Cinéma

Emotion palpable pour Les Suffragettes

Sufragettes

Les Suffragettes, c’est une invitation pour une avant-première et contrairement à ce qui était annoncé, c’est en version originale sous-titrée, ouf ! Je n’aurais manqué pour rien au monde le délicieux accent de toutes ces actrices britanniques !

Le film nous plonge dans le Londres de 1912 avec des teintes pâles, fades, tristes. La vie est dure. Carey Mulligan, sans fards (potin assumé car dans la société actuelle de l’apparence, c’est une performance) joue le rôle de Maud Watts, une blanchisseuse sans importance dont la vie d’orpheline, élevée dans la blanchisserie et abusée par son patron, ne vaut rien.

Suite à sa rencontre avec des femmes du mouvement Les Suffragettes, militant pour le droit de vote des femmes, elle va se révéler, s’endurcir pour mener la lutte. Le sacrifice ultime et subi lui permettra d’être libérée… de son mari, de son patron, de sa famille. Sa vie sera tournée totalement vers la rébellion, violente et sans retenue, donnant sens à une vie vidée de sa substance.

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Le film nous plonge totalement dans l’univers de la lutte de ces femmes du début du siècle dernier. Le déroulé linéaire, mêlant faits historiques et drames personnels des personnages permet au spectateur de s’identifier, d’être immergé dans la narration. La lumière est parfaite et certains cadrages sont subtiles, très artistiques. Les moments larmoyants ou dramatiques du film (la violence des actes, l’absence de droits parentaux des femmes, les conditions de rétention en prison) pourraient sembler un peu trop dramatisés mais pour avoir regardé des articles sur l’histoire de ce mouvement militant, le choix du pathos est un juste reflet de la dure réalité. La montée en puissance de l’attitude de rébellion de Carey Mulligan se voit petit à petit sur son visage qui se transforme de l’épuisement résigné, à la tristesse, à la colère et à l’espoir.

Meryl Streep fait une apparition éclair en Madame Pankhurst, fondatrice de l’Union sociale et politique féminine. Helena Bonham Carter joue, toute en simplicité, une pharmacienne impliquée mais malade, qui sera protégée par son mari du baroud d’honneur de la lutte. Cette fin, tragique, permettra au mouvement des Suffragettes d’être enfin relayé par les médias et aux femmes d’obtenir le droit de vote en 1918 en Angleterre.

Le film se termine sur des archives. Au-delà, les photos et images d’époque sur un fameux moteur de recherche en tapant Suffragettes sont à ce titre totalement édifiantes, sur l’alimentation forcée en prison et la propagande contre un foyer sans femme ou des militantes caricaturées. Par son film émouvant, Sarah Gavron nous rappelle qu’il y a encore peu de temps, la femme n’avait aucun droit. C’est une évidence qu’il est finalement bon de rappeler. Pour profiter de nos droits actuels. Pour militer pour nos droits futurs.

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