
Dééfait
Dééfait
Ici D’Ailleurs/Kuroneko
02 Octobre 2026
Il y a quelques mois, on s’emballait fort pour le tout 1er EP de Dééfait, dont on disait le plus grand bien en ces lieux. Quelques concerts plus tard, dont un passage La Route Du Rock Hiver, nous étions devenus des inconditionnels absolus en attente fébrile de leur premier album.
Heureusement, l’attente fut courte et le voilà donc entre nos mains, pas de titre, juste 7 titres pour lesquels on plonge dedans avec bonheur, comme la pochette du disque qu’on doit à Camille Keita. Au bout d’une seule écoute, on soupçonne les 5 lascars (Ric Lara, Lucas et Pablo Valero, Enir Da, Grégoire Couvert) de vouloir nous maintenir la tête sous l’eau tant l’album, sous tension permanente, ne nous lâchera pas une seule seconde.
L’album se révèle en effet encore plus dense que l’EP, plus compact et sombre, le mixage par Andy Blundell de Gnod (la suite des Chronicles of Gnowt vient tout juste de sortir chez Rocket recordings) y est peut-être sans doute pour quelque chose, mais c’est surtout la traduction d’un groupe qui s’affirme de plus en plus, soudé par des concerts incessants et toujours volcaniques.
Le quintet parisien nous jette dans le bain dès la lente montée de Will More Y Su Winston 100’s, les riffs de guitares se voient percuter par la batterie glaciale de Pablo Valero et Ric Lara nous rappelle qu’il est tout aussi à l’aise en anglais, en français qu’en espagnol. Noyée sous des tonnes d’effet, comme sur le 1er single issu de l’album, l’impressionnant I Promise To Divide You, sa voix se fait maltraitée dans tous les sens mais surnage en beauté au dessus de la mêlée.
Endlessly Beutifying The Experience Of Drama (Dééfait aime les titres longs !) poursuit le combat, hypnotique et lourd comme si le groupe rentrait dans une espèce de rituel sombre et sauvage, un aller direct vers l’enfer, qu’on prendrait plaisir à emprunter, tel ce phénoménal Satan’s Brew qu’on déguste avec délice.
Folâtre, Fissure, Crie! pourrait servir de bande son parfaite pour accompagner les manifs lycéennes, en route vers le néant, alors que 2440 mélange doom et musique expérimentale, jusqu’à un très beau Df, plus calme et apaisé, comme si nous sortions d’un long combat sur le ring de Dééfait, bien sonné mais tout aussi heureux.
Dééfait confirme avec ce premier album, toutes les attentes placées en eux, on a hâte de les retrouver sur scène !



