Les éditions Casterman rééditent un grand classique de leur collection BD : L’autoroute du soleil (Baru), dont la première parution date de 1995 (après avoir été publiée au Japon dans le magazine Morning au tout début des années 90) ! Un sacré road trip en même temps qu’un plaidoyer politique contre le racisme et l’intolérance.
L’ouvrage a reçu le prix du meilleur album au festival international d’Angoulême en 1996. À l’époque, les plus de 400 pages travaillées et la narration hors-normes annonçaient un style de roman graphique à part, qui allait inspirer des auteurs tels que Davodeau et Larcenet.


Le miracle dans tout ça, c’est que 30 après, la BD n’a rien perdu de sa superbe. Le rythme est haletant – même s’il faut passer parfois au-dessus de certains raccourcis – et le propos politiquement engagé.
L’autoroute du soleil raconte la fuite de Nancy à Marseille d’un Français d’origine maghrébine prénommé Karim et d’un fils d’immigré italien qui s’appelle Alexandre. Le premier est aussi beau, séducteur invétéré et sûr de lui que le second peine à se regarder dans une glace, manque totalement de confiance en lui et voue au premier une admiration sans bornes.


Tous deux forment un tandem détonnant et souvent complice, malgré les menaces puis les attaques répétées dont ils vont être victimes de la part d’un ponte de l’extrême droite, raciste, cocu et violent, dénommé Raoul Faurissier. Cet homme puissant, pervers et avide de vengeance, n’aime pas les Arabes, qu’il adore bastonner et traquer avant disparition définitive…
Un programme pour le moins expéditif qui va néanmoins se heurter à de nombreux écueils, générant moult rebondissements et témoignant au passage d’une ambiance délétère symptomatique de la France du début des années 90.

Coups tordus, coups dans la gueule et 400 coups : dans l’autoroute du soleil, tous les coups sont permis, qu’ils émanent de personnages à priori de confiance comme de la bande de copains de Faurissier, assoiffés de sang et pas très regardant sur les trafics louches.
Heureusement, la justice existe dans ce bas-monde. À commencer par celle qui va consister à redonner vie à une Facel Vega HC 500 moteur Chrysler, un coupé fabriqué entre 1958 et 1961, et oublié depuis 30 ans dans le fond d’un garage…



