Chronique Musique

Pale Saints, inoubliable folie !

À chaque changement de décennie, il est d’usage de jeter un œil en arrière et de se pencher sur quelques trésors de nos tendres années. Ce fut donc avec un plaisir immense que nous apprenions la sortie anniversaire du Comforts Of Madness, premier chef d’œuvre des années 90.

La remasterisation du disque des Pale Saints est, sur une note bien plus triste, l’occasion aussi de saluer la mémoire du grand Vaughan Oliver, incontournable collaborateur de 4AD et qui se chargea bien sûr du design de l’album.

C‘est en 1987, à Leeds que le groupe se forme autour de son leader Ian Masters. Pale Saints commence sa carrière en trio avec le guitariste Graeme Naysmith et le batteur Chris Cooper (même si Ashley Horner, guitariste  d’Edsel Auctioneer fera un passage éclair) et gardera cette configuration jusqu’à l’arrivée de Meriel Barham, ex-chanteuse de Lush.

Ivo Watts-Russel, le boss de 4AD les remarque dès leur premier concert londonien et les fait de suite signer un contrat.

Après un premier EP, Barging Into The Presence Of God, qui comprenait déjà le splendide Sight Of You, le groupe attaque donc son premier album et enregistre ses titres au Woodhouse Studio avant de les confier aux mains expertes des producteurs John Fryer et Gil Norton qui retravaillent le tout aux studios Blackwings à Londres.

On retrouve ainsi sur cette superbe réédition, les démos initiales complétées par l’unique Peel Sessions enregistrée par le groupe et diffusée en août 1989, composée de She Rides The Waves, You Tear The World In Two, Way The World Is  et Time Thief .

L’album atteint la 40ème place des charts anglais, Pale Saints continue sur sa lancée et titille les sommets avec les EP Half-Life et surtout Flesh Balloon et sa délicieuse reprise du Kinky Love de Nancy Sinatra.

L’engouement retombe à la sortie du très, très mésestimé In Ribbons, pourtant magnifique et Ian Masters jette l’éponge en 1993, laissant le groupe continuer sans lui, pour un dernier et très digne effort, Slow Buidings sorti en 1994.

C’en est ainsi fini des Pale Saints. Ian Masters fonde Spoonfed Hybrid avec Chris Trout puis se fait de plus en plus rare. Cette remasterisation est donc une superbe occasion de réécouter l’un des plus grands musiciens de ces 30 dernières années.

Coincé entre My Bloody Valentine et Ride, engoncé dans une restrictive étiquette shoegaze, Pale Saints était bien plus que cela et cette édition nous permet de nous replonger dans l’un des plus beaux albums de tous les temps et de rendre hommage au génie de Ian Masters.

Voix de gamin trop timide, portrait d’un jeune homme perturbé et déconnecté, qui, des quelques secondes de silence précédant le déluge sonore de Way The World Is jusqu’aux couinements plaintifs d’un chien malheureux clôturant  Time Thief, nous embarque dans un disque touché par la grâce et incroyablement dense.

Les 11 titres s’enchaînent à une vitesse folle, les guitares saturent et claquent, la doublette basse-batterie impose le tempo au risque de nous brûler les ailes (Fell From The Sun, parfaite reprise de Kendra Smith) ou de nous noyer sous les flots (Sea Of Sound).

Shoegaze certes, mais pop aussi, dream ou noise peu importe. Derrière ce mur du son se cachent en effet quelques splendides mélodies frénétiques (True Coming Dream) ou vaporeuses (Little Hammer). 30 ans plus tard, Comforts Of Madness me fascine toujours autant. Chef d’œuvre en 1990, il le reste en 2020 !


Comforts Of Madness (30th Anniversary Remaster) de Pale Saints

Sorti le 17 janvier chez 4AD Records

 

 

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