A chaque fois, c’est la même chose, il suffit de poser un disque de Shame sur la platine, pour en arriver à la conclusion, que les patrons, ce sont bien les 5 petits gars de Londres et ce n’est pas avec Cutthroat, leur 4ème album que les choses vont changer, bien au contraire.
Certes, Fontaines DC les a gentiment laissé sur place sur la route du succès, mais Shame s’en fout, trop heureux d’être le meilleur groupe du monde sur scène et de nous sortir des albums qui leur ressemblent, foutraques, énergiques et directs, parfaits, quoi.
Pour faire simple, Cutthroat est encore un grand album, bien dans la ligné de ses prédécesseurs. On pourrait même dire que c’est un condensé de l’énergie brute de Songs Of Praise et Drunk Tank Pink complétée par le côté plus expérimental du génial Food For Worms. Habitué à s’essayer à quelques boucles électroniques entre 2 concert, le guitariste Sean Coyle-Smith en a même intégré ici ou là quelques unes sur certains morceaux, comme une nouvelle facette d’un groupe qui ne cesse de se réinventer tout en gardant sa ligne de conduite.
Cutthroat, le morceau en ouverture et qui donne son titre à l’album, encore produit par l’incontournable John Congleton aux Studios Salvation à Brighton, en est un parfait exemple : rythmique de plomb, breaks permanents et la voix trafiquée de Charlie Sheen, tout en continuant à brailler de plus belle des « Motherfucker, I Was born to Die« .
L’album démarre pied au plancher, Cowards Around sonne la charge et fracasse tout sur son passage, alors que Quiet Life promet de devenir un futur incontournable des prestations scéniques de Shame. Nothing Better porte bien son nom et nous remet un coup de pression à coups de riffs rageurs et endiablés.
L’album défile à vitesse grand V, prend une couleur new-wave sur Plaster et carrément pop sur le délicieux Spartak. Charlie Steen est vraiment un chanteur épatant, ses amis guitaristes, Sean Coyle-Smith et Eddie Green emballent en beauté le sautillant To And Fro, tout en nous faisant voyager vers le Brésil, sur Lampiaõ, entre spoken-word, basse post-punk et refrain tropical.
After Party, brillant comme un costume à paillettes, remet le couvert électro, rap et dance floor, avant de repartir de plus belle, le bassiste Josh Finerty et le batteur Charlie Forbes en apnée tout le long d’un Screwdriver d’enfer. Packshot est le plus long morceau de Cutthroat, par ailleurs particulièrement ramassé (12 titres en 37 mns), morceau typique de Shame, le calme avant la tempête avant une montée en tension et une explosion salvatrice.
Un dernier passage par la piste de danse avec l’excellent Axis Of Evil et nous voilà au bout de ce Cutthroat, enthousiasmant et réjouissant nouvel album des juste parfaits Shame !

Shame · Cutthroat
Dead Oceans – 05 septembre 2025


