Chronique Musique

Yorkston / Thorne / Khan – Everything Sacred

Je pourrais me la jouer Wikipedia et vous dire qu’un Sarangi est une vièle à archet jouée en Inde ou au Népal, je pourrais aussi parler de choc des cultures entre Edimbourg et New Dehli voire de fusion et musique du monde quitte à vous voir fuir à toutes jambes.

Non, je me contenterais juste de signaler que le Everything Sacred de James Yorkston, Suhail Yusuf Khan et Jon Thorne est un sacré foutu bon album, touchant même au sublime dans ses meilleurs moments.

yorkstonthornekhan_everythingsacred

Jon Thorne est un contrebassiste anglais connu principalement pour avoir collaboré à Lamb. Musicien de formation jazz, il a également travaillé avec un tas de gens talentueux comme King Creosote, Robert Fripp ou Badly Drawn Boy.

Suhail Yusuf Khan, né à New Dehli en 1988 est donc un joueur de sarangi, il fait partie du groupe indien Advaita et est le petit fils de Ustad Sabri Khan, un des maîtres du Sarangi, qu’il fit connaitre en Occident en accompagnant Yehudi Menuhin.

Du trio, c’est James Yorkston, le plus connu, enfin du moins, je l’espère, car si vous ne savez pas de qui je parle, lâchez sur le champs cet article et courrez au plus vite chez votre disquaire préféré.

De Just Beyond the River à I Was A Cat From A Book en passant par When The Haar Rolls In, notre folkeux écossais, seul ou avec The Athletes, a déjà à son actif de très, très bons albums, tout à fait indispensables pour tout amateur de folk songs toutes simples à fortes charges émotionnelles.

Les 3 compères se sont donc réunis pour ce Everything Sacred, soit 8 morceaux qui se baladent entre expérimentation et  musique traditionnelle indienne, folk à la Incredible String Band et improvisation. On n’oubliera pas  de mentionner la magnifique présence vocale de Lisa O’Neill sur les 2 reprises de Ivor Cutler, Little Black Buzzer et de Lal Waterson, Song For Thirza.

I’m sitting on the top of the word….my bum is cold, paroles belles et drôles à la fois, génial Ivor !

Le disque commence par Knochentanz, longue improvisation de près de 14 minutes qui commence tout en douceur avant une escalade impressionnante et les vocalises de Khan, qui, à l’instar de Jon Thorne impressionne de virtuosité alors que James Yorkston, comme il le dit lui-même avec une pointe d’humour et de modestie, et on n’est pas obligé de le croire, fait de son mieux pour suivre.

On retrouve cette confrontation amicale contrebasse/sarangi sur le court et beau Vachaspati/Kaavya alors que la guitare de James Yorkston aura le dernier mot sur le final Blues Jumped The Goose, comme quoi l’adorable écossais est loin d’être un manche.

Les autres morceaux font la part belle au chant, on a déjà cité les 2 superbes reprises, on pointera le poignant Everything Sacred, le morceau qui donne son titre à l’album et ses paroles qui résonnent au cœur de cette année si flippante. L’émotion ne nous lâchera pas également lorsque Suhail Yusuf Khan s’envole sur Sufi Song ou que James Yorkston nous rappelle ses meilleurs chansons sur Broken Wave.

Finalement, j’ai évoqué toutes chansons, tous les morceaux, c’est beau, c’est tout sauf démonstratif et empesé, 3 musiciens très très doués jouant simplement ensemble.

Everything Sacred est disponible depuis le 15 janvier chez Domino Recording.

Site OfficielSite Officiel de James YorkstonFacebookTwitter

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