Chroniques Musique

Pleasure Principle, plaisir coupable

La musique, c’est aussi une affaire de label. C’est pourquoi on guette les sorties de Born Bad, toujours à l’affût d’un truc un peu dingue. Les sorties du label Born Bad ont déjà fait l’objet de chroniques ici même, que ce soit pour les doux dingues de Cannibale ou le projet mauritanien de Cheveu et Group Doueh. Aussi, quand ton disquaire te met sur la piste d’un nouveau projet signé par le label, c’est avec plaisir qu’on y va et avec Pleasure Principle, la claque est de nouveau garantie.

D’autant plus que ce premier morceau, J’attends la bombe est carrément d’actualité, C’est donc en français que commence cet album éponyme avec un morceau un peu fou, un peu bricolo, avec boite a rythmes, boucles, guitares, et textes au diapason de l’actu, c’est une véritable pépite que nous avons là. On pourrait penser au Beck des débuts, avec plein de sons bizarroïdes. Poursuivant cette veine post apocalyptique, Dernier homme a carrément un coté eighties, et réussit à être bien planant, tout en étant hyper dansant, avec sa phrase répétée tout du long telle un mantra (Seul sous la nuit, je n’ai besoin de personne, Sous la nuit, je suis le dernier homme).

Pour situer un peu les tonalités, ces premiers morceaux, avec notamment de belles guitares surfs et le chant, évoquent La Femme, autre groupe Born bad. Venera 16 toujours nimbé de sons électroniques est quasiment instrumental mais hanté par une voix féminine qui chante en espagnol, ce morceau rappelle également furieusement la période berlinoise de Bowie, c’est dire.

C’est là qu’on se dit qu’on tient un truc à part, un projet musical un peu extraterrestre, qui pourrait avoir été enregistré dans l’espace, alors, Pleasure Principle c’est qui, c’est quoi ? De cet album, on ne sait pas grand chose, la pochette étant plutôt sommaire en info, c’est en allant fureter sur le site du label que l’on glane quelques infos.

C’est surtout le projet d’un seul homme, Paul Speedy Ramon, multi-instrumentiste, qui a traîné ses guêtres dans pas mal de projets, (dont Bryan’s Magic Tears), et qui a voulu monter son propre projet afin de faire ressortir ce qu’il avait en tête. Surtout de la musique basée sur la répétition, ce qui s’entend à l’écoute de cet album. Suite à un élément déclencheur, la découverte des boucles, il a réussi a mettre en musique tout ce qu’il avait en tête et à condenser toutes ses influences.

Évidemment, la famille Born Bad a été mise a contribution, c’est Paula de JC satan qui donne du chant espagnol sur les deux chansons, c’est Olivier de Cheveu qui a également aidé à porter le projet.

La jungle est un instrumental gorgé de nappes de synthés avec des percus très afro, encore un morceau dingue, qui pourrait être un chacha cubain. The Pleasure Principle, le morceau, démarre sur une belle guitare bien claire, évoquant un peu le Daho des débuts, qui va tourner en boucle avec seulement pour parole la chanson titre, doublée d’une belle guitare à la Heroes. Oui, on est clairement à ce niveau là, cet album rappelle clairement les ambiances et expérimentations de Low ou Heroes, par ses mélodies et par ses sons.

C’est un projet multilingue, français anglais, espagnol ou instrumental. Mariposa rappelle encore cette belle voix espagnole  au chant pour un morceau pop et planant carrément fou. L’ombre de Ludwig von 88 même surgit au détour d’un morceau comme A l’ombre du coolangata géant, avec cette description parlée d’un voyage mystérieux portée par des sons tous aussi planants les uns que les autres. Videolife rappelle ces belles guitares surfs pour un quasi tube qu’on aurait tant envie d’entendre tous les jours à la radio.

C’est un bel album de musicien, sur lequel on découvre de nouveaux sons à chaque écoute. Les adieux au plaisir clôt l’album sur une sorte de ballade spatiale.C’est déjà fini et on redemande encore.


Pleasure Principle / Pleasure Principle

Sorti chez Born Bad Records le 16 novembre 2019

Concerts
  • 14 février – Reignier – Le Poulpe
  • 15 février – Düdingen – Bad Bonn
  • 4 mars – Saint Malo – La Nouvelle Vague

 

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photo à la une : Camille Bokhobz

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