Chroniques Musique

Jo Wedin et Jean Felzine, étoiles en feu

« Aux étoiles en feu, j’adresse mes vœux, je supplie : si le Ciel peut, m’accorder un petit peu de répit »

Cette prière à deux voix, en deux langues (anglais et français) au titre si beau, fait partie des nouveaux morceaux du duo Jo Wedin / Jean Felzine sur « Jo & Jean » (Label AT(h)OME). La première est venue de Suède s’installer à Paris il y a quelques années, et a envoûté de son chant de sirène le second, par ailleurs charismatique leader du groupe Mustang. Deux musiciens, deux auteurs et deux interprètes qui se complètent.

Jo Wedin et Jean Felzine
crédit photo Marie Planeille/ graphisme Elodie Le Bihan

Sur ce second album (après Pique-nique paru en 2017), Jo Wedin et Jean Felzine convient pop vintage léchée (coucou Nancy & Lee!), sonorités disco et un petit groove qui monte, qui monte (ah, l’Eternel retour !). Leur accord parfait se joue des écueils propres aux duos (un artiste et une muse, ou l’inverse) tant l’équilibre de cette collaboration est juste et assumé. Explorant l’intimité amoureuse, Jo et Jean se demandent « Comment faire pour être heureux ensemble ? ». Accompagnés par les producteurs Adrien Durand (Bon Voyage Organisation) et Louis Sommer (Venice), entourés de pianos, guitares et percussions éclairant leur envie de 70’s américaines (oui, on pense au Lovin You de Minnie Riperton, mais aussi à Blondie), c’est avec un travail d’artisans que reviennent les artistes polyglottes. En dix titres parfaits, dont une reprise de Kraftwerk en français (Sex Objet) en forme de Bonnie and Clyde, l’album nous prend par le cœur dès l’hymne féministe au refrain suédois « Jag vill inte höra » (Je ne veux plus entendre) qui assomme élégamment le patriarcat de papa « Toi tu peux tout prendre dans ce monde viril, essaye de comprendre, pour toi c’est facile ».

Sur des textes beaux à pleurer, qu’ils parlent de la fragilité du couple (Jamais envie de) ou de ses côtés les plus sombres ((Tu as) Gâché ma vie), Jo et Jean disent avec fièvre et modernité l’amour et ses tourments. Leurs plumes justes et acérées – tantôt sel sur une plaie : « Tu n’as pas de couilles, tu as toujours eu la trouille de réussir ta vie… » ((Tu as) Gâché ma vie) ou sucrées comme l’amour naissant : « Now that I’ve found you I’m afraid everytime you’re out, I didn’t know that love could brings this terrible doubt » (sur le sublime Slavery, où Jo Wedin se mue en petite sœur de Dusty Springfield) captivent, peu importe la langue : anglais, français, suédois. Le tubesque « Quand le mal vous quitte » qui clôt l’aventure, disco synthétique, réunit deux personnages de vrais salauds qu’on adore détester quand Jo et Jean chantent leur âme sombre respective « J’avais ce talent rare de manipulation, j’avais cette lumière noire qui brillait tout au fond, j’étais le pire cauchemar de ta cour de collège, j’étais ce gros connard qui pelotait toutes tes collègues ». La parenthèse enchantée s’achève en beauté. Il faudra patienter pour les voir sur scène, mais on guettera les dates pour les applaudir en 2022 !


 

Jo & Jean Jo Wedin et Jean Felzine

AT(h)OME– 15 octobre 2021

 

Site webFacebookInstagramTwitter


Image bandeau : Crédit Marie Planeille

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page