Chroniques Musique

Mermonte, pop luxuriante

Si le vent souffle souvent à Rennes, c’est sans nul doute pour pousser les nuages gris et préserver la cité bretonne des ondées. Ceci est bien connu des autochtones malgré quelques légendes automnales bizarroïdes. Parfois, Éole est aussi de la partie, histoire de pousser la chansonnette. Dans cette hypothèse, nous pourrions légitimement nous demander s’il n’y aurait pas une incarnation de ce dieu à travers la personne de Ghislain Fracapane, multi-instrumentiste créatif et maître à penser préférant s’entourer d’un beau monde plutôt que de se produire seul dans son coin.

C’est en 2012 que Mermonte voit concrètement le jour tel un combo branché par une pop orchestrale à l’allure chatoyante. Un deuxième essai apportera encore un peu plus d’emphase en 2014 avec la révélation Audiorama, lui succèdera Mouvement après quatre ans de mise en exergue de projets parallèles pour les nombreux membres du collectif. Sans doute que la collaboration avec le taulier Dominique A aura permis de mettre un peu plus en avant cet idéal combiné à des mélodies enjouées.

Mermonte

En 2022, la flamboyance marque son grand retour. Les expériences glanées ici et là n’ont pas manqué de renforcer le constat d’ossature moderne et aguicheuse. Variations se pose alors avec la dextérité de ses battements, sa plongée bien plus synthétique que par le passé et les petites touches singulières qui marient l’introduction scintillante d’un vibraphone, avec cette montée en puissance permettant de déverrouiller le cadenas. Derrière la porte, il y a mille mondes qui s’agitent. Question mécanisme, il est permis de porter une référence proche des arrangements millimétrés par les allemands de Get Well Soon, la cadence quelque peu sauvage et électrifiée en plus.

A ce titre, Consume s’impose comme le parfait amalgame d’années d’expérimentations personnelles également nourries d’influences multiples. L’album est relativement court et les titres concis. Rien n’est laissé au hasard mais nulle surabondance dans le shaker. Trample renforce le virage pris en direction d’une indie-pop relevée et soignée. Au fil du temps, les vibrations se décuplent quitte à changer le cap, à jongler avec les tentations taquines et moult dialogues fournis. Sur ce point non négligeable, notons un véritable régal grâce au ping-pong exalté par les chœurs à l’unisson du titre In Circles. La transition habile vient ouvrir une nouvelle fenêtre. Underwater s’immisce au moyen de développements plus denses, la concrétisation des assemblages s’emparant alors d’une évidence, entre uniformisation des mouvements et progression ajoutant du sel sur les quelques pistes instrumentales intelligemment placées. La dernière des variations sonne la fin du récital avec sa prestance proche de de la signature d’un certain Jean-Benoît Dunckel et la basse de son acolyte aérien.

Je vais être honnête avec vous. Il arrive finalement qu’il pleuve en Bretagne mais on s’en contrefiche complètement puisque nous possédons déjà la musique idoine pour endurer la météo morose.


Variations – Mermonte

 

Room Records / Idol – 30/09/2022

 

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Image bandeau : Anaïs Lecerf / Voyons Voir

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