
Whitney K
Bubble
Fire Records
12 septembre 2025
Découvert un peu par hasard en 2021 avec l’excellent Two Years, le canadien Konner Whitney s’était de suite incrusté dans les musiciens à suivre de très près, tant ce fils spirituel de Dylan et Lou Reed exerçant sous le nom de Whitney K dégageait un talent d’auteur-compositeur assez rare. L’EP Hard To Be God paru l’année suivante confirma en version ++ tous nos espoirs et pas seulement les nôtres.
Depuis lors, Whitney K a en effet signé chez l’excellent label Fire Records, donnant ainsi l’occasion à son nouvel album Bubble une exposition plus conséquente et fortement méritée. Actif depuis une dizaine d’année, c’est le moment pour le natif de Montréal de passer la vitesse supérieure avec ses 13 nouvelles chansons pop et country rock enregistrées à la maison et produites par des membres de son groupe, Michael Halls et Josh Boguski, ce dernier, vieux compagnon de route déjà présent dans le 1er groupe du canadien, KoKo.
Le single, Heaven sorti en juin dernier nous avait déjà mis l’eau à la bouche, avec sa nonchalance affichée, cela tombe bien car c’est le morceau qui ouvre ce magnifique Bubble, annonçant une teinte country-rock qui perdurera tout le long du disque jusqu’aux dernières mesures du très détaché Lately.
L’album dégage un charme immédiat, porté par de petites perles comme Something Strange, croisement lumineux de Beck et Eels ou le très cool et émouvant Freud Estate avec ses charmants chœurs féminins ou bien le très accrocheur Apocalypse Rock. Bubble a tout l’air d’un album modeste et sans prétention, mais plus on l’écoute, plus sa classe tout en coolitude, s’affirme, un Bill Callahan aurait été fier de compter parmi ses chansons, le superbe TV Dreaming et on n’est guère surpris de voir notre sympathique canadien donner une suite ou un épilogue au Jolene de Dolly Parton, rien que ça.
De sa voix trainante et chaleureuse, entouré d’une omniprésente et magnifique pedal steel guitar, Whitney K multiplie les belles chansons comme d’autres des petits pains, tout en douceur sombre comme sur les très Loureedien Sunshine 2 ou Morning After ou plus vivement comme sur le génial Rosy, qui tourne en boucles dans nos petits cerveaux débordant de félicité. Whitney K a tout d’un grand, et ce Bubble aussi léger que classieux en est encore une éclatante démonstration.



