Chronique Musique

Le Volume Courbe

Ecrit par Beachboy

Ce n’est pas parce que nous sommes en 2016, qu’il faut déjà tirer un trait sur l’année précédente, surtout quand on a été bouleversé en toutes dernières minutes par une petite merveille d’album… je sais, il est sorti fin octobre mais le temps que j’en fasse le tour, on a déjà changé d’année.

Il a beau en effet être très court, moins de 30 minutes, le I Wish Dee Dee Ramone Was Here With Me (Quel titre !) du Volume Courbe ne se découvre pas facilement et mérite qu’on y retourne encore et encore.

Charlotte Marionneau alias Le Volume Courbe ne m’en voudra pas d’avoir quelque peu trainé à parler de son nouvel album, en tous les cas, elle n’a pas intérêt, car ça fait quand même 10 ans qu’elle même m’a fait poireauter à attendre la suite du remarquable I Killed My Best Friend.

le volume courbe

 

Charlotte Marionneau est allée chercher le nom de son groupe auprès du sculpteur Marcel Marionneau quelque part en Vendée avant de filer s’éclater à Londres à la fin des années 90 et signer ses premiers singles avant la sortie de I Killed My Best Friend, enregistré chez elle en compagnie de quelques amis fort recommandables comme Kevin Shields, d’ailleurs toujours présent sur son nouveau disque, Hope Sandoval ou David Roback, on a connu pire pour donner un coup de main.

Malgré un gros buzz fort justifié à sa sortie, Le Volume Courbe se fit rare pendant près de 10 ans, quelques rares EP, une participation auprès de Television Personalities avant enfin un retour inespéré avec ce fameux I Wish Dee Dee Ramone Was Here With Me.

Ne vous méprenez pas sur le titre de l’album, ici, on est loin de l’univers punk rock des Ramones, à part la longueur des chansons, non, chez Le Volume Courbe, on se ballade plutôt entre Gainsbourg et My Bloody Valentine, une Mazzy Star lo-fi, une petite souris aphone qui se rêverait Nina Simone… oui, c’est aussi étrange que cela en a l’air.

 

Le Volume Courbe est capable de vous balancer Rusty et The House, 2 des meilleures pop songs de l’année tubesques en diable malgré leur grain de folie puis d’aller piocher dans le répertoire de Roky Erickson (magnifique version tout en douceur en compagnie de Kevin Shields) et Nico pour un Le Petit Chevalier sur laquelle sa voix enfantine fait des merveilles.

Ailleurs, on trouvera quelques vignettes expérimentales qu’on croirait issues d’une BO fauchée d’un film de science-fiction des années 70 ou encore des folk-songs décharnées, on entendra de drôles d’instruments, Charlotte passera de l’anglais au français pour des paroles souvent décalées à l’humour très noir, on croisera des berceuses à donner des cauchemars à nos chers bambins. C’est tordu, c’est tordant, ça intrigue, ça peut parfois même énerver qu’on se sent obligé d’y revenir pour trouver toutes les clés.

I Wish Dee Dee Ramone Was Here With Me est un sacré disque, envoûtant souvent, intéressant toujours. Il est disponible directement sur le site du Volume Courbe.

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