Chronique Musique

Son Lux – Mains d’orfèvre

son lux
Son Lux/Lisa Wassmann/City Slang
Écrit par Ninie Peaudchien

Des failles, des ruptures, des contrastes, des chocs. Pour son nouvel album Brighter Wounds, Son Lux n’a pas choisi la facilité d’un itinéraire fléché. Oubliez la ligne droite, on emprunte ici des chemins parfois tortueux.

Le trio a choisi, en effet, de poursuivre ses expérimentations sonores et de façonner un son audacieux et qui explore plusieurs directions, quitte à en dérouter plus d’un. Il serait dommage cependant de laisser cet album sur le bas-côté.

Emblématique et au cœur du disque, le titre All Directions avec ses percussions et la voix trafiquée de Ryan Lott incarne la multiplicité des mouvements de cet album qui se refuse à tout statisme et étiquette.

L’album s’ouvre sur le presque tremblotant mais émouvant Forty Screams, pétri de regrets, petite flamme qui prend progressivement de la force et de l’ampleur avec l’arrivée de ses synthés. Changement de cap ensuite. Tout en contraste, le suit le martial et spectaculaire Dream State. Les cris de ses chœurs et le dynamisme insufflé par sa rythmique nous envoient une puissante décharge qui nous colle une furieuse envie de fuite en avant.

Bien loin de cette énergie, le groove doux et mélancolique de Slowly aurait plutôt tendance à nous faire ralentir le pas. Quant aux titres Labor et Aquatic, ils nous clouent sur place, deux épures où le piano règne et sur lesquels Ryan Lott module sa voix pour nous entraîner dans une large palette d’émotions en montagnes russes, chant aigu et poignant sur le premier, fragile et presque éraillé sur le second.

On ne se laisse pourtant pas aller à une sensiblerie larmoyante, vite réveillés par les saccades et les cuivres de The Fool You Need et le rythme de Surrounded qui résonne en parfait écho à All Directions. Le court Young apporte une légère respiration, une petite pause nécessaire avant de s’envoler vers le dernier titre flamboyant Resurrection.

On parcourt, dans Brighter Wounds, dix titres qui se confrontent les uns aux autres tels des plaques tectoniques, dans un ensemble cependant harmonieux. Dix chemins possibles comme les lignes de la main, emplis de blessures, d’inquiétude mais aussi d’espoir. La mappemonde sensible et onirique d’une lithosphère musicale qui mérite que l’on s’y arrête longuement pour la ressentir pleinement et voyager loin, très loin.

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Brighter Wounds de Son Lux
Sortie le 9 février chez City Slang

Son Lux sera en tournée en février :

13 – Lausanne (Les Docks)

14 – Zurich (Mascotte Club)

15 – Lyon (L’Epicerie Moderne-Feyzin)

16 – Nantes (Stéréolux) COMPLET

17 – Bruxelles (Ancienne Belgique)

18 – Lille (L’Aéronef)

19 – Paris (La Cigale)

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