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Magneto – Science Of Attraction

 

magneto-science-of-attraction Esther

Qu’il est bon de ne pas sans cesse devoir parler de la France musicale en des termes peu élogieux. MAGNETO fait partie de ces groupes ultra underground qui mériteraient une exposition bien plus élargie.

Second opus de ce trio énervé, la musique, sèche et concise, exempte de tout effet de manche ou de pédale, musique rêche et pure, à l’image de leur maître à penser, Steve Albini, auquel il est impossible de ne pas penser à l’écoute de ce Science of Attraction. Malgré tout, si l’empreinte de Shellac est impossible à ignorer, cela ne fait pas de MAGNETO un ersatz sans saveur.

Le sentiment qui domine sans partage sur ce disque, c’est sans nul doute la tension quasi permanente qui malmène les morceaux. Dès Greed, les règles sont posées. Rythmes syncopés, guitares acérées et cinglantes, pour un chant tantôt murmuré, tantôt poussé dans ses retranchements. Le groupe déroule alors un sans faute avec Game, plus enlevé, mais toujours aussi tendu, pour une production près de l’os sans artifice. Stuff, qui clôture la première face de ce disque, amène un vent de révolte sur l’album. Le titre commence de manière assez classique, la rythmique et le chante semblent un brin plus posés, puis les choses glissent peu à peu vers quelque chose de plus brutal. Ce qui ressemble à un refrain instrumental s’impose comme le passage magnifique du titre, puis peu à peu les nuages s’amoncèlent, ensuite la rythmique se fracasse au final contre un mur de saccades.

La face B ne s’annonce pas plus suave, au contraire, puisque Soon s’ouvre sur une basse entêtante et des guitares chaotiques et malmenées. Répétitif à l’envi, le titre n’en reste pas moins diablement efficace avec son final presque tribal. Targets ne laisse pas une seconde de répit, le chant semblant être de plus en plus scandé sur un fond de guitares de plus en plus agressives. Malgré tout, la production reste aride comme un désert sans fin, même lorsqu’au sein de ce même titre, la structure prend des allures légèrement plus classiquement rock. C’est le très remuant Jésus qui vient fermer ce disque. Ce titre n’est pas sans rappeler le meilleur de The Ex, notamment dans la façon de déclamer le texte.

Une radicalité s’impose en tout cas tout le long de cet album auquel on pourra tout de même reprocher une brièveté vraiment regrettable. En effet, 23 minutes pour 7 titres, c’est court. Malgré tout, cela n’enlève rien à sa qualité intrinsèque. Ruez-vous donc sur ce disque pressé uniquement en vinyle mais écoutable en intégralité sur leur Bandcamp.

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