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PERE UBU

cosmini

 

Groupe mythique à la fin des années 1970,  PERE UBU vient de sortir chez Fire Records son quinzième album Carnival of Souls. Malheureusement nous semblons ne plus être très nombreux à attendre chaque nouvelle production de David Thomas et ses compères avec impatience, malgré un retour en forme depuis les années 2000 après un passage à vide dans les années 90. Il faut dire que PERE UBU fait tout pour rester à part, plus intéressé par son état d’esprit libre et son attitude que par la défense de leur musique, à l’instar de The Fall. Post-punk, expérimental, art-punk, parfois à la limite de la musique concrète (Dr. Faustus en est un très bon exemple sur le dernier album), David Thomas définit son groupe comme de l’avant-garage, débrouillez-vous avec ça.

Carnival of souls est pourtant un excellent album. Golden Surf II commence par vous coller contre le mur, David Thomas en ébullition, guitares apoplexiques et batterie en fusion, ça crie, ça secoue, on danse sur place le trouillomètre à zéro. Drag the river ralentit le tempo, David Thomas parle plus qu’il ne chante, la batterie cherche l’issue de secours et on expérimente à tout va.

Visions on the moon avec son orgue est superbe, le morceau monte crescendo, s’emballe et retombe élégamment sur ses jambes, David Thomas parle d’une machine composée d’êtres humains, c’est exactement ça.

Après le Dr. Faustus déjà évoqué, Bus Station se fait plus classique, façon de parler avec PERE UBU, s’arrête en plein milieu pour quelques secondes d’expérimentations électroniques avant de repartir de plus belle jusqu’à la Road To Utah, parfaite BO pour un polar glauque. David Thomas nous emmène ensuite au Carnival, on en mène pas large, un singe nous regarde de travers (If you feed the monkey, the monkey will say ‘I love you too’; if you feed the monkey, the monkey will reward you).

Irene est une magnifique ballade avant la fin de l’album en forme de feu d’artifice, Brother Ray (clin d’oeil velvetien) et ses 12 minutes de dissonances, larsens, cris et autres réjouissances, à faire passer Swans pour un aimable groupe pop.

Vous l’avez compris, on n’écoute pas PERE UBU à la légère, on prend des coups, on essaye de comprendre, admiratif et perplexe à la fois. Il faut oser, mais l’investissement vaut le coup, croyez moi.

Procurez-vous l’album sur le Site de Fire Records ou chez votre disquaire.

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