Les jeux pour enfants ont parfois la réputation d’être simplistes. Certains prouvent pourtant que des mécaniques accessibles peuvent réellement solliciter l’observation, la réflexion et l’interaction entre les joueurs. Similo Animaux Sauvages, chez Gigamic, et Oh My Socks !, publié par Helvetiq, en sont deux bons exemples. Avec des règles très rapides à expliquer, ils invitent les enfants à partir de 6 et 7 ans à développer de réelles stratégies pour partager un vrai moment autour de la table.
Créé par Martino Chiacchiera, Hjalmar Hach et Pierluca Zizzi, Similo Animaux Sauvages constitue l’un des nombreux volets de la série Similo. Il en existe dix volets dont certains sont orientés sur les contes, l’histoire ou même Harry Potter. Mais pour les plus jeunes, Similo Animaux Sauvages, comme son cousin Similo Animaux, est assurément le plus adapté.
Ce jeu coopératif de déduction est aussi simple qu’astucieux. Douze cartes animaux sont disposées sur la table. L’un des joueurs connaît l’animal secret et doit aider les autres à le retrouver sans prononcer un seul mot. Pour donner des indices, il pose simplement une autre carte « animal » issue de sa main. Selon qu’il la pose horizontalement ou verticalement, cela signifiera que sa carte a quelque chose de commun ou de différent avec l’animal mystère. Aux autres joueurs d’interpréter ces indices. S’agit-il d’un animal qui vit dans le même environnement ? Qui possède des caractéristiques similaires ? Ou au contraire d’un animal très différent ?
La tension vient du fait que les joueurs doivent éliminer des cartes à chaque tour. Si le meneur de jeu joue un kangourou, on peut supposer que la carte « caméléon » placée parmi les douze au milieu de la table n’est pas l’animal mystère. Mais ne passe-t-on pas à côté de quelque chose ? Similo Animaux Sauvages est extrêmement puissant en ce sens qu’il fait douter les joueurs.
Et si l’animal secret disparaît par erreur, toute l’équipe perd la partie. En une limite de seulement cinq manches, l’équipe doit réussir à se comprendre sans se parler. Cette contrainte crée des moments très amusants, où chacun tente d’entrer dans la logique du narrateur. Le jeu fonctionne d’autant mieux que les illustrations sont très lisibles, ce qui facilite l’observation et la discussion. Et pour renouveler les parties, il est même possible de combiner la boîte Similo Animaux.
Le deuxième jeu au menu du jour est donc Oh My Socks !, que l’on doit aux incontournables Antoine Bauza et Théo Rivière. Ce petit jeu familial est aussi simple qu’efficace et propose un thème universel. En effet, tout le monde connaît ce moment étrange où une chaussette disparaît mystérieusement dans la machine à laver. Ici, le but est justement de reconstituer un maximum de paires avant le lancement de la lessive.
À chaque tour, les joueurs piochent deux cartes chaussettes. Ils en choisissent une et donnent l’autre à un voisin en suivant la direction indiquée par une flèche. Peu à peu, chacun accumule des chaussettes. Le but du jeu est, pour chaque coloris de chaussettes, d’en posséder un nombre pair sans quoi elles ne vous rapporteront aucun point.
Il s’agit donc d’observer en permanence le jeu de vos voisins pour comprendre leurs besoins et leurs intentions. En effet, même si vous possédez huit chaussettes de la même couleur, un voisin indélicat pourrait vous en donner une neuvième et vous faire perdre une partie qui se termine quand la carte « machine à laver » est révélée. Jouable de deux à cinq joueurs, nous recommandons tout de même une configuration à partir de trois joueurs afin que le jeu contienne la note de chaos nécessaire. Les parties sont courtes, dynamiques et souvent ponctuées de retournements de situation. Le principe est immédiat pour les enfants, mais suffisamment malin pour que les adultes s’amusent aussi.
À première vue, Similo Animaux Sauvages et Oh My Socks! n’ont donc pas grand-chose en commun puisque l’un repose sur la déduction coopérative et l’autre sur la collecte de paires. Pourtant, les deux jeux partagent une même qualité. Ils encouragent les enfants à observer, à réfléchir et à interagir avec les autres joueurs, tout en restant très accessibles. L’un fait travailler l’interprétation et la logique collective et l’autre stimule l’attention et la prise de décision rapide. A partir de six ans, il est possible de développer les premières stratégies à moyen terme, et ces jeux exploitent pleinement cette capacité pour des parties qui séduiront aussi bien les grands que les petits.




