 #oracogan #hardheartyedwoman #sacredbones #modulor #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/ora-cogan-hard-hearted-woman-sacred-bones-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Crache - Déferlante 👉 @_crac 🎧 Le son du jour 🎧 : Crache - Déferlante
👉  @_crache_ @howlinbananarecords @ganache_records @helloseeyouinla
.
.
#crache #deferlante #howlinbananarecords #ganacherecords #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/crache-deferlante/
Suivez-nous sur Instagram

Facebook

Tous droits réservés -Mentions légales et Politique de confidentialité. - Addict-Culture 2023

Ne ratez plus nos publications !
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir toutes les infos d'Addict-Culture !
loader

musique
litterature
tout addict

J'accepte la politique de confidentialité*
Environ 1 publication par mois. pas de spam, désinscription à tout moment
Welcome Back!

Sign in to your account

Username or Email Address
Password

Lost your password?