Chronique Musique

Superchunk encore et toujours indépendant

En 1993, un tout jeune Beachboy continue d’explorer la scène rock indépendante américaine, dans les traces de l’Hüsker Dü de Bob Mould et du regretté Grant Hart. Il fait donc un tour par la scène de Chapell Hill en Caroline du Nord et tombe en arrêt devant la classe de Archers Of Loaf, le groupe d’Eric Bachmann et surtout Superchunk, dont le génial On The Mouth vient de sortir et s’intègre dans le haut de la pile de ses disques préférés de tous les temps.

En 2018, Superchunk sort What A Time To Be Alive, son onzième album, qu’on accueille les bras ouverts, aussi nostalgique qu’enthousiaste par les temps présents.

Avant On The Mouth, Superchunk a déjà sorti quelques disques dont un 45 tours dénommé Slacker Motherfucker, bien symbolique de l’époque et 2 albums Superchunk et No Pocky For Kitty.

Le groupe tire la quintessence de l’époque, une coolitude qui frise l’indolence, mais une musique noisy qui parle aussi bien au cœur qu’aux pieds, Superchunk m’a fait chialer et suer à l’écoute exaltée de The Question Is How Fast ou Precision Auto, petites bombes mélodiques passées au mixer.

Le groupe (Mac McCaughan, Laura Ballance, Jim Wilbur et Jon Wurster, le line-up n’a pas changé depuis 1991 !) commence sa carrière chez Matador Records mais les abandonne lorsque ces derniers signent un accord de distribution avec Atlantic Records. McCaughan et Ballance décident en effet de rester indépendants et créent Merge Records pour en faire une des maisons les plus audacieuses et talentueuses de ces vingt dernières années.

Leur premier disque sur le label arrive en 1994 avec l’excellent Foolish, la décennie se poursuit avec quatre autres 33 tours dont le fortement conseillé Come Pick Me Up, avant une longue pause au début des années 2000 et la sortie de Here’s To Shutting Up.

Pour être plus précis, le groupe continue de tourner et d’enregistrer quelques titres pendant les années 2000, mais se concentre surtout sur le développement de leur label.

En 2010, retour aux affaires, avec la sortie de Majesty Shredding en 2010, puis I Hate Music en 2013 avant donc What A Time To Be Alive cette année.

Le groupe semble avoir retrouvé une nouvelle énergie tout le long de ces 11 nouvelles chansons toujours aussi mordantes et ciselées au cordeau, l’élection de Trump les ayant surement motivés pour se remettre au combat.

Certes, l’urgence des premiers disques s’est quelque peu atténuée et la voix de Mac McCaughan porte un peu le poids des ans, mais il suffit de quelques secondes pour retrouver le sourire, avec une pointe de nostalgie, le pied qui bat la mesure sur les excellents morceaux que sont Lost My Brain ou bien Erasure et Bad Choices, sur lesquels on notera la présence de Katie Crutchfield et Stephen Merritt des Magnetic Fields.

La rythmique est impeccable, toujours la même depuis près de 30 ans, les solos de guitare sont aussi jouissifs qu’approximatifs et vous donnent l’envie de sauter partout comme si vous aviez de nouveau 20 ans. Reagan Youth, Dead Photographers et Cloud Of Hate font même basculer mon vieux petit cœur d’indie kid, la larmichette à l’œil, les cervicales maltraitées par ce succulent pop punk.

Superchunk reste un modèle du genre, à l’instar de Yo La Tengo et Dinosaur Jr, on les aimera toujours, bon an mal an, mais c’est d’autant plus vrai dès lors qu’ils nous sortent des disques de cette qualité !

What A Time To Be Alive est disponible chez Merge Records/Differ-Ant depuis le 16 février.

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