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Les coups de cœur littéraires de fin d’année – 1ère partie

Ecrit par Lilie Del Sol

  Les coups de cœur de Barz

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Danse de la vie brève

Melitza et Evo, deux amants magnifiques, sont contraints de quitter Mexico et de partir en cavale à travers le Mexique, jusqu’à Oaxaca, leur point de chute, ville en pleine ébullition à cause de grandes manifestations d’enseignants. Nous lisons le journal posthume de Melitza que son père a découvert et qu’il commente. D’un romantisme magnifique et d’une grande modernité : le plus beau livre de 2016.

Hubert AntoineDanse de la vie brève, Editions Verticales, 2016

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A l’ouest des ombres

Seyhmus Dagtekin est un poète kurde né en 1964 et arrivé en France à l’âge de 23 ans. Depuis, il écrit de la poésie. Ce dernier recueil démarre par un manifeste poétique de six pages d’une force ahurissante, et au propos absolument nécessaire. Les poèmes à suivre nous entraîneront dans de nombreuses spirales hypnotiques et sensorielles que seule la poésie peut nous procurer. Essentiel.

Seyhmus DagtekinÀ l’ouest des ombres, Le Castor Astral, 2016

  Les coups de cœur de Célina

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Le Maxilivre, hommage à Maurice Sendak

C’est LE beau livre à offrir en ce Noël 2016. Plus de 200 illustrations pour célébrer le grand talent de Maurice Sendak, le génial créateur de Max et les Maximonstres, un album qui pour ma part continue à illuminer mes rêves. Les éditions Little Urban publient cet hommage paru initialement en 2013 chez Abrams à l’occasion d’une exposition à la Society of Illustrators de New York consacrée toute entière à l’artiste. La traduction française est assurée par Agnès Desarthe qui compte déjà à son actif de traductrice deux albums de Sendak parus à L’Ecole des Loisirs : Brundibar et Pieds de cochons. Le Maxilivre nous plonge au cœur du travail de Maurice Sendak en reproduisant des esquisses et croquis préparatoires. Il fait la part belle bien sûr à Max et à ses compagnons et nous présente également ses autres albums jeunesse, d’une beauté, d’une imagination et d’une liberté salutaires, réconfortantes. Nous découvrons aussi les décors qu’il a réalisés pour des ballets et opéras (Casse-Noisette, La Flûte enchantée, Hansel et Gretel…) et ses illustrations pour le New Yorker. Maurice Sendak : un univers inégalable qui s’accorde tout aussi parfaitement qu’irrévérencieusement à la magie de Noël !

Justin G. Schiller et Dennis M.V. David, Le Maxilivre, hommage à Maurice Sendak, traduit de l’anglais (États-Unis) par Agnès Desarthe, Éditions Little Urban, novembre 2016

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Courir après les ombres

Une bonne nouvelle que cette sortie en format poche du roman de Sigolène Vinson. Mélancolie, poésie et mondialisation sont les ingrédients de ce singulier récit, qui nous fait suivre l’errance de Paul Deville. Négociateur en matières premières dans la péninsule de la Corne de l’Afrique, il est aussi à la recherche de trésors littéraires. Ce trader qui parcourt les ports afin de signer des contrats pour le compte d’une multinationale chinoise veut sauver son âme en exhumant ce que laissent les écrivains derrière eux, leur empreinte, comme les paniers à huîtres d’Henry de Monfreid, les ombres de Joseph Kessel et la moto de Romain Gary. L’objet de sa dernière quête est le manuscrit que Rimbaud aurait écrit lorsqu’il était trafiquant d’armes dans le Golfe d’Aden. Paul Deville a les yeux et le cœur fatigués par les ravages de la mondialisation qui détruit les pays et les hommes. La poésie est sa résistance et son ultime salut. L’écriture de Sigolène Vinson, riche, limpide, qui infiltre de l’humain et de la littérature au cœur de la géopolitique, est une merveille.

Sigolène Vinson, Courir après les ombres, Éditions Pocket, septembre 2016

  Les coups de cœur de Monica

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Watership Down

Watership Down de Richard Adams : un roman passerelle entre enfants, parents, grand-parents. Ce livre extraordinaire que les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont rappelé au bon souvenir du lecteur français cet automne, est vraiment une histoire universelle. Elle peut être lue dès douze ans et jusqu’à plus soif. Les enfants s’éclateront en accompagnant Hazel, Bigwig et Fyveer dans leurs aventures, quant aux adultes, outre le fait qu’en lisant entre les lignes ils pourront y déceler d’autres niveaux de lecture, ils seront aussi plongés à nouveau dans le plaisir que nous avions tous connu, enfants, de pousser les portes d’un imaginaire que seuls les livres peuvent nous offrir.

Richard Adams, Watership Down, Traduit de l’anglais par Pierre Clinquart,  Editions Monsieur Toussaint Louverture, septembre 2016

  Les coups de coeur de Velda

Philippe Garnier, Retour vers David Goodis

Retour vers David Goodis

Une biographie foisonnante et hyper-documentée d’un auteur complexe, à la carrière en montagnes russes et à la vie chaotique, bourrée de digressions passionnantes, écrite par Philippe Garnier, le plus érudit, le plus agaçant et le plus addictif des journalistes-auteurs contemporains. Celui à qui la plupart de ceux qui s’intéressent à la littérature noire, au cinéma et à la musique américains doivent beaucoup. Curieux invétéré, fouineur de première, monomaniaque total. Une biographie qui en dit, en filigrane, presque autant sur son auteur que sur son objet.

Philippe Garnier, Retour vers David Goodis, La table ronde

Le Garçon

Marcus Malte, Le garçon, Zulma

Pour une fois qu’un grand prix littéraire, le Femina, récompense un auteur qu’on suit depuis des années, et qui nous éblouit à chaque fois, quelque soit le « genre » qu’il choisit d’investir, pas question de bouder son plaisir ! Le garçon est un roman vertigineux, une entreprise d’une audace inouïe, un texte qui témoigne à la fois d’une maturité féconde et d’une énergie juvénile éblouissante. L’écriture de Marcus Malte est celle d’un narrateur qui s’engage tout entier dans l’usage à la fois maîtrisé et fantasque qu’il fait d’une langue magnifique. Dans ce roman-univers, Marcus Malte réunit un roman initiatique, une chronique sans pitié de l’histoire du début du XXe siècle, une vision philosophique et politique de notre vie d’humains, et l’histoire bouleversante d’un homme sans voix mais pas sans qualités.

Marcus Malte, Le garçon, Zulma

 

  Les coups de cœur de Gringo Pimento

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Hong Kong noir de Chan Ho-kei

Paru dans la collection Sueurs froides chez Denoël, Hong Kong noir porte bien son nom.
C’est un très bon polar noir dont les intrigues se passent dans cette ville. Les intrigues? Oui. Car en réalité cet ouvrage se présente sous la somme de différentes parties, chaque partie présentant une nouvelle enquête.
Deux personnages principaux: un ancien flic dont on apprend dès les premières pages qu’il est mort et son disciple. Chan Ho-kei mène ces deux policiers tout au long des 650 pages du livre. Il les fait se confronter à différentes énigmes : un meurtre dans une famille, la disparition d’une jeune chanteuse et l’intervention des triades dans cette affaire.
Pas de linéarité dans Hong Kong noir. On peut passer du présent, notre époque, aux années 90 ou encore plus tôt dans le temps selon les parties. Au lecteur, alors, de reconstituer le parcours complices de deux hommes : le maître et son disciple.
Au lecteur aussi de se laisser porter par la science de l’auteur. Chaque enquête trouve assez vite son dénouement et il reste alors à faire parler le génie des détectives, pour nous expliquer la façon dont ils ont réussi à trouver la clef, les indices et nous laisser, parfois, un peu déçu de ne pas avoir trouvé nous même la ficelle.
Six nouvelles tout aussi passionnantes les unes que les autres !

Hong Kong noir de Chan Ho-kei, traduit du chinois par Alexis Brossolet, Denoël, collection Sueurs Froides, octobre 2016

  Les coups de cœur de Marianne

redondo1Une offrande à la tempête

La trilogie du Baztan se déroule sur les terres basques espagnoles, dans les petits villages perchés à l’écart du tumulte de Pampelune et des touristes de la côte. Ici, le soleil ne se montre que rarement, les cœurs sont froids et les contes fantastiques d’antan servent de contour à toutes les histoires familiales.
La premier tome Le gardien invisible (publié chez Stock et en poche chez folio) commence par la découverte d’un corps de femme au bord d’une rivière. Ce n’est pas le seul avec le même mode opératoire. Mêlant enquête policière, révélations personnelles et croyances basques, ce page-turner est un régal. S’en suivent De chair et d’os (Mercure de France et folio) et Une offrande à la tempête (Mercure Noir) qui achèveront cette trilogie de façon haletante et déchaînée.
Le lecteur s’attache rapidement à Amaia Salazar, enfant du pays qui tente de panser ses blessures d’enfant en devenant la meilleure flic du pays. Comme un aimant, elle attire les pires affaires : sombres, écœurantes et très longues à résoudre. Comme un aimant, son histoire et ses racines la rappellent à elle. Comme un aimant, la force et la résistance feront tout le sel de l’attraction.
Voici une trilogie addictive, sombre, engagée, douloureuse et immensément jouissive !

Dolores Redondo, Une offrande à la tempête Trad. de l’espagnol par Judith Vernant, Collection Mercure Noir, Mercure de France, Gallimard 2016

  Les coups de cœur de Delphine

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Cher Auteur ou comment refuser un chef d’œuvre

Un petit recueil hilarant où sont compilées toutes les lettres de refus imaginaires envoyées aux plus grands auteurs: Shakespeare, Dickens ou encore Camus, l’ensemble est drôle, caustique et joliment illustré !

Cher Auteur ou comment refuser un chef d’œuvre, Riccardo BOZZI, Hélium.

 

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