Chronique Musique

S.W.E.A.T. petite bombe punk de Raymonde Howard

Écrit par Jism

Faisons bref mais court : tu recherches un(e) artiste pouvant couvrir avec son album trois décennies de musiques actuelles ? Tu aimes le punk, le DIY avec quelques touches d’électro et l’indie-rock équipé de tronçonneuses ? T’as pas plus d’une demi-heure à perdre à l’écoute d’un disque et surtout t’as besoin que ce soit intense ?

Va pas plus loin et précipite-toi sur S.W.E.A.T., nouvel album de Raymonde Howard.

Raymonde Howard, c’est le projet de Lætitia Fournier et S.W.E.A.T. est la suite de Lit, première B.O. et second album de Raymonde, sorti il y a trois ans, et remarqué pour son ambitieuse concision.

Avec S.W.E.A.T., elle persiste dans la concision tout en revenant aux fondamentaux : chant/guitare/loop station, le concours de Jean-Christophe Lacroix au violon sur deux morceaux, et le punk en ligne de conduite.

Ce qui donne un album court (vingt minutes au compteur), très simple, direct, sans fioritures et d’une putain d’efficacité. Pas besoin d’arrangements complexes : un chant très suggestif, une guitare, des boucles, et un talent inné pour conjuguer mélodies et énergie devraient suffire à vous tenir en haleine. Parce que S.W.E.A.T., c’est un mix parfaitement équilibré d’électro lo-fi barrée façon Suicide, d’urgence à la Kas Product et d’indie-rock avec maîtrise des montées, mini-hymnes, sensualité et folie à tous les étages.

Évidemment, il est difficile voire impossible de ne pas évoquer PJ Harvey et notamment l’album Dry (cf Submarine), ainsi que des groupes comme les Slits et le militantisme des riot grrrls (qui inonde tout l’album et plus particulièrement Terrortits et Punktuality évoquant la déconnade d’un Sexy Sushi), mais S.W.E.A.T. va au-delà de ces références et propose à l’auditeur un disque à la fois régressif (c’est simple, accessible, garanti sans prise de tête comme le meilleur du punk) et invitant à la réflexion (notamment sur l’aspect transgressif de la sexualité, les rapports soumission/domination, la condition des femmes dans une société phallocrate, proche en cela d’une Kim Gordon).

Pour résumer, il y a tout ça et peut-être même plus encore dans ce S.W.E.A.T. aussi bref et intense qu’une éjaculation précoce, jouissif par bien des aspects mais reflet assez juste d’une société qui n’en finit pas de régresser. Jouissif (beaucoup) et frustrant (un peu), soit deux adjectifs à fleur de peau allant comme un sweat sensuel à cet excellent S.W.E.A.T..

Sorti le 9 juin chez We Are Unique Records en cd et chez Specific en vinyle, ainsi que tous les disquaires militants et féministes de France et de Navarre.

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