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Boogarins et la dissolution des rêves

Ecrit par Beachboy

boogarins-manual

Faudrait vraiment que j’arrête un jour de chroniquer du rock psychédélique, non pas parce que le style a souvent frisé la surdose, mais parce que les vrais bons disques du genre ont la particularité de venir de pays pour le moins inattendus et de porter des titres invraisemblables, qui me mettent au supplice devant mon clavier.

Après les excellents suédois de Dungen, voici en effet le second album de Boogarins, Manual, ou Guia Livre de Dissolução dos Sonhos  (vous ne m’en voudrez pas de le réduire à Manual, merci d’avance de votre compréhension).

Comme nos amis scandinaves, Fernando Almeida, le chanteur s’exprime dans sa langue natale, à savoir le portugais, ce qui d’ailleurs participe au charme de leurs albums.  Boogarins est en effet un groupe brésilien, originaire de Goiana exactement, capitale de l’état de Goias, situé dans le centre Ouest du pays.

Outre Fernando Almeida, Boogarins comprend l’excellent guitariste Benke Ferraz, le bassiste Raphael Vaz et le batteur Ynaia Benthroldo. Après un 1er album As Plantas Que Curam, le groupe revient donc avec ce Manual enregistré dans un premier temps à Gijon en Espagne pendant leur première tournée européenne, avant de l’achever dans le Home Studio de Benke à leur retour au pays.

Musicalement, Boogarins pioche dans le rock et la pop psychédéliques des 60’s/70’s, Os Mutantes, bien sûr et toute la scène Tropicalia brésilienne mais on pense également à des groupes comme The Byrds, Moby Grape ou Love. Malgré ses influences très marquées, le groupe, toujours à l’instar de Dungen, sait néanmoins garder une fraicheur et une originalité qui évite le piège de la pale copie et nous donne un album très, très agréable.

Avalanche,  après un court instrumental, nous met de suite dans le bain, on s’embarque en effet pour un joli voyage tortueux entre envolées psychédéliques et ballades délicates parfois ciselées à coup de guitares tranchantes. Tempo et Falsa Fohla de Rosto se voient ainsi bousculer en pleine paresse, comme une vague qui viendrait s’abattre alors qu’on a les doigts de pieds en éventail en bord de mer.On croirait même parfois entendre My Bloody Valentine, perdu sur une plage brésilienne, ça peut paraitre étrange, mais dans tous les cas, c’est très beau.

Si le chant tout en douceur de Fernando Almeida et la ferveur de Benke Fellaz font tout le sel de Boogarins, leurs 2 compères assurent à la rythmique et donnent encore plus d’ampleur à l’album, plus puissant et carré que le pourtant déjà très jouissif As Plantas Que Curam. Les titres s’enchainent impeccablement de l’épique 6 000 Dias au subtil Benzin, en passant par Cuerdo, autre pièce de choix du disque.

Manual, ou Guia Livre de Dissolução dos Sonhos est un très joli disque, frais et ingénieux, sans esbroufe et pourtant superbement joué. Du bel ouvrage, tout simplement.

Le 2ème album de Boogarins est disponible depuis le 30 octobre chez Other Music Recording/PIAS. Pour les parisiens, retenez la date du 18 novembre, nos amis brésiliens seront au Klub, pour un concert qui devrait réchauffer l’atmosphère !

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