Chronique Musique

Moonface humain après tout

Ecrit par Beachboy

On pourrait très facilement s’énerver quand on évoque Spencer Krug. Il faut dire qu’avec sa tronche, sa voix et son talent musical, il enterre gentiment la concurrence, l’air de rien. On pourrait aussi s’énerver qu’avec tout ce qu’il a entre les mains, il ne soit pas la star qu’il devrait être, un coup à droite, un coup à gauche, il faut le suivre, le bonhomme.

Oui, mais voilà, il suffit de poser sur la platine, My Best Human Face, son nouvel album sous son pseudonyme de Moonface avec ses amis finnois de Siinai pour tout lui pardonner, tant cet album est encore un coup de maître.

MOONFACE

On s’est beaucoup excité sur le retour de Wolf Parade, avec un nouvel EP sorti courant mai, la réédition luxueuse d’Apologies To The Queen Mary et une nouvelle tournée, 5 ans après que Spencer Krug et Dan Boeckner, son alter-égo maléfique se décidèrent à voler chacun de leur côté.

Forcément, avec tout ce buzz, on est presque surpris de la sortie de ce nouvel album de Moonface, 4 ans après le profond et émouvant Julia With Blue Jeans et son petit frère, le tout aussi remarquable City Wrecker.

My Best Human Face est la seconde collaboration avec le quatuor d’Helsinki, après Heartbreaking Bravery, sauf que cette fois-ci le Moonface With Siinai s’est transformé en Moonface And Siinai. Le changement n’est pas anodin tant les 2 ne font qu’un et forment un vrai groupe dans lequel Risto, Saku, Matti et Markus (j’ai abandonné tout espoir d’écrire leurs noms, vous m’en excuserez !) ne donnent pas leur part aux chiens et participent superbement à la réussite de My Best Human Face.

Des nappes synthétiques de Saku aux riffs ciselés de Risto (il a même le droit à sa chanson : Risto’s Riff) en passant par la rythmique impeccable et implacable de Matti et Markus, le groupe est au diapason de la fantastique voix de Spencer Krug.

Court, tendu et énergique, My Best Human Face est sans doute l’album le plus immédiat de Moonface, sous l’influence krautrockienne de Siinai et une ambiance 80’s très marquée sur certains titres.

L’album a été enregistré au fin fond de la Finlande dans des conditions proches de l’homme des cavernes, basées sur un régime de bananes, clopes et bières avant que Spencer Krug lui apporte sa touche finale, de retour chez lui à Vancouver au Canada.

Moonface commence par nous entraîner un peu hagard, un peu par hasard au milieu d’une boite de nuit pour une ballade soft rock tordue dont il a le secret (The Nightclub Artist) avant de balancer une tuerie avec Risto’S Riff, le morceau le plus énergique avec l’hypnotique Prairie Boy.

L’album excelle aussi bien dans ces morceaux les plus simples que sur les moments les plus aventureux comme sur l’immense montée stratosphérique de Them Call Themselves Old Punks ou la magnifique reprise de City Wrecker, presque aussi nue et émouvante que sa version piano de l’EP du même titre.

On finira sur le contraste parfait entre la voix fragile de Spencer et la guitare conquérante de Risto sur Ugly Flower Pretty Vase et le final ébouriffant du lyrique The Queen Of Both Lightness And Dark pour confirmer qu’on tient là un des meilleurs albums de Spencer Krug, toute périodes et groupes confondus.

Wolf Parade a beau faire son retour, il serait dommage, voire même impardonnable de passer à côté de Moonface And Siinai !

My Best Human Face est disponible chez Jagjaguwar depuis le 03 juin.

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