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Juste deux Justin

Ecrit par boultan

JT

En seconde, je me chamaillais avec mon pote Sébastien pour savoir quel album prévalait entre Closer et Unknowm pleasures – et déjà il me traitait de vendu parce que j’écoutais Ride et les Sundays tandis que lui passait ses journées à taillader des A libertaires sur les tables de classe en marmonnant du Bauhaus. Aujourd’hui, à l’heure de comparer le concert de Justin Timberlake à l’Olympia et son diluvien show printanier du Stade de France, j’avoue, oui, je suis vraiment un vendu !

« Le Stade de France, c’était top, là on va essayer de faire un truc plus intimiste » explique Justin après deux ou trois tubes d’échauffement dont un Pusher Love Girl presque exclusivement chanté par le public (« j’ai un peu bu ce soir » avouera-t-il, peut-être pour expliquer un début de show un brin impersonnel). Bon, intimiste, visiblement, il ne connait pas le mot, JT, et j’imagine que les dîners intimistes avec Jessica impliquent a minima les choeurs de l’Armée rouge accompagnés d’un Big band au grand complet et d’une formation cocaïnée de Batucada : l’Olympia semble parfois trop petit pour l’énergie déployée par les Tennessee Kids, mais au moins on nous épargne les moments intimistes qui étaient les seuls loupés du Stade de France, à savoir une reprise mollassonne du dieu Michael et une autre, un peu embarrassante, d’Elvis, dont le costume à franges pailletées demeure trop grand pour quiconque essaie de l’endosser.

A défaut de ballades sirupeuses chantées a capella, JT, affublé d’une chemisette à éclairs que n’aurait pas reniée Theo Huxtable, a la bonne idée d’adapter son show en piochant un peu plus profond dans son répertoire, en ré-orchestrant beaucoup de titres et en raccourcissant encore des chansons déjà compactées au Stade et qu’il a, sur disque, tendance à délayer et à étouffer sous la production.

Et passé un micro-ventre mou lors d’une poignée de titres mineurs issus de son dernier 20/20 Experience ou de sa période Gloria Estefan (les arrangements de Señorita et Let the groove get in n’ont pas très bien vieilli), le déluge de titres imparables reprend (Mirrors, Take back the night, Suit & Tie, Sexyback), scandés par un wonderkid généreux, impressionnant show man qui emporte le morceau sans discussion – même si on a le droit de préférer la version Stade (davantage de place pour guincher, une hostilité climatique qui instillait un peu d’imprévu dans les rouages bien huilés du concert, et infiniment moins de casse-couilles uniquement concernés par l’enregistrement du show en intégralité depuis leur smartphone monté sur périscope)(Dieu miséricordieux, faites qu’un jour une coloscopie de fortune opérée dans un hôpital moldave avec le même appareillage leur fasse définitivement passer l’envie de consacrer leurs concerts à capter une vidéo tremblante au son saturé pour crâner le lendemain sur Youtube) Amen.

 

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