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Les coups de cœur de fin d’année en librairie

fin d'année en librairie
Illustration : Holy(me)
Voici la sélection « cadeaux » d’une partie de l’équipe des chroniqueurs littéraires ! Il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges ! C’est sûr, vous y trouverez votre bonheur ! Picorez, lisez, soyez curieux et éveillez la curiosité !

carré littéraires dec 2015

Dessin de Holy(me)

  Les coups de cœur de Delphine

Dautremer

Dautremer (et vice-versa)
textes de Tai-Marc Le Thanh, Tishina, Octobre 2015

En 2012, les Éditions Tishina faisaient le pari de proposer des romans illustrés pour les adultes.

Après Soie et Le Soleil des Scorta, magnifiquement mis en images par Rebecca Dautremer et Benjamin Bachelier, leur troisième opus est cette année entièrement consacré à Rebecca Dautremer. Des inédits de l’artiste et les textes de Tai-Marc Le Thanh donnent du piquant et de la légèreté à cet ouvrage qui se lit « vice-versa ». Une jolie réussite.

Dans la lumière déchirante de la mer

Dans la lumière déchirante de la mer
E. Pignon-Ernest/K. EspinosaActes Sud 2015

Récit d’un compagnonnage artistique entre le poète-cinéaste Pier Paolo Pasolini et l’artiste Ernest Pignon-Ernest, ce magnifique ouvrage retrace sous la plume lumineuse de Karin Espinosa une aventure picturale unique et singulière.

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Un petit bois mystérieux
Susumu Shingu, Gallimard Jeunesse, Octobre 2015

Une promenade poétique dans un petit bois mystérieux… Une magnifique pop-up minimaliste et épuré qui ravira petits et grands !

 

  Les coups de cœur de Barriga 

Et quelquefois

Et quelquefois j’ai comme une grande idée
Ken Kesey, Monsieur Toussaint Louverture

La réédition chez le même éditeur, le génial Monsieur Toussaint Louverture, d’un chef d’œuvre de la littérature américaine un peu méconnu en Europe, de Ken Kesey, auteur également de Vol au dessus d’un nid de coucou. Notre éditeur ne fait pas les choses à moitié, il ne s’agit pas d’un simple passage en semi poche, mais vous avez bien en main en format compressé, une sorte de Pléiade revisitée en beaucoup moins onéreuse, avec qualité de papier, de typographie, et une traduction remaniée, un magnifique contenant qui ouvre une nouvelle collection « Les grands animaux » dans le catalogue de la maison. Le contenu n’est pas mal non plus et vous pouvez (vous) offrir les yeux fermés un livre plein d’aventures, loufoque, drôle, cynique, social, des grands espaces sur près de neuf cent pages.

Au bonheur des listes

Au bonheur des listes
Shaun Usher, Editions du Sous-sol

Après Au bonheur des lettres paru l’année dernière, les éditions du Sous-sol reviennent avec une nouvelle anthologie signée par Shaun Usher. Elle compile des anecdotes de personnes célèbres ou non des listes, des archives intimes d’instants de vie, parfois cocasses, souvent touchants. Ainsi nous avons la liste des choses à faire de Léonard de Vinci, les pour et les contres du mariage selon Charles Darwin, etc. Un livre qui séduira tous les amoureux des anecdotes et des savoirs en tout genre.

  Les coups de cœur de Poulpy 

Brillants

Les Brillants
Marcus Sakey traduit de l’anglais par Sébastien Raizer, Gallimard, Série noire, 2015

On les appelle les Brillants, depuis les années 80, 1 % de la population naît de manière inexplicable dotée de pouvoirs hors du commun. Face à  cette menace sans cesse grandissante, le gouvernement a décidé de fliquer ces anormaux, via une une unité spéciale. Lorsqu’une partie des ces brillants bascule dans la clandestinité pour mieux mettre à mal l’ordre mondial, l’agent spécial Cooper, brillant également, est chargé de les poursuivre, et si besoin de les éliminer. Suite à un attentat spectaculaire dont il est accusé, c’est toute sa vie qui va basculer.

A mi-chemin entre le thriller et la SF, voilà un polar passionnant et troublant du fait de sa résonance avec les récents événements de novembre.

  Les coups de cœur de El Paco

tempête au Haras

Tempête au haras de Jérémy Moreau et Chris Donner paru aux Editions Rue de Sèvre. Nov 2015

Chris Donner, auteur de littérature jeunesse, s’associe ici avec Jérémie Moreau pour adapter son propre roman. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Si je ne connaissais pas le travail de l’écrivain, je connaissais par contre celui de Jérémy Moreau avec l’excellent album « Le Singe de Hartlepool » qu’il avait réalisé avec Wilfrid Lupano. Si le propos n’a rien à voir, l’universalité du sujet traité reste par contre de mise.

Chris Donner nous plonge ici dans le quotidien d’un haras normand tenu par un couple de Français. Il est la propriété d’un riche Allemand suffisant, qui est peut-être le seul bémol que je trouve à cet album. Ce genre de personnage m’insupporte, mais là c’est plus le côté caricatural de son trait qui m’a par moment agacé. Sorti de ce détail, le reste de l’album est parfaitement maîtrisé, tant pour ce qui est de la narration ou du dessin.

Le plus marquant reste bien sûr le personnage de Jean-Philippe, notre jeune personnage principal. Si le dur quotidien dû à son handicap forge sa force de caractère, son destin à la fois tragique et magique en fait un récit proche du conte malgré une réalité et un quotidien très pesants. C’est ce qui rend d’ailleurs d’autant plus fortes les scènes où il s’évade sur le dos de son cheval Tonnerre, tout cela renforcé par une mise en couleur audacieuse et percutante de Jérémy Moreau.

Voilà donc une très bonne BD, tant par le sujet abordé que par la façon de le traiter, surtout pour un album destiné à la jeunesse. Ça fait plaisir de voir que nos têtes blondes ont aussi le droit à de très bons albums, où l’originalité graphique et les sujets abordés sont intelligents et bien traités.

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Aliénor Mandragore de Thomas Labourot et Séverine Gauthier paru aux Editions Rue de Sèvre , sept 2015

Moi qui ai longtemps trainé mes guêtres dans les divers méandres de la littérature arthurienne et même fait de belles balades du côté de Brocéliande, j’étais assez curieux de voir ce qu’allait donner cet (énième ?) album sur un thème très largement traité.

Mais notre duo d’auteurs Séverine Gauthier et Thomas Labourot s’en sort à merveille ! Loin de suivre des sentiers rebattus, ils ont su trouver un très bon équilibre entre respect des repères classiques et attendus, et libertés certaines, qui permet d’apporter un petit coup de fouet et de sang neuf au cycle arthurien.
Les idées de Séverine Gauthier sont plutôt bonnes, et ses personnages en sont le parfait exemple. Entre un Merlin scotché sur la mycologie qu’il tente tant bien que mal d’inculquer à sa fille Aliénor qui, elle, n’a pas encore franchement réussi à avouer à son père que, comment dire… les champipi c’est pas son truc… C’est d’ailleurs un des points forts de cette série qui se lance ; les relations entre les personnages sont vraiment intéressantes et pleines d’humour.

Le dessin de Thomas Labourot est pour sa part très réussi et donne à cette série un côté frais, pep’s qui colle parfaitement à ce renouveau apporté à cette tripotée de personnages archiconnus, et devrait conquérir le public jeunesse par ce côté dessin animé du graphisme.

Bref, ce premier opus fonctionne très bien et ne demande qu’une suite rapide !

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SuperS de Dawid et Frédéric Maupomé paru aux Editions de la Gouttière – Août 2015

Voilà une BD jeunesse très prometteuse !

Les éditions de la Gouttière m’avaient déjà fait de l’oeil avec Enola et les animaux extraordinaires, c’est encore une très belle publication qu’ils nous proposent avec en duo Dawid au dessin et Frédéric Maupomé au scénario. On est tout de suite plongé dans ce trio étrange d’enfants dont les parents semblent avoir disparus sans qu’on sache pourquoi au début. Le puzzle se recompose petit à petit pour nous faire découvrir l’origine de ces trois drôles, qui semblent bien en peine pour se faire discrets et se fondre dans le quotidien de leur école.
C’est frais, prenant, coloré et l’histoire est intelligente : on est vite conquis ! Les personnages sont attachants et les aventures qu’ils vont rencontrer nous font dévorer cet album chatoyant (magnifiques couleurs !).

Une des meilleures BD jeunesse de cette année pour moi, j’attends la suite avec impatience.

équinoxe

Les Equinoxes de Cyril Pedrosa aux Editions Dupuis – Sept 2015

Plutôt adepte du travail de Cyril Pedrosa que je suis depuis ma découverte de « Trois ombres », j’étais curieux et assez impatient de voir ce qu’il nous avait concocté après le très réussi « Portugal ».

Car avec « Portugal », Cyril Pedrosa avait à mon sens franchi un cap. Narration et surtout graphisme ont atteint une maturité qui font la marque de fabrique d’un auteur de talent : en ouvrant un de leurs albums on sait d’emblée à qui on a affaire.

Avec « Les Equinoxes », pas de nouvelle rupture, mais encore un palier de franchi. On sent que l’auteur a su asseoir sa patte graphique en la poussant encore dans ses retranchements. Son travail sur la couleur est notamment assez exceptionnel. Il alterne au fil de sa narration des retranscriptions d’ambiances, de ressentis et de sentiments, uniquement par le biais de son graphisme. C’est juste impressionnant. Alternant une palette bigarrée et très contrastée et des planches de noir et blanc, tout en passant par des camaïeux de violets par exemple à certains moments, Pedrosa se joue de la couleur mais jamais gratuitement.

Car tout cela est bougrement bien pensé et agencé pour servir une narration maîtrisée. Ce récit qui peut sembler très éclaté quand on attaque cette lecture, à cause des multiples personnages qui apparaissent successivement, trouve rapidement son rythme et impose ses jalons pour nous immerger dans ce bain de sensations et d’émotions subtiles. C’est même déconcertant comment tout ces quotidiens qui s’effleurent et se croisent parviennent à tisser une trame qui nous semble si familière. On se reconnait tous plus ou moins dans tel ou tel trait de caractère d’un des personnages.

Même les intermèdes de noir et blanc enchaînés de texte brut n’arrivent pas à entamer le fil de notre lecture. Ces instantanés qui s’étirent sur quelques pages nous plongent encore plus profondément dans l’âme de ces personnages qui semblent apparaître par hasard, capturé par le regard de cette jeune photographe un peu paumée. Ils nous permettent d’apprécier encore davantage la plume de l’auteur qui nous régale déjà par les dialogues savoureux et souvent drôles qui éclaire ces tranches de vies conduites par un doute omniprésent.
Bref, ce dernier album savamment dosé qui s’interroge sur nos fragilités et l’équilibre précaire de nos existences m’a enchanté par sa justesse et la qualité de la capacité de l’auteur à retranscrire en images sensations et sentiments, choses souvent impalpables et difficilement descriptibles.

Voilà un album riche, d’une grande sensibilité et d’une qualité graphique qui confirme le talent de son auteur.

goût

Un homme de goût de Cha et ElDiablo, aux Editions Ankama, collection Hostile holster, 2 tomes

Ahhhhhhhhhhh !!!! Voilà une très bonne surprise! Moi qui cherchais quelque chose de croustillant à me coller sous la dent depuis quelques temps, me voilà servi ! « Un homme de goût » nous la joue fromage ET dessert en nous proposant un album aux p’tits oignons et au mordant bien senti !

Et c’est ElDiablo qui nous fait cette faveur, retrouvant pour l’occasion Cha avec qui ils s’étaient déjà fait remarquer dans la même collection avec Pizza Roadtrip. J’avais déjà également bien tripé sur la série Monkey Bizness toujours en cours avec Polza (et même eu la satisfaction de les interviewer à Angoulême en janvier dernier) ; cette fois, plaisir et saveur sont tout autant au rendez-vous, même si on change de parfum. Les relents d’une civilisation malmenée laissent place à une subtile sauce chasseur…

Jamie Colgate, ex-flic en retraite anticipée ne vit plus que pour mettre la main sur celui qui est à l’origine de sa situation. Laissée pour morte et mutilée 30 ans plus tôt par ce criminel hors norme, elle n’aspire qu’à une chose : coincer ce monstre ! Proies et prédateurs se cherchent, s’affrontent et se mélangent en flirtant avec le fantastique, l’Histoire et nos contes traditionnels, pour nous plonger dans un récit captivant et très bien menée

C’est vrai qu’on était bien, là, complètement plongé dans cet univers qui sors des sentiers battus ! Surtout que le dessin de Cha nous immerge rapidement et complètement dans les différents ambiances et périodes qui composent et s’enchainent dans cet album. Son travail sur le trait et les couleurs sont juste parfaits à mon goût ! Ils s’adaptent et s’ajustent à l’histoire à merveille, tout en préservant une unité à l’ensemble. Si certains qui s’y sont essayé se sont parfois perdu en route pour nous composer au final un patchwork miteux, ici on est loin de tout ça ; on donne plutôt dans la marqueterie !

Alors, si vous avez envie de vous plonger dans un album qui sors des sentiers battus, bien foutu et audacieux, allez donc de ma part vous faire servir chez votre libraire un menu Hostile Holster.

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Zaï Zaï Zaï Zaï, de Fabcaro aux Editions 6 Pieds Sous Terre, mai 2015

Voilà un album surprenant ! Fabcaro, toujours aussi barré et efficace dans l’absurde nous concocte là un album qui prend à parti notre quotidien en exacerbant ses travers les plus menus pour pointer du doigt de façon subtiles des folies et non sens de notre société.

C’est toujours aussi désarçonnant, que ce soit de par les dialogues qu’il nous sert ou les situations qu’il propose, et le fou rire n’est du coup jamais très loin. Mais c’est vrai quoi, qu’elle idée aussi d’oublier sa carte du magasin en allant faire ses courses !!!??? Faut être inconscient !!

Le dessin minimaliste et l’utilisation d’une seule couleur marron/vert pour accompagner son noir et blanc donne la part belle à son histoire loufoque. Ses personnages au visages presque absents sont pourtant très expressifs ; que ce soit dans les postures, les positions des mains (sur lesquelles il délire par ailleurs) ou des corps, son trait minimaliste dégage énormément en intention et assoie le tout de manière remarquable.

Alors, si une bonne tranche d’absurde et de rigolade vous tente, je ne peux que vous renvoyer vers cet album qui colle parfaitement avec cette phrase d’Audiard que j’affectionne particulièrement : « Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière ».

  Les coups de cœur de Julien 

Sous la colline

Sous la Colline
David Calvo, La Volte, 2015

Suite à un incendie dans la Cité Radieuse de Marseille, Colline est chargée d’inspecter un mystérieux placard qui n’apparaît pas sur les plans du bâtiment réalisé par Le Corbusier. Ce qu’elle va trouver tout au fond de ce placard va changer sa vie. Roman de genre sur le genre, Sous la colline propose une exploration hallucinée du bâtiment du Corbusier ainsi que des légendes fondatrices de la ville de Marseille. L’imagination totalement débridée de David Calvo, qui signe ici son huitième roman, fait des merveilles et emporte le lecteur dans un roman où la réalité est souvent facétieuse, voire franchement trompeuse. Un grand texte transgenre qui touche aussi par le portrait qu’il dresse de Colline, principal protagoniste et personnage extrêmement attachant.

Theatre des oiseaux

Le Théâtre des Oiseaux
Christophe Ségas, illustrations de Pierrick Naud, Éditions du Chemin de Fer, 2015

Qu’arrive-t-il quand une troupe de théâtre improvisée décide de prendre le contrôle d’une ville en jouant des pièces subversives? De cette situation déjà passablement absurde, Christophe Ségas déroule un drôle de petit roman tenant à la fois du conte sous acide et de la satire sociale. Servi par une écriture incisive et un sens du récit haletant, le Théâtre des oiseaux fera passer le lecteur par toutes sortes d’états jusqu’à sa résolution, forcément surprenante, totalement extravagante. Comme d’habitude chez les Éditions du Chemin de fer, le livre est très beau et illustré de nombreux dessins, cette fois-ci réalisés par Pierrick Naud. A recommander à tous les amateurs de textes OVNI !

 Les coups de cœur de Barz 

schrauwen Arsène Schrauwen
Olivier Schrauwen, L’Association, 2015.

Olivier Schrauwen nous raconte que son grand-père Arsène, en 1947, est parti rejoindre une colonie afin d’y bâtir une cité du futur, Freedom Town. De ce séjour, l’auteur sait peu de choses, il va donc falloir inventer. De la traversée longue et monotone, Arsène se souviendra surtout de la mise en garde qui lui a été faite sur les maladies qu’il pourrait attraper en arrivant. Autant dire que quand il prend place dans la case qui lui est attribuée, sa paranoïa faisant très bien l’affaire, il passera son temps à se munir de précautions pour éviter quelque souci que ce soit. Il tentera aussi de surprendre le boy qui le ravitaille de façon trop discrète pour être tout à fait honnête.
Dans une seconde partie, Arsène doit mener une expédition à travers la jungle afin de rejoindre le site de construction de Freedom Town : un parcours bien évidemment semé d’embûches.
Aventure, exotisme, sexe et effroi, Olivier Schrauwen brasse autant de thèmes que son trait parait minimaliste. Et pourtant, de cette bichromie et de son coup de stylo dépouillés sortiront une richesse de mise en page et de construction du récit.

Audacieux, novateur, insolent, intrigant : un très grand livre.

paulineaparis

Pauline à Paris
Benoît Vidal, FLBLB, 2015.

Joséphine, la grand-mère de Benoît Vidal, lui raconte depuis tant d’années la même histoire : celle de Pauline, jeune femme montée à Paris au début du XXe siècle pour faire des ménages et gagner un peu d’argent. Or, assez vite, Pauline tombe enceinte suite à une aventure d’un soir avec un soldat rencontré au bal. Ne pouvant assumer l’enfant, elle sera contrainte de l’envoyer en pension dans une ferme. Quelques années plus tard, Pauline se liera d’amitié avec un homme fortuné lui proposant de tout mettre en oeuvre pour qu’elle récupère sa fille.
De ce récit « à la Zola » moult fois raconté par Joséphine à son entourage, l’auteur tentera de distinguer le vrai du faux mais surtout de savoir quelle part d’elle-même sa grand-mère raconte-t-elle en parlant de Pauline.
En choisissant de présenter son récit sous la forme d’un roman-photo, Benoît Vidal met dans un premier temps son lecteur dans une position inconfortable : nous ne pouvons nous empêcher de crier au kitsch et au désuet. Mais la formule prend son sens assez rapidement, l’auteur faisant le choix d’alterner les photos de Joséphine racontant l’histoire et des documents d’archives piochés ici et là afin d’illustrer le propos. De plus, et c’est sans doute la plus grande réussite de l’auteur, la parole de Joséphine est restituée d’une telle manière que l’on entend son accent, son vocabulaire, ses tournures de phrases.
Ce n’est non seulement un très bel hommage à sa grand-mère, c’est aussi et surtout un travail quasi ethnographique d’un homme qui restitue une langue française régionale qui n’a pas encore été broyée par le temps et l’évolution.
Très beau, tout simplement.

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