Chroniques Musique

A Certain Ratio illumine Brest

La superbe prestation d’A Certain Ratio au festival Invisible à Brest courant novembre était l’occasion rêvée de revenir sur la carrière exceptionnelle des vétérans mancuniens, des vétérans toujours verts d’ailleurs, tant cette année 2021 les vit particulièrement actifs.

Alors que leur tournée vient à peine de s’achever sous les applaudissements nourris de tous les chanceux qui ont pu y assister, célébrons un groupe, qu’on arrêtera pas d’aimer encore longtemps…Come Together !

Célèbre pour avoir donné la première référence musicale du label Factory en 1979 avec le single All Night Party/The Thin Boys, A Certain Ratio s’est refait une jeunesse en signant chez Mute Records à la fin des années 10.

Depuis lors, le trio (Jez Kerr, Martin Moscrop et Donald Johnson) et leurs proches collaborateurs enchaînent scènes et studios, rééditant tout d’abord leurs 10 albums et compilant ensuite 40 ans de carrière avec ACR : Set puis avec le magnifique et indispensable coffret ACR: Box. Les choses s’accélèrent  avec la sortie de leur 11ème album, l’excellent ACR LOCO, démontrant  en 10 titres imparables, qu’ACR a toujours autant de choses à dire et de gens à faire danser !

Le groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et nous offre rien que cette année, 3 EP’s et Loco Remezclada, un album de remix tout frais sorti, sur lesquels le gratin de la scène musicale actuelle  (The Orielles, The Lounge Society, Lou Hayter jusqu’à l’incontournable Dan Carey) vient payer son tribu au vénérable A Certain Ratio en mixant post-punk, funk, samba et disco comme ils ont su si bien le faire depuis 4 décennies.

Né en pleine période punk, tirant leur nom d’une ligne de The True Wheel de Brian Eno, A Certain Ratio a très vite dépassé les limites du post punk, en particulier avec l’arrivée du batteur Donald Johnson, pour aller trainer du côté du jazz et du funk, l’esprit ouvert et la volonté sans cesse de casser les codes et de se renouveler, atteignant maints sommets, leur chef d’œuvre  Sextet en tête !

 

Aussi exceptionnelle soit-elle, la présence d’ACR au Festival Invisible apparait au final comme logique et naturelle, tant ils partagent originalité et ouverture, prise de risque et bonne humeur.

Ainsi, les mancuniens eurent le plaisir de partager l’affiche avec Babil Dabir et Les Rémouleurs, Bacchantes et les belges de Cocaine Piss,  pour 4 univers bien différents, donnant au final une soirée pleinement réussie voire même carrément exceptionnelle.

Le trio accompagné du claviériste Matt Steele nous offrit une bonne grosse heure de splendides plaisirs musicaux en tous genres, nous entrainant de la froideur de l’Angleterre vers les plages de Rio De Janeiro, concluant sur un Si Firmir O Grido de feu. Auparavant, ACR trouva le juste équilibre entre leurs dernières productions et quelques superbes vieilleries, transformant La Carène en Hacienda, à coup de Shack Up ou Won’t Stop Loving You.

Un bel hommage à Denise Johnson, leur choriste disparue l’année dernière, une diatribe anti-brexit, le groupe semble prendre autant de plaisir que nous, permutant leurs instruments en toute fluidité et sans temps morts et chacun se débrouillant tout aussi bien que son petit camarade !

Nous avons juste la chance et le plaisir d’avoir devant nous un des plus grands groupes anglais de ces 40 dernières années, ayant influencé aussi bien New Order qu’ Happy Mondays, et pourtant, en même temps, nous assistons à un concert de gamins espiègles bondissants et énergiques !


 

Loco Remezclada – A Certain Ratio

 

Mute/PIAS – 05 novembre 2021

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Image bandeau : Beachboy

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