Cinéma

Coup de maître de John Carpenter au NIFFF !

NIFFF2016_John Carpenter © Nicolas Brodard

NIFFF : John Carpenter y était, et nous aussi.

Il prend son poste au centre, clavier micro, nous salue d’un « Hi I’m John Carpenter », comment ça va Neuchâtel, content d’être là, voilà le premier morceau.

Ou quelque chose d’aussi pragmatique, synthétique, « straight to the point ». John Carpenter annonce la couleur. Pas de chichi.

Démarrent alors les premières notes de la musique du film Escape from NY, soulignées par une projection de morceaux choisis du film. Déjà les poils se dressent, et les larmes se forment. L’émotion m’a totalement gagnée, sous la convocation de centaines de souvenirs, de quelqu’un d’absent à mes côtés, de visages qui ont marqué une vie d’images : Kurt Russell, bien sûr, Donald Pleasance, Lee Van Cleef, Isaac Hayes, le si touchant Ernest Borgnine, Harry Dean Stanton et la belle Adrienne Barbeau.

La famille NY 1997 au grand complet, avec son créateur en chair et en os, devant nous.

NIFFF2016 - John Carpenter © Nicolas Brodard

NIFFF2016 – John Carpenter © Nicolas Brodard

Ce temps-là, on le sait tous, est privilégié. Impossible à retenir, chacun s’occupe à déguster ce plaisir personnel de la manière la plus complète qui soit, dans une sorte de vibration fanatique positive et ultra respectueuse.

La scénographie a pu surprendre par sa simplicité, mais elle suffit pour faire le pont entre les compositions de musiques de films immédiatement reconnues, et celles des Lost Themes, soutenues par de seuls effets de lumière, laissant à nos esprits mâtinés de films d’horreur et fantastiques de quoi « fill the blanks »…

Et ça fonctionne.

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Ouvrir avec Escape from New-York et clôturer avec Christine, c’est passer de rythmes cardio tendus aux envolées rock limite métal, et oui, ce grand écart est possible et reste cohérent. La tension, la noirceur, le cynisme et l’humour, tout ce qui a toujours fait la patte de Carpenter, à l’image de l’intro de « They Live » (Invasion Los Angeles), stoppée dans un faux faux-départ, le temps que tout le monde chausse des lunettes de soleil dans un énorme clin d’œil au film. (Pincement au cœur, Roddy Piper)

John Carpenter, accompagné de ses musiciens, quitte la scène comme il y est entré, souriant et saluant de la main en mâchant son chewing-gum. Cet homme prend très certainement tout sérieusement à la légère, ou tout légèrement très au sérieux.

Ce festival n’a commencé ni fini avec ce concert, mais il en a été le point d’orgue, assurément.

Concentré dans le centre-ville de Neuchâtel, petite ville à caractère plutôt tranquille, le Nifff est présent dans suffisamment de salles pour proposer une programmation riche, et correctement organisé pour pouvoir la suivre sans crainte de bousculade de planification ou de chevauchement de séances.

Et cette année encore, le panel est large. Très large. Du film de zombies tamoul, du super héros italien, des sirènes polonaises, des cannibales françaises, du vampire sud-africain, du barbu parano-futuriste, du baby killer sur route, de l’esprit ravageur, de la faille spatio-temporelle, du poltergeist iranien, du désespoir pré-ado australien, du désespoir sénior scandinave, du délire cadavre sur île déserte, et de la vie conjugale banale et horrible…

Alors à qui sera attribué le Narcisse 2016 ? Pari pari pari.

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