Certains jeux nous embarquent dans de grandes aventures et transforment une table en véritable épopée. Avec Odysseus et Marrakech, deux jeux proposés par Gigamic, c’est précisément cette catégorie qui est concernée. Cap vers la Méditerranée antique avant d’arpenter les allées colorées de Marrakech. Si les deux jeux sont certes différents, ils partagent néanmoins de nombreuses caractéristiques. Même éditeur, ode au voyage, même format généreux et, surtout, même profondeur de jeu.
Odysseus de Johannes Goupy et Matthieu Verdier, Gigamic, 2026

Après dix années de guerre à Troie, Ulysse n’a qu’une idée en tête. Retrouver Ithaque et les siens. Cependant, le chemin du retour ressemble à un parcours semé d’embûches davantage qu’à une croisière tranquille. Sirènes, cyclopes, dieux contrariés et autres joyeusetés mythologiques viennent compliquer son voyage. Dans Odysseus, Johannes Goupy et Matthieu Verdier proposent aux joueurs d’accompagner le héros dans cette épopée en tentant de tirer le meilleur parti des épreuves qui se dressent devant lui.
Derrière cette belle invitation au voyage se cache un jeu de collection et de gestion de compétences qui va droit au but. À chaque tour, il faut choisir une carte Épreuve disponible sur le navire, puis décider comment l’exploiter. Les cartes permettent de développer une compétence que l’on fait progresser sur son plateau personnel.
Le petit plaisir vient de cette gymnastique permanente. Une carte peut rapporter de précieux points en fin de partie, mais encore faut-il avoir suffisamment développé la compétence correspondante. On surveille donc ses pistes, on regarde les cartes accessibles et on essaie de ne pas se disperser dans toutes les directions.
Le jeu est rythmé, les choix s’enchaînent et les parties durent environ 25 minutes. On retrouve ce côté petit casse-tête familial où chaque décision compte, à la manière d’un 7 Wonders Duel. Ce jeu compétitif propose aussi un mode solo avec un adversaire automatisé, ce qui permet de reprendre la mer même lorsque l’équipage n’est pas au complet.
Odysseus s’adresse donc aux familles qui aiment réfléchir sans passer deux heures autour de la table, mais également aux joueurs plus aguerris. Avec les belles illustrations de Régis Torres, Odysseus est aussi fédérateur que profond et a déjà tout pour devenir un classique du genre.
Marrakech de Dominique Ehrhard, Gigamic, 2026
Marrakech fait partie de ces jeux dont on reconnait immédiatement le matériel. Avec ses tapis en tissu, son plateau de jeu et son petit marchand Assam, ce jeu de Dominique Ehrhard a été récompensé par l’As d’Or en 2008. Avec cette nouvelle édition et les illustrations de Jonathan Aucomte, Gigamic offre une seconde vie à Marrakech si bien que, dans un format repensé pour être plus accessible financièrement sans sacrifier la qualité du matériel, le marché reprend vie.
Rappelons le principe. Chaque joueur incarne un marchand qui cherche à étendre son territoire de tapis tout en remplissant sa bourse. À son tour, on lance le dé pour déplacer Assam, le personnage qui sillonne le marché. S’il atterrit sur le tapis d’un adversaire, il faut lui verser une petite dîme. Aïe, la monnaie change de poche ! L’idée est donc d’essayer de terminer son parcours sur une case vide ou sur ses propres tapis, étant entendu qu’à la fin du déplacement, on peut poser un tapis sur une case adjacente.
Tout se joue donc dans ce mélange de programmation de déplacement et de hasard. On peut tenter de s’étendre pour occuper le terrain, tendre un piège à un adversaire ou simplement éviter de financer la fortune du voisin. C’est là que Marrakech fait toujours mouche. Les règles sont comprises en quelques minutes, mais les parties ne manquent pas de tension.
A la fin de la partie, le vainqueur est celui qui a obtenu le plus d’argent et maintenu ses tapis visibles sur le plateau. Il faut donc trouver le bon équilibre entre occuper le plateau et préserver ses finances.
Cette nouvelle édition de Marrakech remet donc en lumière un jeu familial qui a traversé les années sans perdre son efficacité. Il convient aussi bien aux enfants qu’aux adultes, aux joueurs occasionnels qu’aux habitués qui aiment les jeux simples à expliquer mais riches en petites décisions.



