Littérature Etrangère

Brutes d’Anthony Breznican « the headmaster ritual »

Ecrit par Gringo Pimento
Le premier roman d’Anthony Breznican, journaliste  américain écrivant pour le magazine Entertainment Weekly s’appelle Brutes et porte très bien son nom (Brutal youth en anglais)

Stephen King le qualifie de « coup de maître : La fureur de vivre du XXIème siècle » et Breznican réussit effectivement un bon livre.

L’auteur choisit d’implanter son histoire à Saint Mike, lycée catholique à la dérive, vivotant grâce à l’aide de l’église. Avec des locaux tombant en ruines, des professeurs plus ou moins déprimés qui font ce qu’ils peuvent et des élèves plus préoccupés par le bizutage des première années que par les études, le ton est donné.

Trois jeunes personnages occupent le devant de la scène : Lorelei, Peter Davideck et Noah Stein. Adolescents tourmentés qui ont déjà de sacrées casseroles derrière eux mais qui arrivent à Saint Mike pour vivre le pire.
Première année tous les trois, ils vont être la cible de persécuteurs pendant de nombreux mois.

Amitié, trahison et menaces rythment Brutes.

brutes

L’univers adolescent et ses tumultes amoureux est très bien rendu par Breznican mais il n’y a pas que cela.
Parallèlement, l’auteur nous donne à voir des jeunes en quête de pouvoir sur autrui, cherchant à se rendre populaire par tous les moyens, d’autres préparant une revanche depuis des années telle Hannah Kraut, surnommée « pute à baise » (charmante insulte).

Cette jeune fille, sorte de Carrie (celle de Stephen King), en dernière année, suscite les interrogations de tous.
Elle a tellement subi de choses pendant sa scolarité à Saint Mike qu’elle a juré de faire tomber tous ses tortionnaires. Une rumeur court. Elle a un carnet dans lequel sont notés tous les sombres secrets des élèves. Hannah Kraut doit les révéler le jour du pique nique de fin d’année.
Qui sera l’allié de qui? Quel élève prendra la place d’Hannah en tant que souffre douleur du lycée?

D’autres petites intrigues viennent densifier Brutes. Des bassesses et heureusement aussi quelques moments d’amitié.
La scène de remise des diplômes fait inévitablement penser à Carrie, l’influence d’un professeur en particulier sur ces jeunes au Maître des illusions de Donna Tartt et l’intransigeance de certaines personnes au Cercle des poètes disparus.
Nous pensons à toutes ces influences pendant la lecture de Brutes. Cela n’a rien de gênant.
Il y a parfois un petit côté naïf chez certains personnages mais d’autres sont tellement dans la perversité et la manipulation que nous tournons les pages avec impatience, nous demandant jusqu’où osera aller Anthony Breznican.

Brutes d’Anthony Breznican, traduit de l’américain par Mathilde Tamae-Bouhon, Editions Denoël et d’ailleurs, juin 2015

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