Back to... Chronique Musique Holy(me)

[Back to 1967] Bowie se relève de son échec commercial

bowie
Dessin de Holy(me)
Ecrit par Sixtine Josselin

Le premier album du regretté David Bowie, sorti le 1er juin 1967 chez Deram Records, est un véritable flop. Qui aurait pu imaginer que le roi du glam rock puisse manquer de succès ! L’album David Bowie, mélange de variété, folk et de pop humoristique, l’a conduit à repenser sa carrière. Et pourtant, une proposition faite la même année fera de lui la star qu’il est devenue.

Débutant en 1964, jouant pour divers groupes, David Bowie suit la tendance et publie quelques titres rhythm’n’blues et rock. Il ne composera lui-même son premier album qu’en 1967. Alors que les Pink Floyd, The Velvet Underground, The Rolling Stones ou encore les The Beatles sortent en même temps des albums poignants de modernité, l’œuvre de Bowie semble légèrement ringarde et à côté des tendances de l’époque.

Une pop entraînante, une voix angélique et pure, un concept music-hall original, un brin de folie, tout semble pourtant parfait pour que David Bowie soit une réussite. Il y a déjà dans cet album l’âme de l’artiste qu’il deviendra, et les notes traduisent une mise en scène propre à Bowie. On ressent notamment l’influence de Bob Dylan et Anthony Newley et le décalage voulu par l’artiste. Une singularité qui entraînera sa volonté d’innovation musicale et son goût prononcé pour le glam rock.

 

À seulement 20 ans, le jeune Bowie compose 14 titres, partagé entre une pop un peu trop basique et des inspirations personnelles plus audacieuses. Une certaine naïveté se dégage des titres du chanteur, comme dans son titre Sell Me A Coat. Il est difficile d’y voir ses futures productions ! Certaines chansons comme Rubber Band, Join the Gang ou Little Bombarder s’approchent davantage de son style loufoque et poétique.

Il est vrai, cependant, que l’album qui manque d’identité musicale n’est pas le plus époustouflant qu’il ait fait. Moins abouti que les suivants, son échec commercial amènera Bowie à se tourner vers le bouddhisme.

Hé oui, le grand David Bowie aurait pu être… moine tibétain. Passionné de bouddhisme, il rencontre un lama tibétain et lui fait part de son envie de se reconvertir. Dieu merci, ce lama béni lui conseille de continuer dans la musique, un domaine qui lui serait plus bénéfique.

C’est grâce à cette même année 1967 que sa future carrière connaîtra un véritable tournant. En effet, on lui propose d’adapter la chanson française Comme d’habitude, alors chantée par Claude François. N’ayant droit qu’à dix jours pour l’adaptation, il se fait rattraper par Paul Anka qui achètera les droits de la version originale et sortira le succès international My Way. Vous ne voyez rien venir ?

Méconnu et privé de réussite, Bowie se vengera. En 1971, alors qu’il se promène dans les rues londoniennes, il compose en quelques heures Life on Mars ? La chanson est une « prise moderniste » de la chanson de Paul Anka, comme l’expliquera Bowie lors d’une interview. Elle reprend les mêmes accords que My Way. Voilà sa fortune ainsi récupérée et un succès bien mérité !

C’est cependant la chanson Space Oddity, sortie en 1969, qui sortira cet incontournable artiste de l’ombre et lui permettra de véritablement débuter sa phénoménale carrière. Oubliant lui-même David Bowie, il considérera sa deuxième œuvre comme son premier album. À l’instar des différentes phases musicales par lesquelles il passera, David Bowie a su être un phœnix renaissant éternellement de ses cendres.

Site officiel

  •  
    18
    Partages
  • 17
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •   

Ajouter un commentaire