ÉphémérideMusique

28 septembre : 1991, mort de Miles Davis

Quand on pense à Miles Davis et à son parcours féroce, surgissent, au-delà des morceaux les plus connus, des qualificatifs que d’aucuns voudraient se voir attribuer à un moment ou un autre de leur vie : ténacité, intelligence, anticipation, curiosité, radicalité, ouverture… Miles Davis se distingue par une esthétique du silence, elle-même façonnée par une seule règle : le refus de la concession. Très vite, il a rejeté avec véhémence la caricature d’Oncle Tom que les Blancs nourrissaient à propos de la communauté noire américaine.

Visionnaire, il a su faire évoluer sa musique sans jamais dénaturer sa patte, reconnaissable entre mille : le son long. Ce son était le sien et il en était fier. Son jeu, intense mais pudique, était d’une justesse absolue.  Intenses étaient aussi ses histoires d’amour, qui l’ont consumé autant que l’obsession de sa propre image, qu’il a décidé d’exploiter jusqu’à la nausée.

S’entourant des meilleurs instrumentistes qui jouissaient, à son contact, d’une liberté d’expression sans précédent, celui qui refusait obstinément de regarder derrière a atteint, malgré les tunnels sombres qu’il a dû traverser, son objectif nourri depuis l’enfance : l’éternité.

Morceau choisi : He loved him madly, morceau de 32 minutes composé par Miles Davis, véritable cri d’amour désespéré suite au décès de Duke Ellington en 1974. Tiré de l’album Get Up with It.

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