Chronique Musique

« Reliquary For A Dreamed Of World », la nouvelle potion hallucinatoire de 11 Paranoias

Ecrit par Jism

– Salut mon grand !

– Ouais salut !

– Pour les 10 kilos, c’est bon je te les prends mais je voulais savoir : pourrais-tu me filer un petit bonus avec ?

– ?

– J’aurais besoin d’un accompagnement musical pour ce soir, une nouveauté qui pourrait faire décoller une soirée.

– Ahhh ça ! Ok j’ai bien un petit True Widows de derrière les fagots qui accompagne parfaitement ce genre de petite sauterie.

– Euh… ouais… mais non. Un, je connais déjà et deux je recherche du high level tu vois, le genre de disque qui te fasse décoller tu vois, et qui, dans un même élan souverain, décolle le papier peint.

– Ahhhh ce genre ? Bon là, je te conseille de te ruer sur le nouvel album de 11 Paranoïas.

– Connais pas, tu peux m’en dire plus ?

– C’est un trio de Grand Britons créé en 2011 et composé de gars qui ont roulé leur bosse dans le Doom bien enfumé notamment chez Ramesses ou encore Electric Wizard. Tu as Adam Richardson à la basse et au chant, Mike Vest à la guitare et Nathan Perrier en remplacement de l’ex Electric Wizard Matt Greening, reparti chez Ramesses en 2013 mais j’imagine que tu t’en fous. Les gars sortent donc leur troisième album et non seulement il bénéficie du savoir-faire inné du bassiste et guitariste en matière de Doom mais en plus, quand tu pousses l’ampli à fond, tu as droit à des effets peu communs : déchaussage de dents, décollement de plèvre et de papier-peint et en supplément la pièce dans laquelle tu te trouves se gondole comme par magie.

– Ouahhh arrête tes conneries, Ça peut pas être si fort que ça ?!

– Sérieux, tu voulais du high level, là tu vas être servi. Tiens, jette un œil à la pochette, tu comprendras ta douleur. Je te préviens, fais gaffe, ça pique tellement les yeux que tu risques de devenir aveugle.11paranoias-cover-2000px-dark-jpg

– Ouchhh aaaaah ouiiiiii quand même.

– Et musicalement, c’est au diapason de la pochette. Tu rentres dans une dimension différente, un truc cosmique bien barré, sorte de Space Rock complètement embrumé par les vapeurs de Libanais, voire un Doom à la Middian tellement arythmique qu’il en flirte avec le Funeral (Peripheral Metamorphosis  ou encore dans une dimension très mais alors très psyché, à la limite du mantra (Avallaunius) évoluant vers un Noise Rock à la Bardo Pond. Tu vois le style ?

– Aahhh ouiii.

– Et attends, parce que bon, là, y a des mélodies sur lesquelles se reposer. Un peu plus loin, sur Meditation On The Void, les gars abandonnent complètement ce concept, obsolète selon eux, pour se barrer vers une espèce de Drone/Space Rock circulaire et fantomatique dans un premier temps qui va peu à peu monter et se terminer dans un chaos indescriptible.

– Ouh putain …

– Tiens une petite anecdote à leur sujet : quand ils ont présenté la note de frais pour le matériel, les gars de la maison de disque ont fait un arrêt cardiaque en voyant que le budget drogues dépassait de très loin celui des instruments, des amplis et des frais d’enregistrement.

–  ?

– Non, je déconne. Mais bon, tu comprendras ce que je veux dire quand tu mettras le disque lors de ta party. Pas sûr d’ailleurs que Reliquary For A Dreamed Of World aurait été aussi bon sans l’apport des drogues. Disons que le groupe n’aurait peut-être pas autant pris son temps pour développer des atmosphères aussi lourdes, oppressantes ; pas sûr que Vest aurait eu l’audace d’étirer ses riffs sur plusieurs minutes comme il le fait ici, pas sûr non plus que Perrier aurait cogné aussi lentement qu’intensément sur ses fûts. Mais ne va pas croire que Reliquary soit une ode à l’herbe et ses effets apaisants ou encore au LSD, le coup de génie de leur fournisseur, c’est aussi de leur avoir filé du speed à l’insu de leur plein gré. Du coup les Britons ont parfois des coups de sang assez hallucinants. Pour preuve le génial Destroying Eyes et son accélération en milieu de morceau qui te scotche littéralement au fauteuil tout en élevant le niveau dans des stratosphères insoupçonnées ou encore Milk Of Amnesia, toutes guitares dehors, lourd, violent, abrupt et tendu au possible, le genre de morceau qui te fait bouffer le sol en te déchaussant les ratiches au passage alors que quelques secondes plus tôt tu étais perché très haut dans les cieux. En gros, pour résumer, t’imagines que le Floyd ait viré Gilmour pour recruter Tony Iommi à la place et tu auras une idée de ce que peut donner Reliquary.

– Oh putain … Et tu peux me le filer là, maintenant ?

– Bon t’as du bol, doit y avoir un dieu pour les camés de ton genre, il sort tout juste aujourd’hui.

– Bordel on est quand déjà ? ?

– Le 11 Novembre. Si tu veux le commander fais le chez Ritual Productions mais compte pas sur moi pour te le filer. Autrement si tu réussis à lever ton séant de ce canapé avant 19 h, tu devrais le trouver chez tous les disquaires de France disposant encore d’un fond de weed et LSD.

– Oh putainnnnnnnnnnnnnn … aide-moi à me relever.

– Ouais c’est ça, allez, bonne bourre pour ce soir. Et n’oublie pas d’aller chez ton disquaire hein …

 

 

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