Littérature Francophone

Bruit dedans d’Anna Dubosc, l’autofiction bouleversante

Les lecteurs d’Anna Dubosc se souviendront sans doute de Koumiko, édité chez Rue des promenades en 2016, où l’auteure évoquait le portrait de sa mère qui avait fait une vilaine chute et dont la mémoire commençait à s’étioler. Dans Bruit dedans, nous retrouvons la narratrice aux cotés de sa mère et toutes les personnes qui gravitent autour d’elle, Jean Philippe, Dani qui fait une hémorragie cérébrale, les amis. Et enfin Julien, qui a une importance dans la deuxième partie du roman.

C’est un roman sur la vie, des tranches d’existence délivrées de manière brute. Nous sommes plongés dans une écriture de l’immédiateté, le roman se construit sous nos yeux, page après page, une expérience d’autofiction, une écriture automatique avec les questionnements et les doutes de la narratrice.

C’est surtout lors de la deuxième partie que ce laboratoire d’écriture s’affirme. C’est avec la rencontre d’un certain Julien que le roman prend sa tournure plus que personnelle puisqu’ici c’est la posture de l’écrivain qui est bousculée. Ces deux-là se sont déjà rencontrés quelques temps plus tôt, Julien développant sans qu’il le sache une aura de fascination pour la narratrice.

Des pans d’écriture brute se retrouvent à la vue du lecteur, comme s’il était assis à côté de l’auteure, des phrases pas encore ciselées avec leurs imperfections. Julien adresse des retours sans concession qui malmènent l’auteure dans son processus créatif. Le lecteur assiste à cet échange entre les deux protagonistes qui semblent tous deux habités dans cette envie d’écrire, ils vivent cet exercice viscéralement.

Dans cette mise en abîme, l’auteure est démiurge de son texte, elle seule sait dissocier le vrai du faux, l’unique détentrice de la véracité de l’histoire qu’elle nous donne à lire, de gommer les frontières entre la réalité et la part de fiction. Le lecteur est fasciné par cette approche créative dont on sent que la narratrice ne sort pas toujours indemne et qui la pousse dans ses retranchements intellectuelles.


 

Bruit dedans d’Anna Dubosc

 

Quidam éditeur, octobre 2020

 

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Image bandeau : Photo by Gabriel Benois on Unsplash

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