Combat de boxe, magouilles mafieuses et collaboration avec l’ennemi… L’histoire de Kid Francis, qui fut champion de France poids coq à 18 ans et champion d’Europe à 19 ans, mêle tout cela à la fois. Un étonnant récit, dont se sont emparés Grégory Mardon et Marius Rivière.
Il s’appelait Francesco Buonagurio, né en octobre 1906 au cœur du quartier de Saint-Jean, sur la rive nord du Vieux-Port de Marseille. Cet homme là, né de parents italiens immigrés, a grandi au milieu de maisons closes, de clubs de jazz, de cafés et de bars. La BD suit son parcours, à la fois rocambolesque et tumultueux. C’est que, des histoires comme celle-là, elle est en or !


Rendez-vous compte, Kid Francis n’a pas 20 ans quand il devient champion de France de boxe. De quoi vous faire tourner la tête, d’autant que le garçon commence à palper un peu d’argent et fait la rencontre, par exemple, de Maurice Chevalier. Voilà pour la belle époque, qui conduira notre boxeur jusque sur les rings des States, croisant sur sa route Al Capone mais aussi Charlie Chaplin et Joséphine Baker.
La grande Histoire va pourtant rattraper notre brave héros, qui cherchera à préserver tant bien que mal son intégrité et son honnêteté. Hélas, c’est sans compter sur le contexte collaborationniste de la seconde guerre mondiale, qui va l’acculer et le mener à sa perte.


Le potentiel narratif est tel que les 2 auteurs de la bande-dessinée ne se sont pas trompés en choisissant de traiter et d’illustrer ce sujet. Un travail de longue haleine, qui a nécessité de leur part une importante recherche documentaire et la nécessité de clarifier des zones d’ombre. Il en sort un ouvrage vibrant et passionnant, porté par un regard quasi cinématographique, où l’émotion a toute sa place.

En lisant la BD, on pense ainsi à la force et à l’ambiance de films tels que Les Incorruptibles, de Brian de Palma, ou Les Sentiers de la perdition, de Sam Mendes. Il y aussi beaucoup de tendresse dans la manière de traiter les personnages, notamment quand il s’agit d’évoquer les relations de Kid Francis et de sa mère. On pense alors à Pagnol ou Marcel Aymé, dont Marius Rivière revendique d’ailleurs une large part d’inspiration.



