
Beth Orton
The Ground Above
Partisan Records
26 juin 2026
Alors que Trailer Park va bientôt fêter ses 30 ans, la grande Beth Orton fait son retour avec le magnifique The Ground Above, son neuvième disque, à la beauté envoutante, arrivant même à surpasser Weather Alive, son album précédent, pourtant déjà tout à fait exceptionnel.
Pour ces 8 nouvelles chansons entre terre et ciel, l’autrice-compositrice-interprète anglaise s’est entourée de fidèles collaborateurs comme Shahzad Ismaily, Sam Beste (Vernon Spring), Tom Skinner, Chris Vatalaro et Tom Herbert, assurant elle-même la production d’un disque sur lequel elle évoque ses souvenirs et ses interrogations aux travers le prisme des années qui passent.
La pochette, magnifique par ailleurs, créée par la photographe Kasia Wozniak, annonce ce passage entre rêve et réalité, le sol au dessus de nos têtes, les souvenirs nimbés de mystères au fil du temps qui passe, donnant ainsi l’occasion à Beth Orton de nous envouter aussi bien par sa voix que par ses mots.
C’est d’ailleurs sa voix qui illumine d’entrée The Ground Above, le morceau titre ouvrant magistralement le disque pendant 8 minutes d’extase. Un début tout en douceur, des instruments qui s’installent en contradiction avec des paroles fortes et marquantes (I’m invincible as grief Violent as a blade of spring released….I’m euphoric as a war), puis le morceau s’emballe, la batterie de Vishal Nayal accélère le tempo, alors qu’une lointaine trompette se joint à la sarabande pour une splendide envolée finale. Before I Knew est un autre grand morceau, tout en délicate mélancolie, à la recherche de la note juste, au service des émouvantes vocalises de Beth Orton.
Cigarette Curls se déploie dans des volutes de fumée, entre soul et jazz, et toujours cette instrumentation parfaite, qui peu à peu prend de l’ampleur jusqu’à une fin en apothéose. Waiting est une belle ballade à la fois triste (I’ve been waiting for the hurting to stop) et optimiste (Waiting for the right time to come) qui peu à peu se dévoile et illumine, sous le charme de la trompette de Christos Stylianides et la flute de Jesse Chandler. Celestial Light porte bien son nom, lumineux et céleste, mélodie légère superbement orchestrée. I’ll Miss You a l’émotion à fleur de peau, on navigue quelque part entre Tindersticks et Mark Hollis, c’est juste beau tout simplement..
The Ground Above tend vers l’apaisement, glissant vers une pop baroque aux couleurs jazz comme sur un Love You Right enchanteur avant un Otherside qui conclut l’album en apothéose, morceau le plus immédiat qui te donne envie de faire les chœurs à gorge déployée. And I sing out for my freedom I sing out for my life I sing out for another day, quel plaisir d’entendre chanter Beth Orton, chanteuse exceptionnelle comme elle le prouve ici encore une fois !



