Chroniques Musique

Maxwell Farrington, pas la peine d’en rajouter!

Il est intenable Maxwell Farrington, indomptable personnage capable de pirouettes balancées en plein carnage de décibels ou, à l’inverse, posées nonchalamment sur l’estrade d’un rythme soyeux. L’année 2021 nous aura réservé un duo luxueux entre l’intéressé et Le SuperHomard. A l’exception peut-être de quelques ermites planqués dans une grotte, qui aurait manqué la sensation Once, véritable cliché en direction d’humeurs dites vintage ?

Dans la foulée et plus précisément à l’épilogue du millésime en question, c’est en solitaire (bien qu’épaulé par un beau casting) que notre australo-briochin aura décliné sa folie douce de crooner moderne.

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de plonger de cet univers fécond, je vous invite à y remédier entre une promenade vivifiante sur le port de Binic et un trip virtuel au pays des kangourous.

2AM ouvre le bal avec son chant cryogénisé à souhait, étalé sur une structure nappée d’un blues que j’ose imaginer, dans un fantasme fou, repris par le saisissant King Krule. Vous imaginez le tableau?

Maxwell Farrington est concis et précis. Onze titres en un peu plus de trente minutes. La portion congrue sans chichi et sans mariachi mais avec un saxo libidineux, un moog au diapason et surtout une langueur faussement désuète : Je Préférerais semble à ce titre plongé dans l’éther d’un français étiré et gorgé de miel.

L’enveloppe est rassurante et le tempo syncopé de Weather confère une accroche immédiate qui viendra bifurquer sur quelques cheminements folk efficaces (Back @ Ma’s).

On notera que la seconde face du disque se détachera au titre d’une récréation espiègle. Le chanteur est totalement libéré, déclinant toutes les facettes de ses facéties maitrisées.  If It Were Paper sonne alors comme une sorte de funk chatoyant dont les nervures seraient infiniment profondes, Homme Terrestre est exécuté façon dub doux-dingue, Shadow en mode électro psyché-délire, Stay @ Home ou l’hymne idéal pour surfeurs confinés… En guise d’appel de charme, J’aime les Filles, au cœur d’un « not Dutronc » singulier, laissera durablement le sourire au coin des lèvres à celles qui se sentiront touchées…

J’ai presque hâte d’entendre la suite des aventures de ce touche-à-tout malin. Mon petit doigt m’a dit que nous devrions réentendre les vocalises plus abruptes du garçon, cette fois-ci en compagnie des vagues tapageuses de Dewaere.


 

S/T – Maxwell Farrington

Beast Records / Crème Brulée Records – 10/12/2021

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Image bandeau : Titouan Massé

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